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Bilan du gouvernement Gallant en 5 enjeux clés

Le premier ministre du Nouveau-Brunswick Brian Gallant

Photo : Radio-Canada / Brian Chisholm

Radio-Canada

Emploi, santé, éducation, finances publiques et droits linguistiques : retour sur les bons coups et les échecs marquants du gouvernement de Brian Gallant, à l'aube du lancement officiel de la campagne électorale.

Un texte de Michel Corriveau

Si la situation de l'emploi s'est légèrement améliorée, les temps d'attente restent importants en santé, et les ressources manquent en éducation, entre autres pour l'inclusion scolaire.

1
Emploi : légère amélioration

Il y a plus d’emplois maintenant qu’au moment où le gouvernement libéral de Brian Gallant a pris le pouvoir, en 2014.

Situation de l'emploi :

  • création nette d'emplois : 4700 de plus qu’en 2014;
  • taux de chômage : il est passé de 10 % en 2014 à 7, 5 % en 2018.

Source : Statistique Canada

Des emplois ont été créés dans plusieurs secteurs et dans plusieurs régions de la province.

Un signe de construction.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La rénovation et la construction des routes et des ponts obtient la plus grande part du budget de capital du Nouveau-Brunswick.

Photo : Radio-Canada

Secteurs où des emplois ont été créés

  • Infrastructures (routes, construction)
  • Centres d’appel
  • Chantier naval de Bas-Caraquet
  • Cybersécurité
  • Production de marijuana

Par contre, des projets importants sur lesquels la province comptait ne se sont pas réalisés. L’oléoduc Énergie Est a été abandonné et le projet de mine Sisson, dans la région de Fredericton, est au point mort depuis des années. Et plusieurs centaines d’emplois restent vacants, faute de main-d’oeuvre qualifiée.

2
Des défis en santé

Les temps d’attente restent importants dans les établissements de santé. Le gouvernement Gallant a poursuivi le développement des centres de santé communautaire afin de remédier à cette situation. Cette année, le gouvernement a aussi annoncé la création de postes de médecins et de spécialistes, alors que des postes vacants ne sont pas pourvus.

En général, la situation est préoccupante :

  • 6 mois d’attente en moyenne pour voir un spécialiste (deux à trois fois plus long qu’ailleurs au pays);
  • 20 000 personnes sans médecin de famille;
  • 56 % des gens avec un médecin de famille doivent attendre jusqu’à 5 jours pour le voir;
  • 39 postes de médecins omnipraticiens vacants;
  • 66 postes de spécialistes vacants;
  • 160 postes d'infirmières à pourvoir;
  • manque d’ambulanciers en région rurale;
  • réduction de services dans certaines régions (à Saint-Quentin, par exemple).

Le gouvernement a promis que la privatisation de la gestion des services de l'Extra-mural et de Télé-Soins permettrait d’améliorer les services. Cette décision a toutefois soulevé un tollé, et plusieurs organismes promettent d’en faire un enjeu électoral.

Notre objectif, c’est d'en faire un enjeu électoral. Dans la dernière campagne électorale, jamais il n’a été question de la privatisation des soins de santé.

Robert Melanson, vice-président à la SANB (2 mai 2018)
3
Éducation : essais et erreurs

En début de mandat, le gouvernement a annoncé la suppression de 250 postes d’enseignant. En cours de mandat, le gouvernement a fait volte-face et a décidé de créer ou recréer 350 postes, soit 100 de plus qu’à l’origine.

La province a aussi fait face à une poursuite judiciaire de l’Association des enseignantes et enseignants francophones du Nouveau-Brunswick, qui estimait que les investissements dans les écoles francophones étaient insuffisants. Finalement, une entente à l'amiable a été conclue et le gouvernement a annoncé 19 millions de dollars supplémentaires sur 2 ans pour les écoles francophones.

Après avoir fermé l’École Saint-Paul, le gouvernement a essuyé une défaite quand la Cour du Banc de la Reine a invalidé cette décision. Le dossier n’est pas clos, puisque le gouvernement a décidé de faire appel.

Photo stock d'élèves en classe. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les libéraux ont renversé une décision prise par un précédent gouvernement libéral, en rétablissant l’immersion précoce en première année.

Photo : iStock

Postsecondaire

Le gouvernement du premier ministre Brian Gallant a modifié les programmes d’aide financière aux étudiants avec l’objectif de soutenir davantage les étudiants des familles à faible revenu.

