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Fausses nouvelles : Twitter se dit impuissante

Twitter est aux prises avec un problème qui dépasse l'entreprise : les fausses nouvelles.
Twitter est aux prises avec un problème qui dépasse l'entreprise : les fausses nouvelles. Photo: Reuters / Brendan McDermid

Twitter n'a aucun échéancier pour réussir à contrôler le flot de fausses nouvelles et de propos toxiques publiés par ses usagers. Jack Dorsey, grand patron de l'entreprise, reconnaît même que Twitter a déjà été « dépassée » par le phénomène, mais s'empresse de préciser que des gestes ont depuis été posés.

Un texte de Hugo Prévost

Dans un entretien accordée au journaliste du réseau CNN Brian Stelter et diffusé samedi, celui qui dirige Twitter depuis ses débuts, en 2006, a parfois semblé se trouver entre l'arbre et l'écorce.

Critiqué de toutes parts aux États-Unis pour sa mauvaise gestion des échanges toxiques et de la diffusion des fausses informations, Twitter est à la fois accusé d'en faire trop et trop peu.

Un homme assis dans un fauteuil, micro à la main.Jack Dorsey, PDG et cofondateur de Twitter, admet que l'entreprise n'a pas de réponse au problème des fausses nouvelles. Photo : Reuters / Mike Segar

Pour les conservateurs, Twitter est dirigé par des gens d'obédience « de gauche », qui censurent les gens tenant des discours de droite.

Sur les ondes de CNN, Jack Dorsey a d'ailleurs avoué que ses employés penchent effectivement plus à gauche, ce qui n'aidera pas à faire taire ces remontrances. Le patron dément toutefois que Twitter s'adonne à la censure.

Pour les démocrates, les gestes contre les propos haineux sont loin d'être suffisants. À preuve, disent-ils, Twitter aurait dû emboîter le pas à Facebook, Apple et Spotify et carrément bloquer le compte d'Alex Jones, patron du site conspirationniste Infowars et diffuseur de mensonges et de haine en ligne.

Le réseau social a plutôt imposé une suspension d'une semaine à M. Jones, avec la possibilité d'infliger une « suspension permanente », a reconnu M. Dorsey.

« Nous avons constaté tous les problèmes sur notre service : les abus, les "trolls", le harcèlement, la désinformation... Nous en sommes arrivés à un point où nous avions l'impression que nous ne faisions que réagir », a confié M. Dorsey.

Nous avions l'impression de traiter simplement les symptômes en surface, plutôt que de régler les problèmes sous-jacents.

Jack Dorsey, président de Twitter

Chemin du pèlerin

Pour contrer le problème des fausses nouvelles, Jack Dorsey se montre réticent à transformer sa compagnie en « police du Web ». « Je crois que nous devons réfléchir sur ce que signifie le terme "désinformation". Comment aidez es gens à déterminer la crédibilité d'une information? », a-t-il demandé.

M. Dorsey propose plutôt de fournir « davantage de contexte », de trouver « plus de voix crédibles » et les mettre de l'avant.

Je pense qu'il serait dangereux, pour des entreprises comme la nôtre, d'être des défenseurs de la vérité.

Jack Dorsey, président de Twitter

Sur ce point, il revient à la charge avec une idée précédemment évoquée durant l'entrevue : il faut évaluer « l'état de santé » des conversations sur Twitter et travailler à l'améliorer.

Jack Dorsey va même plus loin et reconnaît que « certaines façons de faire des premiers temps » n'ont plus lieu d'être. L'entreprise est prête à « tout remettre en question », dit-il.

L'un des principaux problèmes de Twitter, évoque-t-il, est l'absence de moyens. « Nos ressources sont très limitées », dit-il avant d'indiquer, au sujet des discours haineux et des fausses nouvelles, que « tout ne peut pas être évalué en temps réel » et que la modération fonctionne donc majoritairement grâce aux dénonciations des utilisateurs.

Discours vicié

Les promesses de plus grande transparence de la part de Jack Dorsey et de Twitter surviennent au moment où les critiques pleuvent contre les réseaux sociaux, y compris Facebook, mais aussi YouTube, qui appartient au mastodonte Google.

Les trois réseaux sont régulièrement attaqués pour leur laisser-aller en matière de contrôle des fausses nouvelles et des discours haineux, voire de manipulation politique pure et simple de la part d'acteurs étatiques ou autres, qui tentent d'influencer des élections.

« Les gens ont peur [des entreprises] de la Silicon Valley », a lancé Jack Dorsey lors de son entrevue à CNN. Il fait référence aux algorithmes derrière ses sites, qui demeurent pour l'ensemble voilés d'un grand secret.

Voilà pourquoi, dit-il, Twitter se doit d'être constant dans son application de ses règles.

Nous ne pouvons pas changer les normes au hasard en fonction de nos opinions, parce que cela ne fait qu'alimenter la peur.

Jack Dorsey, patron de Twitter
Avec les informations de CNN, et Techcrunch

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