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Assurance-emploi : 5 semaines de prestations de plus pour les travailleurs

Travailleurs saisonniers dans une usine de transformation du crabe.

Travailleurs saisonniers dans une usine de transformation du crabe

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Ottawa lance un projet pilote visant à offrir jusqu'à cinq semaines supplémentaires de prestations d'assurance-emploi. Dans le milieu de la défense des droits des chômeurs, cette mesure est perçue comme cosmétique.

Un texte de Brigitte Dubé, avec les renseignements de Catherine Poisson et de Louis Garneau

Les régions du Québec qui profiteront de cette mesure sont : Bas-Saint-Laurent–Côte-Nord, Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine, Centre du Québec et Chicoutimi-Jonquière. Celle-ci sera en vigueur jusqu'en 2020.

Le gouvernement du Canada investira 189 millions de dollars pour mettre en œuvre cette nouvelle mesure de soutien pour les travailleurs des industries saisonnières.

Le député Rémi Massé a fait cette annonce à l'usine de Fruits de mer de l'Est du Québec.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le député Rémi Massé a fait cette annonce à l'usine de Fruits de mer de l'Est du Québec.

Photo : Radio-Canada / Catherine Poisson

Ottawa va aussi investir jusqu'à 41 millions de dollars sur 2 ans pour mettre en place des subventions salariales et des programmes de formation professionnelle et d'aide à l'emploi.

En conférence de presse à l'usine de Fruits de mer de l'Est du Québec à Matane, le député de Matane-Matapédia, Rémi Massé, s’est dit heureux de la mesure. Ça permet à nos entreprises de pouvoir compter sur leur main-d’oeuvre qualifiée et éviter de la perdre au détriment de d’autres régions, a-t-il commenté.

Chaîne de production à l’usine matanaise des Fruits de mer de l’Est du Québec.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Chaîne de production à l’usine matanaise Les Fruits de mer de l’Est du Québec.

Photo : Radio-Canada

La présidente du syndicat des travailleurs de l'usine, Micheline D'Astous, admet que le gouvernement a fait un effort. Mais, il faudra plus, selon elle. C'est toujours ça de pris, mais cette année, on a juste des semaines de deux, trois jours, dit-elle. Ça prendrait un projet qui grossit les semaines. Même en en rajoutant cinq, il y en a qui vont tomber pareil dans le trou noir.

Micheline D'Astous et Guylaine D'Astous, respectivement présidente et secrétaire du syndicat des travailleurs des Fruits de mer de l'Est du QuébecAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Micheline D'Astous et Guylaine D'Astous, respectivement présidente et secrétaire du syndicat des travailleurs des Fruits de mer de l'Est du Québec

Photo : Radio-Canada

Pour sa part, la directrice générale adjointe de l’usine, Annie Villeneuve, estime que cette annonce vient à point avec une saison en dents de scie. L’approvisionnement est difficile cette année, avec la diminution des quotas de 40 %. Pratiquement l’ensemble des employés seront touchés par le trou noir, entrevoit-elle.

L’entreprise prévoit donner des formations avec l’argent du fédéral par l’entremise d’Emploi Québec pour allonger la saison.

Un juste retour des choses

Le coordonnateur du Mouvement Action chômage Pabok à Chandler, Gaétan Cousineau, accueille favorablement le projet pilote. Toutefois, il estime qu’il ne s’agit que du juste retour d’un projet pilote qui était réclamé depuis les années Harper, soit près de 10 ans.

Quant aux libéraux, rappelle-t-il, ils en avaient fait une promesse qu’ils ont pris deux ans à tenir.

Ils avaient promis d’abolir ce que le gouvernement Harper avait fait souffrir aux travailleurs saisonniers, mais ils ne l’ont pas fait. Ils l’ont fait juste hier.

Une citation de : Gaétan Cousineau, coordonnateur du Mouvement Action chômage Pabok à Chandler

On leur avait dit à maintes et maintes reprises, jusqu’à ce qu’on réalise que c’était un bon projet, ajoute-t-il.

Comme la mesure est applicable jusqu’en 2020, monsieur Cousineau dénonce son caractère temporaire qui entretient l’incertitude, selon lui. Gaétan Cousineau réclame un minimum de 35 semaines de prestations, qui permettraient d’éviter le trou noir.

Il maintient que les prestations devraient équivaloir à 65 % du salaire plutôt que 55 %, comme c’est le cas actuellement.

Un « plaster »

Line Sirois et un groupe de chômeurs occupent le bureau d'assurance-emploi à Baie-ComeauAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Line Sirois et un groupe de chômeurs occupent le bureau d'assurance-emploi à Baie-Comeau.

Photo : Radio-Canada / Benoît Jobin

Line Sirois, d'Action chômage Côte-Nord, estime qu'il s'agit d'une mesure cosmétique du gouvernement Trudeau à l'approche des élections fédérales. Elle se dit déçue de constater que les séances de consultation débouchent sur des mesures temporaires sur deux ans.

Elle rappelle que les travailleurs laissés pour compte passent un trimestre par année sans aucun revenu, puisqu'ils ne sont pas admissibles à l'aide sociale.

C'est jamais des mauvaises nouvelles quand on rajoute des semaines, mais on met un plaster sur une hémorragie.

Une citation de : Line Sirois, d'Action chômage Côte-Nord

Elle critique le fait que les travailleurs de la Côte-Nord auront toujours de la difficulté à se qualifier pour l'assurance-emploi. C'est 665 heures que ça prend, rappelle-t-elle.

On travaille 20 semaines, ils vont nous donner 20 semaines de chômage. Mais ça, ça fait 40 semaines, puis il y en a 52 dans une année.

« Il reste un énorme trou noir, il reste que le gouvernement comprend rien à l'industrie saisonnière. C'est pas comme ça qu'on doit faire, l'industrie a besoin de ses travailleurs pour survivre, les régions ont besoin de l'industrie, aussi, pour survivre. »

Line Sirois continue de réclamer une réforme en profondeur.

Assouplissement

La semaine dernière, le ministre de la Famille, des Enfants et du Développement social, Jean-Yves Duclos, avait annoncé que des règles plus flexibles concernant le travail pendant une période de prestations d'assurance‑emploi allaient s'appliquer aux personnes qui reçoivent des prestations de maternité et de maladie.

Ainsi, un chômeur qui travaille à temps partiel pourra conserver 50 cents de ses prestations d'assurance-emploi pour chaque dollar gagné, jusqu'à concurrence de 90 % de la rémunération hebdomadaire assurable. Ces nouvelles mesures permanentes devraient toucher plus de 800 000 prestataires de l'assurance‑emploi.

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