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Hautes-Laurentides : les moustiques de la discorde

Le reportage de Yasmine Khayat

Dans les Hautes-Laurentides, les municipalités de Lac-Saguay, L'Ascension, Labelle, Nominingue et la Ville de Rivière-Rouge consultent leurs citoyens sur l'usage du Bacillus thuringiensis israelensis, mieux connu sous l'acronyme BTi, une bactérie qui s'attaque aux larves des moustiques.

Un texte de Yasmine Khayat

Une première consultation s’est tenue samedi à Rivière-Rouge, au centre sportif et culturel de la Vallée de la Rouge. Les habitants de la ville ont pu interroger le biologiste dépêché sur place par le conseil de la municipalité.

Le débat était passionné et l’enjeu écologiste revenait en tête de liste des questions.

Certains citoyens s’inquiètent de l’effet du BTi sur la chaîne alimentaire des espèces vivant sur le territoire des Hautes-Laurentides. D’autres remettent en cause l’innocuité de la formulation à base de BTi à moyen et à long terme.

Richard Vadeboncoeur, biologiste et directeur du développement chez GDG Environnement, se veut rassurant. Pour lui, il n’y a aucun danger à l’usage d’un tel produit, d’autant que la Ville de Mont-Tremblant et la municipalité de Saint-Donat l’utilisent depuis 2003.

On sait que le BTi est [dans] un produit utilisé et homologué au Canada et au Québec depuis 1982, donc [on a accès à] un long historique de travail et passablement d’études à travers le monde.

Richard Vadeboncoeur, biologiste et directeur du développement, GDG Environnement

Les mouches noires et les moustiques trouvent dans la région suffisamment de plans d’eau pour y déposer leurs larves. Il y a 10 ans de cela, la Ville de Rivière-Rouge avait lancé une consultation similaire, qui s’est soldée par un vote contre l’épandage biologique.

Par ailleurs, la Ville estime que la présence des moustiques piqueurs limite le développement du tourisme récréatif dans la région.

Sur le plan touristique, nous avons un frein, un obstacle à franchir, puisque dans cette période de l’année, il est clair que certains touristes ne veulent pas venir chez nous à cause des insectes. À tort ou à raison, là n’est pas le sujet, néanmoins, c’est un fait.

Valérie Pichot, directrice du développement économique et récréotouristique, Ville de Rivière-Rouge

Les effets sur l'environnement semblent relatifs pour René Houle. Ce fils de la région et restaurateur depuis 15 ans, ne croit pas que quelques maringouins menaceraient ses affaires.

Je ne suis pas du tout convaincu que la présence des moustiques empêcherait le développement économique de Rivière-Rouge ni que leur absence nous propulserait vers un développement économique grandiose. Quiconque vient dans le nord sait qu’il y a des maringouins, ça fait partie de l’environnement des Laurentides.

René Houle, restaurateur

Les municipalités vont encore tenir d’autres consultations publiques qui devraient aboutir à un sondage auprès de l’ensemble de la population. Si les citoyens sont favorables à l’épandage, un appel d’offres sera lancé.

Il restera alors à ces municipalités à trancher sur les modalités de facturation aux contribuables de la région.




Environnement