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L’autogouvernance des Métis encore loin d’être réalisée

Un drapeau métis
Un drapeau métis Photo: Inconnu
Radio-Canada

Malgré un accord historique signé avec Ottawa l'an dernier, la Nation métisse de l'Ontario souligne qu'il reste encore des étapes avant qu'elle puisse profiter pleinement de sa propre gouvernance.

Un texte de Philippe de Montigny

Quelque 400 participants à l’assemblée générale annuelle de la Nation métisse de l’Ontario à Peterborough ont abordé la question de l’autogouvernance lors de leurs discussions vendredi et samedi.

L’entente signée avec le gouvernement Trudeau vise à établir une relation « de gouvernement à gouvernement » entre la Nation métisse de l’Ontario et le fédéral.

Pour y arriver, il faudra toutefois développer une constitution et définir des priorités de financement en consultant la population, qui se chiffrait à 120 585 Métis au dernier recensement.

L’autogouvernance, c’est se sortir de la colonisation et gouverner notre peuple. On va recevoir des fonds, mais on va pouvoir servir notre peuple avec ce dont il a besoin, pas avec ce dont le gouvernement nous dit qu’il a besoin.

France Picotte, vice-présidente de la Nation métisse de l’Ontario
France Picotte, vice-présidente de la Nation métisse de l'Ontario.France Picotte, vice-présidente de la Nation métisse de l'Ontario, à la 25e AGA à Peterborough Photo : Radio-Canada

Vers une gouvernance autonome

Après deux ans de consultation, la Commission sur les droits et l’autonomie gouvernementale des Métis a défini quelques dossiers prioritaires dans son rapport, incluant l’accès aux soins de santé, au logement abordable et à l’éducation postsecondaire.

La question des impôts et la création d’un protocole de consultation tripartite sont aussi jugées importantes. Les revendications des Métis ontariens pourront désormais être négociées plutôt que soumises aux tribunaux.

Nos préoccupations se rattachent toutes à l’autogouvernance, insiste France Picotte.

La vice-présidente rappelle toutefois qu’ils sont nombreux à devoir encore confirmer leurs origines et s’enregistrer afin d’être officiellement reconnus comme Métis.

Tobias Clarke, de Tillsonburg, près de London, s’indigne qu’il faille des documents de l’homme blanc pour prouver son identité métisse. Elle ajoute qu’aucune définition précise des Métis ne fait l’unanimité.

Si nous voulons vraiment nous gouverner, nous devons être en mesure de nous définir, dit-elle.

Des gens se promènent dans une foire artisane, avec des drapeaux métis et des ceintures fléchées sur une table.Une foire d'artisans et d'entrepreneurs métis à Peterborough Photo : Radio-Canada

Assimilation chez les jeunes

Pour David Dusome, qui réside à Midland, l'assimilation est une course contre la montre. Midland est la ville ontarienne ayant la plus forte concentration de Métis.

Selon lui, les occasions de vivre la culture métisse et de la transmettre aux plus jeunes sont de plus en plus rares.

Les jeunes veulent apprendre l’anglais, alors ils parlent anglais, affirme l’homme de 77 ans, qui aime pouvoir parler michif et français lorsqu’il joue au curling avec des amis.

La Nation métisse de l’Ontario a pour sa part conçu un outil (Nouvelle fenêtre) qui facilite l’identification d’ancêtres issus de familles souches métisses.

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