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Ottawa abandonne son système de loterie pour réunir les familles immigrantes

Une famille obtient la citoyenneté canadienne lors d'une cérémonie officielle.
Le gouvernement fédéral avait instauré un système de loterie pour son programme de réunification des familles immigrantes en janvier 2018. Photo: La Presse canadienne
Radio-Canada

Le gouvernement Trudeau abandonne le système de loterie qu'il avait mis en place pour choisir les citoyens ou les résidents permanents invités à parrainer des parents ou des grands-parents désirant immigrer au pays. Le nombre d'immigrants ainsi sélectionnés va par ailleurs augmenter.

Le ministre de l’Immigration, Ahmed Hussen, a annoncé lundi que les parrains sélectionnés dans le cadre du Programme des parents et des grands-parents (PGP) le seront de nouveau selon le principe du premier arrivé, premier servi.

Il s'agit d'une volte-face pour le gouvernement, qui avait décidé d'abandonner cette approche au profit d'un système de loterie pour l'année 2018. Ce nouveau processus de sélection aléatoire avait été qualifié de « cruel », d'« impitoyable » et de « fiasco » par des parrains frustrés par la tournure des événements.

Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada entend par ailleurs sélectionner 20 000 parrains pour 2019, soit 3000 de plus que cette année. Il compte ainsi augmenter le nombre de parents et de grands-parents admis au Canada en vertu de ce programme à 20 500 en 2019, puis 21 000 en 2020.

Le ministre Hussen a confirmé la nouvelle approche de son gouvernement en conférence de presse lundi, à Vancouver. Le communiqué de son ministère explique qu'il a pris cette décision « après avoir écouté les intervenants et examiné de près le Programme des PGP ».

Le traitement des demandes de parrainage dans l'ordre de réception des formulaires « accordera au gouvernement une plus grande marge de manoeuvre dans la gestion du processus de demande, et lui garantira de recevoir le plus grand nombre possible de demandes », précise le ministère.

Le passage à un système de loterie avait été présenté à l'époque par le gouvernement comme un moyen de rendre le système plus équitable et plus transparent.

En entrevue à l'émission Power and Politics, sur le réseau CBC, M. Hussen a défendu l'adoption du système de loterie après l'arrivée au pouvoir des libéraux.

Ce n'était pas une mauvaise décision. Nous avons amélioré le mauvais système dont nous avons hérité.

Ahmed Hussen, ministre fédéral de l'Immigration

Des voix avaient allégué que l'ancien système privilégiait les immigrants venant de certaines régions du monde et les demandeurs ayant les moyens de se payer un avocat pour dépasser des candidats sur les listes d'attente.

« Le précédent système comprenait une caractéristique injuste qui avantageait les gens dont le code postal était situé plus près du centre de traitement des demandes », a ainsi justifié le ministre Hussen.

Il visait aussi à éviter l'accumulation de retards dans le traitement des demandes, qui ont explosé au cours des dernières années.

Ce dernier objectif semble à tout le moins avoir été atteint; selon les chiffres publiés lundi par le ministère de l'Immigration, le nombre de demandes en attente est passé d'un sommet de 167 000 personnes en 2011 à un peu moins de 26 000 personnes en juin dernier.

Critiques

L'abandon du système de loterie a été salué par un concert de remontrances à propos de la méthode brièvement employée par les libéraux.

Pour la porte-parole du Nouveau Parti démocratique en matière d'immigration, Jenny Kwan, la loterie était « un fiasco dès le départ ».

« Imaginez être réuni avec votre famille en fonction du hasard. Voilà quelle était notre politique en matière d'immigration. C'était ridicule, en 2017, lorsque le gouvernement a mis l'idée de l'avant », a-t-elle dit.

De nombreux parrains potentiels ont également envoyé quantité de lettres et de courriels au ministère.

« Avant cette loterie, ma femme et moi venions tout juste de compléter l'ensemble du dossier d'immigration et nous avions obtenu le feu vert pour [entamer le processus]... Lorsque vous avez décidé de changer tout le système pour le remplacer par un cirque digne de Las Vegas fonctionnant au hasard », peut-on lire dans un courriel obtenu grâce à la Loi sur l'accès à l'information.

À travers toutes ces critiques, on trouve néanmoins quelques félicitations.

Notamment celles de Betsy Kane, une avocate spécialisée en immigration établie à Ottawa, qui soutient que se débarrasser de la loterie et du système exigeant la présence physique des demandeurs est juste et bien pensé sur le plan politique.

« En bout de ligne, non seulement ce système est-il juste, mais il semble juste. Il offre également certaines certitudes aux gens qui tentent d'accéder au processus », dit-elle.

« Le ministre Hussen est en phase avec l'électorat, et en phase avec son ministère. »

Avec les informations de CBC News

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