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Les talibans répondent à une offre de cessez-le-feu par un kidnapping de masse

Ashraf Ghani, les bras tendus devant lui, parle dans des micros.

Le président afghan Ashraf Ghani, en conférence de presse, le 15 juillet dernier.

Photo : La Presse canadienne / AP/Rahmat Gul

Radio-Canada

Les talibans afghans ont pris en otages 170 personnes qui voyageaient à bord d'autobus dans la province de Kunduz, lundi, quelques heures à peine après que le président Ashraf Ghani eut offert de décréter un cessez-le-feu pendant trois mois.

L’armée afghane a rapidement lancé une opération de sauvetage, qui est toujours en cours à l’heure actuelle, a déclaré à Associated Press un porte-parole du ministère afghan de l’Intérieur, Nasrat Rahimi.

Selon lui, 149 otages ont été libérés lors de combats entre les forces afghanes et les talibans, mais 21 autres restent toujours détenus. Sept talibans auraient été tués.

Les otages se trouvaient dans trois autobus en provenance des provinces de Badakhshan et Takhar, dans le nord-est du pays, qui se dirigeaient vers la capitale, Kaboul, en prévision des célébrations de l’Aïd el-Adha, qui s’ouvriront mardi.

Le kidnapping avait été confirmé par les autorités afghanes et les talibans avant même que le ministère de l’Intérieur ne confirme qu’une opération pour libérer les otages était en cours.

« Les autobus ont été interceptés par des combattants talibans, les passagers ont été forcés de descendre et ils ont été amenés à un endroit tenu secret », a expliqué un porte-parole du gouverneur de Kunduz, Esmatullah Muradi.

« Nous avons décidé de saisir les autobus après que nos services de renseignements ont révélé que plusieurs hommes travaillant pour les services de sécurité afghans voyageant vers Kaboul s’y trouvaient », a indiqué à Reuters un porte-parole des talibans, Zabihullah Mujahid.

« Nous avons amené les autobus dans un endroit sécuritaire afin d’empêcher des affrontements, et nous identifions maintenant les membres des forces de sécurité », avait-il dit.

Ghani offre un cessez-le-feu de trois mois

Cette prise d’otages semble être une réponse à l’offre de cessez-le-feu faite la veille par le président Ghani, à l’occasion d’un discours prononcé à l’occasion du 99e anniversaire de l’indépendance de l’Afghanistan.

Le cessez-le-feu a été décrété à compter de lundi, « jusqu’à l’anniversaire du prophète » Mahomet, célébré le 21 novembre cette année, mais uniquement « à condition que les talibans fassent de même », a dit M. Ghani dans un discours télévisé.

Des dizaines d'éleveurs sont entourés de centaines de moutons sur un terrain vague de la capitale, Kaboul.

Les Afghans se préparent lundi à célébrer l'Aïd el-Adha, la « fête du sacrifice ». À Kaboul, des commerçants se préparent à vendre des moutons, qui seront égorgés pour l'occasion.

Photo : La Presse canadienne / AP/Rahmat Gul

L'administration afghane a supprimé « tous les obstacles » à la paix, après avoir consulté dignitaires religieux, partis politiques et société civile, a-t-il affirmé.

« Nous appelons la direction des talibans à accueillir les voeux de paix longue et véritable des Afghans. Nous les exhortons à se préparer à des discussions de paix basées sur les valeurs et principes islamiques », a dit M. Ghani.

Cette offre de cessez-le-feu a été saluée par le secrétaire d’État américain, Mike Pompeo, le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, le représentant spécial de l’ONU en Afghanistan, Tadamichi Yamamoto et le nouveau gouvernement du Pakistan.

L’agence Reuters cite lundi des sources talibanes selon lesquelles cette offre sera formellement rejetée.

Samedi, le chef des talibans, Maulvi Haibatullah Akhunzadah, a déclaré qu’il n’y aurait pas de paix dans le pays tant qu’on y trouverait une armée d’occupation étrangère. Le conflit ne pourra prendre fin qu’au terme de négociations directes avec les États-Unis, a-t-il ajouté.

En juin, les forces gouvernementales et les talibans ont respecté un cessez-le-feu de trois jours à l’occasion de l’Aïd el-Fitr, qui marque la fin du ramadan. Il s’agissait d’une première en 17 ans de conflit armé.

Un premier cessez-le-feu suivi de nombreuses attaques

De nouvelles attaques ont tout de même eu lieu dans les semaines qui ont suivi. Il y a dix jours, les talibans ont notamment lancé une offensive de grande envergure à Ghazni, au sud-ouest de Kaboul.

Ils en ont finalement été repoussés grâce à une intervention de l’armée afghane, appuyée par l’aviation militaire américaine. Plus de 100 personnes, dont une majorité de membres des forces de sécurité afghanes, ont été tuées.

L’offre de cessez-le-feu du gouvernement afghan ne concerne pas le groupe armé État islamique, à l’origine de nombreuses attaques contre des civils.

La semaine dernière, une attaque revendiquée par l’EI dans une école chiite de Kaboul a fait 34 morts et 56 blessés, selon un bilan révisé à la baisse.

Avec les informations de Associated Press, Reuters, et Agence France-Presse

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