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Visite à la station d’Alert, l’endroit habité le plus au nord de la planète

Plusieurs panneaux de signalisation entourent celui d'Alert.
Bienvenue à Alert, au Nunavut, au nord du 82e parallèle. Photo: Radio-Canada / Mario De Ciccio
Radio-Canada

Dans le Grand Nord canadien, il y a le Grand Nord... et il y a la Station des Forces canadiennes Alert, au Nunavut. Situé au nord-est de l'île d'Ellesmere, Alert est l'endroit habité en permanence le plus au nord de la planète. C'est aussi le lieu de travail d'une centaine de Canadiens.

Un photoreportage de Mario De Ciccio

En route vers Alert, pas besoin d’un expert pour comprendre les difficultés et les défis du développement dans l’Arctique. L’immensité de l’archipel arctique canadien défile rapidement sous l’avion.

Une étendue de roche et de glace.  La vue du hublot, quelque part entre l’étendue qui s’étend de Yellowknife à Alert. Photo : Radio-Canada / Mario De Ciccio

Une fois les portes de l’avion grandes ouvertes, l’air frais de l’Arctique pénètre rapidement dans la cabine. L’été, la température oscille autour de 4 °C. L’hiver, la norme est plutôt de -40 °C.

La grande porte ouverte à l'arrière de l'avion. Bien entendu, aucune route ne mène à Alert, il faut prendre l’Avion pour entrer et sortir de la base. Photo : Radio-Canada / Mario De Ciccio

À l’entrée d’Alert, les panneaux de signalisation des villes d’un peu partout à travers le monde résument bien l’emplacement : Alert, c’est loin.

Des panneaux de signalisation d'un grand nombre de villes, dont celle de Yellowknife, qui se situe à 2388 km. Alert se situe à 2388 km de Yellowknife, 4151 km d’Ottawa, ou à seulement 676 km de sa voisine, la base des forces aériennes américaines de Thulé au Groenland. Photo : Radio-Canada / Mario De Ciccio

Ces temps-ci, un peu plus d’une centaine de militaires et de civils travaillent et vivent à la station d’Alert. Le personnel de la station varie généralement de 70 personnes, l'hiver, à 130, l’été.

Des militaires entrent dans un bâtiment. Des militaires entrent par la porte d’entrée de la Station des Forces canadiennes d’Alert. Photo : Radio-Canada / Mario De Ciccio

La plupart des militaires à la station d’Alert y sont en déploiement de trois à six mois.

Lors d’un premier voyage de deux semaines, le caporal Christopher Rose est tombé en amour avec la station. Il y est revenu deux autres semaines et il est maintenant de retour pour six mois.

Un militaire regarde la caméra devant plusieurs militaires. À Alert, le caporal Christopher Rose est responsable des provisions de la station. Photo : Radio-Canada / Mario De Ciccio

Vraiment, c’est juste comme une grande famille, tout le monde est très gentil.

Caporal Christopher Rose
Un groupe de militaires jouent aux cartes.Le soir, les résidents d’Alert peuvent relaxer au bar de la station ou au « Beach Club » avec une petite partie de Crib. Photo : Radio-Canada / Mario De Ciccio

La station d’Alert sert à maintenir une présence dans cet endroit isolé du Canada, mais sert aussi d’installation de renseignement de transmission.

Comme elle est isolée de tout, l'entretien des installations est le travail principal de la majorité des membres du personnel.

Un gros bâtiment avec des fenêtres. La station compte plusieurs bâtiment, mais pour des raisons de sécurité, les Forces armées n’acceptent pas que plusieurs installations soient photographiées. Photo : Radio-Canada / Mario De Ciccio

En hiver, le soleil ne se lève pas à Alert, mais en été, il ne se couche jamais. Les résidents profitent de l’été pour faire des excursions dans les alentours.

« Quand tu vas dehors, il n’y a pas d’arbres, c’est des roches. C’est comme si tu étais sur une autre planète », remarque l’un des cinq pompiers de la station, Pierre-Olivier Girard.

Tu ne vois pas ça chez nous, il y a des montagnes partout et c’est beau.

Pierre-Olivier Girard, pompier à la station d'Alert
Un homme en uniforme de l'armée devant un camion de pompier. Pierre-Olivier Girard de Bagotville dit toujours se tenir avec ses autres collègues pompiers. Photo : Radio-Canada / Mario De Ciccio

Sur l'île d'Ellesmere, la vie sauvage est bien présente. Il n’est pas rare de voir des lièvres, des renards arctiques et parfois même des phoques, des loups, des caribous et des ours polaires.

Un ours polaire et un ourson sur la banquise. Pas tout le monde de la station repart en ayant vu un ours polaire. Avant ceux-ci, aucun ours n’avait été vu depuis le début juillet. Photo : Radio-Canada / Mario De Ciccio

L’adjudant maître Pat Marceau occupe plusieurs fonctions à la station, dont celui du contrôle de la faune. Cela veut dire que c’est lui qu’on appelle quand un ours polaire est surpris à roder autour de la station.

 C’est très unique. Qui aurait cru que j’aurais la chance de faire quelque chose comme ça? 

Un homme se tient devant l'Arctique.Après son déploiement de 6 mois à Alert, l'adjudant maître Pat Marceau laissera son rôle à un autre et retournera à Ottawa où il travaille dans un cubicule. Il reviendrait à Alert n’importe quand, dit-il. Photo : Radio-Canada / Mario De Ciccio

C’est très excitant de voir un ours polaire, ça nous rappelle que nous vivons dans leur environnement, dit-il. Il faut juste rester sécuritaire.

Adjudant maître Pat Marceau
Un tableau indiquant la dernière fois qu'un ours polaire a été signalé. Quand un ours polaire est aperçu les membres du personnel sont priés de rester à l'intérieur le temps que Pat Marceau s’assure que l’endroit est sécuritaire. Photo : Radio-Canada / Mario De Ciccio

Même si elle remporte la palme d’or des endroits habités le plus au nord, la station d’Alert se situe tout de même à 817 kilomètres du pôle Nord.

Le père Noël doit donc faire l'équivalent de Québec à Toronto pour s’y rendre le 25 décembre. C’est son premier arrêt, selon l’un des militaires qui y séjournent.

Des morceaux de glaces flottent dans l'eau. Au sud : l’étendue gelée canadienne. Au nord : l’étendue gelée du Pôle Nord. Photo : Radio-Canada / Mario De Ciccio

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