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Les funérailles d'Aretha Franklin auront lieu le 31 août à Détroit

Aretha Franklin en spectacle au théâtre Fox à Atlanta en mars 2012

Photo : Getty Images / Rick Diamond

Agence France-Presse

Les funérailles d'Aretha Franklin, décédée jeudi à 76 ans, se dérouleront le 31 août à 10 h au Greater Grace Temple, à Détroit, selon la station de radio WDUV et le journal Detroit Free Press qui citent le porte-parole de la famille.

Le public pourra rendre hommage à la reine de la soul les 28 et 29 août alors que sa dépouille sera exposée au Charles H. Wright Museum of African American History, de 9 h à 21 h.

Les funérailles seront réservées aux membres de sa famille, à ses proches et à des invités spéciaux. De nombreuses personnalités sont attendues au Greater Grace Temple, qui peut accueillir 4000 personnes. Les funérailles de personnalités comme Rosa Parks y ont déjà été célébrées.

Aretha Franklin est morte jeudi matin à son domicile de Détroit, où elle avait passé l'essentiel de sa vie, entourée de membres de sa famille et de proches, après une longue bataille contre un cancer diagnostiqué en 2010. Dès l'annonce de la nouvelle, les hommages de célébrités et d'admirateurs se sont multipliés sur les réseaux sociaux pour saluer cette artiste au talent immense.

« C'est difficile d'imaginer le monde sans elle. Non seulement c'était une chanteuse merveilleuse, mais son engagement en faveur des droits civiques a eu un effet indélébile sur le monde », a écrit la chanteuse Barbra Streisand en guise d'adieu à Aretha Franklin.

L'artiste américaine avait entamé ses 60 ans de carrière comme chanteuse de gospel à 9 ans, avant de passer du rhythm and blues à l'opéra, grâce à son registre vocal couvrant quatre octaves. Aretha Franklin a influencé plusieurs générations d'artistes avec des succès planétaires comme Respect (1967), (You Make Me Feel Like) A Natural Woman (1968) et I Say a Little Prayer (1968).

L'église de son père, devenue lieu de pèlerinage

Vendredi, les admirateurs de la diva continuaient à témoigner de leur admiration à la New Bethel Baptist Church, l'église de son père pasteur située dans un quartier mal famé de la capitale américaine de l'automobile.

Un homme est agenouillé devant la porte d'une église, où l'on voit des ballons, des bouquets de fleurs et des messages écrits.

Un homme rend hommage à Aretha Franklin devant la New Bethel Baptist Church, l'église de son père pasteur à Détroit

Photo : AFP / TIMOTHY A. CLARY

Jeudi, dès l'annonce de son décès d'un cancer du pancréas, l'église de son père est devenue un lieu de recueillement pour ses admirateurs qui s'y succédaient pour déposer des messages écrits, des bouquets de fleurs, des ballons et ours en peluche, avec comme fond sonore les grands succès de la chanteuse.

Les fans de la chanteuse défilaient aussi devant le Musée Motown, installé dans les anciens studios de la maison de disques du même nom qui a prévu de diffuser sa musique tout le week-end.

Un homme prend une photo du Musée Motown sur lequel est écrit « Hitsville USA ».

Le musée Motown, installé dans les anciens studios de la maison de disques du même nom à Détroit au Michigan

Photo : AFP / TIMOTHY A. CLARY

Même si Aretha Franklin n'a jamais enregistré d'album sous cette étiquette, son père ayant refusé qu'elle signe un contrat avec la maison de disques, sa musique a toujours été associée au son Motown.

Fred Zilian, professeur à l'Université du Rhode Island, venu à Détroit pour des retrouvailles avec d'anciens camarades de la prestigieuse école militaire de West Point, dansait avec sa femme devant le Musée Motown. « Je devrais être triste, car nous avons perdu Aretha Franklin, mais il fallait que je sorte dans la rue pour danser », a-t-il raconté en ajoutant qu'il adorait sa musique et celle de tous les artistes noirs qui ont fait la gloire des studios Motown dans les années 60. « Le pays se déchirait sur les questions raciales et, nous, comme vous pouvez le constater, nous sommes tous blancs, mais on s'en fichait, a-t-il déclaré à l'Agence France-Presse. Cela en dit long sur la capacité de rassembler qu'a la musique. »

« C'est vraiment étonnant. Évidemment, nous sommes tous tristes et nous avons le cœur brisé en pensant à sa mort, mais les gens affluent au Musée », a indiqué la directrice du Musée Motown Sheila Spencer.

En 1987, Aretha Franklin était la première femme à entrer au Temple de la renommée du rock and roll. En 2010, le magazine Rolling Stone l'avait placée en tête de sa liste des 100 plus grands chanteurs de tous les temps, hommes et femmes confondus.

Aretha Franklin avait chanté aux cérémonies d'investiture des présidents Jimmy Carter, Bill Clinton et Barack Obama.

La chanteuse, vêtue de gris, est de profil avec un microphone dans la main.

Aretha Franklin a chanté lors de la cérémonie d'investiture de Barack Obama le 20 janvier 2009

Photo : AFP/Getty Images / TIMOTHY A. CLARY

Celui qui a été le premier président noir de l'histoire des États-Unis lui a rendu, avec sa femme Michelle, un hommage appuyé. « Durant plus de six décennies, chaque fois qu'elle chantait, nous avions tous droit à une lueur divine. »

L'ancien président George W. Bush lui avait décerné en 2005 la médaille présidentielle de la Liberté, la plus haute distinction accordée aux civils.

Le président Donald Trump a salué la chanteuse sur Twitter : « La reine de la soul, Aretha Franklin, est morte. Elle était une femme exceptionnelle qui a bénéficié d'un merveilleux don de Dieu, sa voix. Elle nous manquera. »

Parmi les dizaines de ses chansons qui se sont hissées dans les palmarès, Respect – qui est considérée comme un hymne au féminisme, mais qui avait à l'origine été composée par Otis Redding –, est devenue le plus grand des succès de cette femme qui a été mère pour la première fois deux mois avant ses 13 ans. Elle a également eu un autre enfant à l'âge de 14 ans, puis deux autres fils, en 1964 et en 1970.

Malgré sa maladie, Aretha a donné des concerts jusqu'à la fin de 2017, dont son dernier pour la Fondation Elton John contre le sida, à New York, en novembre.

Aretha Franklin, vêtue de blanc, chante sur une scène un microphone à la main.

Photo : Getty Images / Dimitrios Kambouris

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