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Les autorités saoudiennes évoquent un possible retour à la normale avec le Canada

Un homme portant des lunettes parle au micro devant un pupitre. Derrière lui, plusieurs hommes sont debout derrière le drapeau saoudien.
Un des étudiants saoudiens a pris la parole pour demander des précisions sur la situation à l'attaché culturel de Riyad au Canada. Photo: Bureau culturel de l'Arabie Saoudite à Ottawa
Radio-Canada

Pris dans l'engrenage de la crise saoudo-canadienne, les étudiants saoudiens au Canada pourront enfin souffler. Le Bureau culturel de l'Arabie saoudite à Ottawa espère un possible retour à la normale des relations diplomatiques entre les deux pays d'ici l'hiver.

Un texte de Rania Massoud

Au cours d'une conférence organisée samedi à Ottawa, et diffusée en direct sur Twitter, l’attaché culturel de l’Arabie saoudite au Canada, Fawzy Bukhari, a appelé les étudiants saoudiens à la patience, « le temps que la situation soit résolue ».

Le 6 août, à un mois de la rentrée, les autorités saoudiennes avaient annoncé leur décision de suspendre les bourses d’études de leurs ressortissants au Canada. Une décision qui en a choqué plus d’un et qui est venue en réaction à un message du gouvernement fédéral sur Twitter critiquant l’arrestation par le Royaume de militantes pour les droits des femmes.

Un ton rassurant

Samedi, près de 270 étudiants saoudiens étaient présents à la conférence, organisée sous la houlette du ministère saoudien de l’Éducation. Des dizaines d’entre eux, dont plusieurs doctorants en fin d’études, en ont profité pour poser leurs questions aux représentants officiels.

L’un d’eux veut savoir s’il sera possible pour lui de revenir au Canada une fois la crise terminée. « Nous espérons que la crise sera résolue d’ici l’hiver, a dit M. Bukhari. La balle est dans le camp du gouvernement canadien. »

« La crise entre le Canada et l’Arabie saoudite a éclaté en raison de l’ingérence canadienne dans les affaires saoudiennes et notre patience a des limites, a-t-il rappelé. C’est pour cela que nous avons coupé nos liens commerciaux avec le gouvernement canadien. »

« Nous n’avons jamais dit que nous cherchons à rapatrier tous nos ressortissants ou que nous ne reconnaîtrons plus les diplômes universitaires canadiens », a-t-il ajouté, dénonçant les « rumeurs » et « fausses nouvelles » en ligne.

Un délai accordé aux étudiants

Quant à la question de savoir s’il est possible de rester au-delà du mois d’août au Canada, M. Bukhari affirme qu’il n’y a pas une date fixe à respecter. « Le décret royal mentionne que vous avez jusqu’à la fin de l’été, ce qui laisse une marge de manœuvre. Personne n’a dit qu’il faut partir demain, ou dans 20 jours, ou d’ici la fin du mois, a-t-il expliqué. Et, officiellement, la fin de l’été tombe le 22 septembre. »

L’un des universitaires présents demande s’il devrait fermer son compte bancaire. « Pas besoin, lui a répondu l’attaché culturel. Si vous êtes admis ailleurs et que vous voulez à ce moment-là quitter le Canada, alors vous pourrez communiquer votre décision à votre banque. »

Un autre jeune homme veut savoir si les personnes qui décident de rester à leurs propres frais seront sanctionnées. « Personne ne vous demande de vous retirer du programme des bourses, vous avez encore du temps », a répondu M. Bukhari.

« Vous devriez consulter le Bureau culturel avant de prendre une telle décision, a-t-il poursuivi. Vos collègues en médecine continuent de travailler dans les hôpitaux au Canada jusqu’à maintenant. » Il affirme par ailleurs que les médecins saoudiens pourront demander un congé sans solde si la crise perdure et qu’ils doivent quitter le Canada.

Menaces en ligne

Un vent de panique et de peur soufflait parmi les étudiants saoudiens au Canada depuis le début de la crise entre les deux pays.

Saïd, 30 ans, est l’un des 7000 étudiants saoudiens bénéficiaires d’une bourse saoudienne au Canada.

Il doit terminer sa thèse de doctorat en ingénierie dans deux ans, mais a peur pour son avenir universitaire s’il doit quitter le Canada avant l’obtention de son diplôme. Joint par téléphone en début de semaine, il a dit craindre des représailles s’il décidait de rester au Canada.

Une vidéo publiée par Alaa Anbar, un vlogueur saoudien, employant un ton menaçant contre ses compatriotes qui se plaignent de devoir quitter le Canada, est devenue virale ces derniers jours.

N’essayez pas de faire les héros […] Et que personne ne pense que vous serez en sécurité au Canada si vous décidez de vous y réfugier. Les autorités saoudiennes vous trouveront et vous rapatrieront, je vous le garantis.

Extrait d'une vidéo d'Alaa Anbar

Samedi, l’attaché culturel saoudien au Canada a mis en garde contre « ceux qui cherchent à tirer profit de cette situation ». « Personne n’a dit que ce sera facile, il y aura des sacrifices à faire, mais nous sommes là pour vous aider », a-t-il répété.

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