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La Haute-Yamaska veut devenir estrienne

La pancarte de l'hôtel de ville de Granby
L'hôtel de ville de Granby Photo: Radio-Canada

La MRC de la Haute-Yamaska n'en peut plus d'être à cheval entre deux régions. Elle veut quitter la Montérégie pour l'Estrie et entend profiter de la campagne électorale pour se faire entendre.

Un texte de Christine Bureau

Nous, en Haute-Yamaska, on a pris une décision, que le statu quo était inacceptable, lance le préfet de la MRC et maire de Sainte-Cécile-de-Milton, Paul Sarrazin.

Selon lui, la situation actuelle est trop complexe. La Haute-Yamaska est rattachée à l’Estrie en matière de santé, de transports et de tourisme. Il rapporte que le changement a été très simple, notamment de la part du ministère des Transports.

C'est le bel exemple que je donne : il y a à peine deux ans [...] on a reçu une lettre par la poste tout simplement nous indiquant que dorénavant, à partir de telle date, on est estrien au niveau du ministère des Transports, raconte-t-il. Si ce n'est pas plus compliqué que ça et qu’il n’a pas à nous consulter, tant qu’à faire le pas, qu’on fasse le grand pas et qu’on devienne uniquement Estrie.

Paul Sarrazin, préfet de la MRC Haute-Yamaska et maire de Sainte-Cécile-de-Milton Paul Sarrazin, préfet de la MRC Haute-Yamaska et maire de Sainte-Cécile-de-Milton Photo : Radio-Canada

Pour le reste, les huit municipalités dépendent de ministères dont le budget est rattaché à la Montérégie.

Quand je suis en Montérégie, comme élu, je dois siéger, mais quand on parle de transport, de tourisme, de santé et ainsi de suite, je ne peux pas prendre partie des discussions parce que les budgets, les ministères responsables, relèvent de l’Estrie, déplore-t-il.

Le maire de Granby, Pascal Bonin, abonde dans le même sens.

On est toujours entre deux chaises et ça, ça crée une faiblesse. On n’est pas dans l’action, on n’est pas dans les discussions, on subit beaucoup de décisions sans avoir d’influence, énumère-t-il.

Un problème en santé

La situation en santé est particulièrement problématique, selon les élus. Après la création du CIUSSS de l’Estrie-CHUS, qui a fusionné la région de Granby avec l’Estrie, des organismes se sont retrouvés à couvrir un plus grand territoire, mais sans ressources supplémentaires.

Nous, on est des élus, c'est une chose, mais les fonctionnaires, les organismes du milieu, là, il ne savent plus trop trop de quel bord aller.

Paul Sarrazin, préfet de la Haute-Yamaska

Présidente de la Corporation de développement communautaire et coordonnatrice de Dynamique des handicapés de Granby et région, Marie-Christine Hon croit que la création du CIUSSS de l'Estrie - CHUS a créé un déséquilibre qu'il est maintenant temps de corriger.

« On n’a pas tout à fait l’information en ce qui concerne tous les grands projets qui sont faits pour la région de l’Estrie. Il y a donc un tiers de la population de l’Estrie qui n’est pas desservie », déplore-t-elle.

« Parce que si on n’a pas l’information, on n’est pas capables d’aller chercher l’argent, d’avoir accès à tous les projets, poursuit-elle. « C’est pour ça qu’on voudrait être intégrés, tout simplement. »

« Un désavantage »

Si la situation n’est pas nouvelle, les élus veulent profiter de la campagne électorale au Québec pour la remettre à l’avant-plan.

On veut entendre les candidats. Où est-ce qu’ils vont se positionner? Comment ils vont défendre les intérêts de la Haute-Yamaska?, demande le préfet.

Oui, c’est un enjeu de la prochaine campagne électorale parce que ça désavantage la Haute-Yamaska de façon marquée cette décision-là ou cette indécision-là.

Pascal Bonin, maire de Granby

Le ministre interpellé

Les deux politiciens disent avoir interpellé le ministre des Affaires municipales, Martin Coiteux, sur le sujet.

Il a été très étonné. Il n’était pas au fait de la situation, raconte M. Sarrazin. On a même eu des retours d’appels de son sous-ministre pour voir comment il pourrait nous accompagner pour faciliter l’avancement ou certains dossiers. On a eu quelques échanges.

De son côté, le ministère des Affaires municipales soutient n’avoir reçu aucune demande officielle de la part de la Haute-Yamaska. Advenant le cas où le ministère recevait une résolution en ce sens, il serait disposé à accompagner la MRC dans l’analyse du dossier, a réagi par courriel un porte-parole.

Nous, notre position, c’est qu’on a exprimé haut et fort qu’on veut aller en Estrie, résume M. Sarrazin. Maintenant, ça prend une volonté aussi du gouvernement pour enclencher le processus. Une volonté, espère-t-il, qui sera dûment renforcée durant la campagne électorale déclenchée le 23 août.

Et qu'en est-il de Brome-Missiquoi?

La MRC de Brome-Missiquoi vit la même situation que la Haute-Yamaska. Les élus n'ont cependant pas encore tranché à savoir s'ils souhaitaient ou non rejoindre l'Estrie. « On doit en rediscuter », a réagi le maire du Canton de Bedford et préfet suppléant, Gilles Saint-Jean.

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