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Donald Trump cerné de l'intérieur

Le président des États-Unis, Donald Trump
Le président des États-Unis, Donald Trump Photo: AFP/Getty Images / Brendan Smialowski
Radio-Canada

Autre semaine, autres controverses pour le président des États-Unis. Au cours des derniers jours, Donald Trump et la crème de ses services secrets ont notamment déterré la hache de guerre pendant qu'on apprenait qu'un avocat de la Maison-Blanche collabore activement à l'enquête russe. Retour sur une semaine chargée.

Un texte d'Alexis Gacon

La décision du président américain, jeudi, de supprimer l’habilitation secret défense d’un ex-chef de la CIA, soit l’accès aux plus hauts renseignements des États-Unis, a accentué le fossé entre Donald Trump et des cadres de l’espionnage.

Dans une lettre ouverte publiée jeudi, d’anciens cadres du FBI, de la CIA et du Pentagone et une demi-douzaine d’espions de haut rang rejettent en bloc la décision du président.

L'ancien directeur de la CIA John Brennan. L'ancien directeur de la CIA John Brennan croit que Donald Trump lui a révoqué son habilitation secret défense pour des raisons politiques. Photo : The Associated Press / Pablo Martinez Monsivais

Nous nous sentons obligés de réagir à la suite des remarques et actions inconsidérées et sans précédent de la Maison-Blanche.[...] Nous n’avons jamais vu l’approbation ou la suppression des autorisations de sécurité comme outil politique, comme cela a été fait dans ce cas.

Extrait de la lettre ouverte

Les signataires de la lettre ouverte tirent à boulets rouges sur la décision de Donald Trump et louent l'action de John Brennan. Selon eux, l'action du président n'a rien à voir avec « qui devrait ou ne devrait pas avoir des autorisations de sécurité et tout à voir avec une tentative d'étouffer la liberté d'expression ».

Généralement, les anciens responsables du renseignement conservent leurs habilitations de sécurité au cas où leur expertise s'avérerait utile pour leurs successeurs. La décision du président est considérée par des experts juridiques comme la première du genre à passer outre les protocoles typiques de révocation.

Pour Timothy Naftali, professeur d’histoire de l’université de New York, Donald Trump choisit un système revanchard. « Le président américain tient une liste de noms de ceux qui le critiquent. Il se venge contre ces gens », affirme-t-il. D’après ses dires, en sanctionnant John Brennan, il envoie un signal à tous les membres du renseignement américain et il les menace.

John Brennan avait qualifié de trahison le comportement de Donald Trump avec Vladimir Poutine lors du sommet d’Helsinki, en juillet dernier.

Il a depuis annoncé qu'il allait lancer une poursuite judiciaire pour annuler le retrait de son habilitation secret défense.

Invoquer le fantôme du Maccarthysme

Le New York Times continue de publier, selon sa devise, « Toutes les nouvelles qui méritent d’être imprimées ». L’une d’entre elles, écrite samedi, a à nouveau suscité le courroux du président américain.

D’après le quotidien, Don McGahn, un avocat de la Maison-Blanche, a « largement coopéré » avec l’enquête menée par l’équipe du procureur spécial Robert Mueller sur les soupçons de collusion entre l’équipe de campagne du républicain et la Russie. Don McGahn aurait passé près de 30 heures avec les enquêteurs, livrant des détails connus de lui seul, notamment au sujet d’une possible obstruction du président américain devant l’enquête.

Une enquête qui tourne au « Maccarthysme de la PIRE espèce », selon Donald Trump. Un terme qui ramène à la guerre froide. Durant cette période, le sénateur républicain du Wisconsin Joseph McCarthy lança une campagne visant toute personne soupçonnée d’être communiste ou d’éprouver des sympathies pour le régime embrassé par Moscou.

Sénateur de l'État du Winsconsin au Congrès des États-Unis entre 1947 et 1957, Joseph R. McCarthy initie une véritable « chasse aux sorcières » visant à « démasquer » les communistes vivant au pays. Sénateur de l'État du Winsconsin au Congrès des États-Unis entre 1947 et 1957, Joseph R. McCarthy initie une véritable «chasse aux sorcières» visant à «démasquer» les communistes vivant au pays. Photo : United Press

« Étudiez feu Joseph McCarthy parce que nous sommes en ce moment dans une période avec Mueller et son gang qui fait passer Joseph McCarthy pour un débutant. Chasse aux Sorcières Truquée », a tweeté le locataire de la Maison-Blanche.

Pour expliquer la collaboration de Don McGahn à l’enquête, Donald Trump contre-attaque : « Je n’ai rien à cacher et j’ai exigé la transparence pour que la Chasse aux Sorcières Truquée et Abominable puisse prendre fin. »

Un franc-tireur pas forcément isolé

Pour Rafael Jacob, chercheur en politique américaine à la Chaire Raoul-Dandurand, la lettre ouverte et les dernières révélations du New York Times ne plomberont pas forcément la cote de popularité de Donald Trump.

Pour n’importe quelle présidence normale, ce serait une controverse spéciale. Mais ce n’est pas le cas. Elle peut au contraire renforcer la base de Trump, qui pense qu’une certaine élite le cible continuellement

Rafael Jacob, chercheur

Rien ne permet d’affirmer selon lui que Donald Trump est lâché de l'intérieur de la Maison-Blanche. Selon ses dires, il est possible que Donald Trump ait raison en affirmant que Don McGahn ait collaboré à l’enquête de Robert Mueller parce que le président américain lui avait demandé.

Avec des informations de l'Agence France-Presse

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