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  • Il y a 30 ans : Alerte aux BPC à Saint-Basile-le-Grand

    Radio-Canada

    Le 23 août 1988, à 20 h 40, une alerte est déclenchée à Saint-Basile-le-Grand. L'incendie d'un entrepôt de biphényles polychlorés (BPC) force l'évacuation de plus de 3000 habitants de la région. À quel point le sol, l'air et l'eau sont-ils contaminés? Les questions sans réponses sont nombreuses dans les jours qui ont suivi cette catastrophe écologique.

    Au matin du 24 août, l’émission jeunesse Félix et Ciboulette est interrompue pour la diffusion d’un bulletin spécial animé par la journaliste Solveig Miller.

    Sur place, le journaliste Jacques Rivard fait le point sur cet incendie d’un entrepôt de BPC qui a provoqué la formation d’un nuage hautement toxique.

    Le ministère de l’Environnement a pris des prélèvements sur tout le territoire où le nuage toxique est passé. Les résidents évacués sont en attente des résultats des différentes analyses.

    Si des traces de contaminants étaient trouvées, les résidents pourraient devoir demeurer à l’extérieur du quadrilatère plusieurs jours encore.

    Le journaliste soulève que la catastrophe écologique aurait pu être beaucoup plus grave si les vents avaient soufflé plus fort.

    De son côté, le journaliste Alexandre Dumas raconte les événements de la nuit dernière :

    Une imposante colonne de fumée noirâtre a littéralement envahi le ciel des environs. Les brigades d'incendie de toute la région ont été mobilisées, tout comme les corps policiers d'ailleurs. On a établi un périmètre de sécurité dans un rayon de près de 800 mètres du sinistre.

    Alexandre Dumas

    Il faudra près de six heures pour maîtriser l’incendie. L’intervention d’un camion-pompe utilisant une mousse chimique permet finalement de l’éteindre vers 1 h 30. Durant ce temps, la totalité des 20 000 gallons de BPC ont brûlé.

    Difficile de mesurer l’ampleur des dommages, conclut l’animatrice Solveig Miller avant de retourner à la programmation régulière. Des analyses sont en cours.

    Téléjournal, 24 août 1988

    On ignore toujours tout des conséquences du grave incendie qui a ravagé à Saint-Basile-le-Grand un entrepôt d'huiles contaminées aux BCP.

    Céline Galipeau

    C’est ainsi que l’animatrice Céline Galipeau introduit le Téléjournal ce soir-là.

    Montrées pour la première fois, les images du feu et de son épaisse fumée noire sont saisissantes.

    Toujours sur les lieux, le journaliste Jacques Rivard explique que les résultats des analyses de contamination ont été retardés.

    « Est-ce que ce retard, ça pourrait vouloir dire que les résultats ou les conséquences sont plus graves que ce que l’on pensait? » demande l’animatrice.

    Les autorités se veulent rassurantes, mais ne garantissent pas un retour rapide des 3500 évacués. Ces derniers proviennent de Saint-Basile-le-Grand, de Saint-Bruno et du quartier des Haut-Bois de Sainte-Julie.

    Le journaliste précise les dangers liés aux contaminants présents dans le nuage toxique de l’incendie de BPC. Les risques touchent la santé des humains, mais aussi les produits de l’agriculture et les élevages dans la région.

    Le premier ministre Robert Bourassa promet de dédommager les sinistrés. Il compte également mettre à contribution le propriétaire de l’entrepôt, dont le gardiennage est hautement critiqué.

    En fin de compte, les résidents du territoire touchés devront être évacués durant 18 jours, en plus de subir des tests médicaux.

    Le propriétaire de l'entrepôt, Marc Lévy, s'est pour sa part enfui vers la Floride au lendemain de l’incendie. Il évite ainsi d'acquitter la facture qui s'élèvera à 30 millions de dollars de nettoyage.

    Téléjournal, 3 août 1989

    Près d’un an plus tard, une commission d’enquête fera la lumière sur la catastrophe de Saint-Basile-le-Grand.

    Le journaliste Gilles Morin en présente les conclusions au Téléjournal du 3 août 1989 animé par Charles Tisseyre.

    Le commissaire aux incendies Cyrille Delâge blâme d’abord le propriétaire de l’entrepôt, « un personnage peu scrupuleux » qui a enfreint de nombreux règlements et lois. Il souligne aussi le laisser-aller du ministère de l’Environnement, qui n’a pas réagi aux plaintes et rapports sur la déficience du bâtiment d’entreposage.

    En conclusion, le commissaire Delage recommande au gouvernement de prendre en charge la garde des produits dangereux, puisque, de toute façon, c'est lui qui paie les pots cassés.

    Le journaliste Gilles Morin

    L'incendie de Saint-Basile-le-Grand ouvre les yeux de la population sur les dangers d'entreposer de tels produits. S'ensuivra un long débat sur l'élimination des BPC. Le choix d'un incinérateur est au cœur de la polémique.

    Finalement, c'est à l'incinérateur de Swan Hill, en Alberta, de même qu'au site d'enfouissement de Grandes-Piles, en Mauricie, que les 25 000 tonnes de terre et de matériel contaminés se retrouveront.

    Il faudra attendre 10 ans avant que les terres où se trouvait l'entrepôt se transforment en un champ bucolique.

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