Le crédit d’impôt offert pour les finissants qui travaillent dans la province a été éliminé, et l’aide a été consacrée aux étudiants dont la famille gagne moins de 60 000 $ par année. Face au tollé suscité par cette décision, le gouvernement a plus tard établi un nouveau programme, moins généreux, pour les familles dont le revenu dépasse 60 000 $.

C’est un pas dans la bonne direction, mais il y a encore d’autres frais. Nous, on milite toujours pour la gratuité scolaire pour tous.

Tristian Gaudet, président de la Fédération étudiante du campus universitaire de Moncton (3 octobre 2017)

Malgré ces changements, qui permettent à certains de ne pas avoir à payer des droits de scolarité, l’endettement étudiant au Nouveau-Brunswick reste le deuxième plus élevé au pays.

4
Finances publiques : une dette record

Durant chacune des quatre années de son mandat, le gouvernement de Brian Gallant avait prévu dépenser plus qu’il ne gagnait. Cela s'est avéré trois ans de suite, mais il a réalisé un coup de théâtre mardi, lorsqu'il a annoncé un surplus budgétaire pour l'année 2017-2018. La dette nette de la province a malgré tout continué de s'alourdir et a atteint 13,9 milliards de dollars, soit 18 332 $ par habitant.

Le gouvernement a aussi reporté d’un an l’atteinte de l’équilibre budgétaire, soit à 2021-2022.

La ministre des Finances du Nouveau-Brunswick, Cathy Rogers, s'adresse aux journalistes lors du dépôt du budget provincial, mardi à Fredericton.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La ministre des Finances du Nouveau-Brunswick, Cathy Rogers, s'adresse aux journalistes lors du dépôt du budget provincial, mardi à Fredericton.

Photo : Radio-Canada / Catherine Allard

Plusieurs observateurs estiment que le gouvernement aurait pu équilibrer plus rapidement les finances publiques, surtout que les revenus ont augmenté de 17 % en 3 ans. Mais les libéraux soutiennent avoir voulu éviter des mesures d’austérité qui auraient eu un impact négatif tant sur les services que sur la création d’emploi.

On va continuer à investir en éducation et en santé tout en faisant croître l’économie.

Brian Gallant, premier ministre du Nouveau-Brunswick

Voici quelques mesures prises depuis 2014 :

  • augmentation de la TVH;
  • réduction de l’impôt des PME;
  • augmentation de 1 % de l’impôt des plus riches;
  • élimination des réductions des impôts fonciers des entreprises;
  • augmentation de la taxe sur l’essence;
  • augmentation de différents frais (dont ceux pour le permis de conduire);
  • centralisation des centres d’appels du gouvernement;
  • centralisation des bureaux de Services NB;
  • fermeture d’écoles.
5
Droits linguistiques

En 2016, après des mois de campagne anti-bilinguisme par des groupuscules anglophones, le premier ministre Brian Gallant a livré un discours résolument en faveur du bilinguisme à Saint-Jean ainsi qu’à Caraquet.

Toutefois, plusieurs mesures recommandées par la commissaire aux langues officielles ou par une commission sur l’éducation ont été rejetées.

La commissaire aux langues officielles du Nouveau-Brunswick, Katherine d'Entremont Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La Commissaire aux langues officielles du Nouveau-Brunswick, Katherine d'Entremont

Photo : Radio-Canada / Mikael Mayer

Ainsi, le gouvernement libéral a dit non à la dualité dans les garderies et a refusé d’exiger le bilinguisme pour les hauts fonctionnaires du gouvernement. Le premier ministre et le ministre Donald Arseneault avaient aussi critiqué le travail de la commissaire aux langues officielles, dont le bureau a subi une réduction de financement l’hiver dernier.

Cet été, la commissaire aux langues officielles affirmait d’ailleurs que le plan de mise en oeuvre de la Loi sur les langues officielles était trop flou et inefficace.

On a constaté que le plan d'application de la Loi ne donne pas les résultats voulus.

Katherine d’Entremont, commissaire aux langues officielles du Nouveau-Brunswick (20 juin 2018)

Aussi, Ambulance Nouveau-Brunswick, qui existe depuis une décennie, n’offre toujours pas les services bilingues que lui impose la Loi, pas plus que l’Association des infirmières, dont l’examen d’entrée dans la profession, qui est une traduction d’un test américain, ne respecte pas la Loi et défavorise les francophones, selon la commissaire.

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