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Aretha Franklin célébrée par les fidèles de l'église de son père

Des fidèles de l'église baptiste New Bethel de Détroit sont assis et écoutent l'éloge funèbre prononcé par le pasteur et militant pour les droits civiques Jesse Jackson.
Le pasteur et militant pour les droits civiques Jesse Jackson a prononcé un éloge funèbre lors de l'office consacré à la mémoire d'Aretha Franklin. Photo: Getty Images / Bill Pugliano
Agence France-Presse

Les fidèles de l'église baptiste New Bethel de Détroit, où officiait le père d'Aretha Franklin, ont rendu un vibrant hommage dimanche à la reine de la soul. La voix puissante de la chanteuse a ainsi résonné entre les murs du lieu de culte pour célébrer son immense carrière.

Jesse Jackson, l'une des figures du combat pour les droits civiques, a été acclamé par quelques centaines de personnes après avoir prononcé un long éloge funèbre et prié pour sa vieille amie, la reine de la soul. L'homme de 76 ans avait connu Aretha Franklin à l'adolescence.

Maintenant, le chœur du gospel dans les cieux a sa soliste. Détroit a perdu beaucoup, mais le paradis a gagné quelque chose.

Jesse Jackson

Cette église du courant protestant baptiste, située dans un quartier calme de Détroit, dans le Michigan, dans le nord des États-Unis, est devenue un lieu de mémoire pour cette immense artiste, morte jeudi à 76 ans des suites d'un cancer du pancréas.

Dimanche, Precious Lord Take My Hand, un chant gospel enregistré par Aretha Franklin et chanté par elle aux funérailles de l'icône des droits civiques Martin Luther King, un ami de la famille Franklin, a résonné au cours d'un office plein d'énergie.

Dans son hommage, Jesse Jackson a raconté la vie de la chanteuse dans le contexte de la lutte pour les droits civiques, de sa naissance dans un sud où la ségrégation a cours à sa prestation à l'investiture du premier président noir des États-Unis, Barack Obama.

M. Jackson a rappelé qu'en 1942, année de la naissance d'Aretha Franklin, 225 Noirs avaient été lynchés dans le Tennessee.

Une histoire de famille

Le père de la chanteuse, C.L. Franklin, était un pasteur baptiste et un militant pour les droits des Noirs américains. Il avait aidé Martin Luther King à organiser, en juin 1963, la Marche pour la liberté dans le centre de Détroit, seulement deux mois avant le discours historique du leader noir, I Have a Dream, prononcé à Washington.

« Je me souviens d'un temps où le Dr King risquait la faillite... et Aretha a fait une tournée dans 11 villes et lui a donné tout l'argent », s'est remémoré M. Jackson, un proche de la légende des droits civiques assassinée il y a 50 ans.

La chanteuse avait enregistré l'album One Lord, One Faith, One Baptism entre les murs de cette église. Elle y distribuait aussi des repas aux fidèles et aux sans-abri à Noël et à l'Action de grâces.

Une femme lève les bras au ciel pendant que le pasteur Jesse Jackson prononce son éloge funèbre lors de l'office à la mémoire d'Aretha Franklin.Une femme lève les bras au ciel pendant que le pasteur Jesse Jackson prononce son éloge funèbre lors de l'office à la mémoire d'Aretha Franklin. Photo : AFP/Getty Images / Timothy A. Clary

Le pasteur Jackson a raconté sa dernière visite à son amie Aretha mercredi dernier, la veille de sa mort. « Elle a ouvert ses yeux, a attrapé mon bras et nous avons commencé à prier. »

Pendant l'éloge funèbre, une fidèle a levé les bras au ciel, se laissant porter par la musique tandis que quelques autres essuyaient leurs larmes.

« J'ai trouvé que c'était excellent. Un hommage puissant à la reine, a témoigné Esther Birden, 60 ans. Nous n'avons pas de raison d'être tristes, car elle nous a apporté tant de choses. »

Une « combattante pour la liberté »

Ralph Godbee, ancien chef de la police de Détroit devenu pasteur, a entraîné l'assemblée dans une salve d'applaudissements pour la légende de la soul.

Il a raconté une anecdote qui en dit long sur la personnalité de la chanteuse américaine : un jour, Aretha Franklin lui a téléphoné pour se plaindre du mauvais traitement réservé à l'un de ses proches par la police, estimant que personne – peu importe son nom de famille – ne devrait être traité ainsi.

L'ancien policier a salué « la combattante pour la liberté » qu'était Aretha Franklin.

À l'extérieur de l'imposante église forgée de briques claires, des ballons, des bouquets de fleurs, des ours en peluche et des mots écrits à la main ornaient la façade pour rendre hommage à la chanteuse légendaire.

« Aretha sera toujours ma reine. [Je n'ai pour elle] que du respect! », pouvait-on lire sur une pancarte décorée de photos en noir et blanc de l'artiste.

« Tu seras toujours dans mon cœur », pouvait-on lire sur une autre affiche. « Ta voix résonnera toujours dans mon cœur et dans mon âme. Je l'entends sans cesse, elle m'apaise. »

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