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Le rire de ma mère : Suzanne Clément en mère dolanienne

L'actrice porte une perruque blonde et regarde la caméra.

Suzanne Clément dans le rôle de Marie dans le film Le rire de ma mère

Photo : La Belle Company

Radio-Canada

CRITIQUE – Pour son huitième film français, Suzanne Clément interprète Marie, femme gravement malade qui fait face à la mort autant qu'à la perspective de laisser son fils Adrien sans mère. Pour le critique de Médium large Georges Privet, la Québécoise trouve ici un rôle qui semble sorti de l'univers de Xavier Dolan.

On comprend que Suzanne Clément a eu le rôle en grande partie à cause de l’association avec Xavier Dolan [dans Laurence Anyways et Mommy]. Elle a un manteau invraisemblable qui lui donne l’air d’un toucan, des perruques multicolores. Elle est flamboyante au possible.

Georges Privet

L’histoire prend son envol lorsque le jeune Adrien trouve le courage de s’imposer dans le monde et qu’il apprend que sa mère va mourir d’un cancer. La famille se recompose donc autour de l'adolescent, déjà fragilisé par la séparation de ses parents, pour l’aider à passer à travers cette épreuve.

Georges Privet n’a pas grand-chose à dire contre le film, sinon que l’histoire n’a pas réussi à l’émouvoir autant qu’elle aurait dû. « Après la première demi-heure, je me disais : "C’est fou, car ils évitent presque tous les pièges du mélodrame." C’est fait avec sobriété, sensibilité, le scénario est bien, les acteurs sont tous très bien, sauf qu’il y avait quelque chose qui faisait que je n’embarquais pas vraiment », raconte-t-il.

Un film inspiré d’une histoire vraie

C’est à mi-chemin du visionnement que Georges Privet a mis le doigt sur le bobo. L’histoire du garçon est occultée par celle de son père, Romain, et de sa nouvelle conjointe, qui est en fait un peu la véritable histoire du couple de réalisateurs du film, Colombe Savignac et Pascal Ralité.

La femme blonde et l'homme les cheveux grisonnants posent côte à côte.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les coréalisateurs du film Le rire de ma mère Colombe Savignac et Pascal Ralite à Angoulème le 24 août 2017.

Photo : AFP/Getty Images / AFP Contributor

Conjoints dans la vie, les deux cinéastes se sont inspirés de leur propre vie pour écrire le scénario du film. L’ancienne femme de Pascal Ralite, mère de son enfant, est morte d’un cancer. Colombe Savignac était la compagne de ce dernier l’époque.

Georges Privet trouve que le père et sa nouvelle compagne, Gabrielle, jouée par Sabrina Seyvecou, ont une importance assez grande dans le film. Un peu trop. La première partie présente la mère dans toute sa flamboyance et son exubérance. La deuxième partie est sur le père, sa relation avec son fils et sa nouvelle compagne qui s’affirme de plus en plus. La troisième partie appartient pleinement à l’enfant.

Ce n’est pas un hasard si dans l’histoire du cinéma, tous les grands films sur l’enfance […] privilégient le point de vue de l’enfant, car l’enfance est une expérience intensément subjective. On n’est pas trop conscient de ce qui se passe autour. On est dans son affaire.

Georges Privet

Dès lors, Georges Privet estime que lorsqu’on fait un film sur l’enfance où les autres sont présentés à égalité, le spectateur s’engage plus difficilement dans l’histoire.

Un homme et une femme entourent un adolescent et rient.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Pascal Demolon, Igor Van Dessel et Suzanne Clément dans une scène du film Le rire de ma mère

Photo : THIERRY VALLETOUX

Un autre bémol vient de la dernière partie du long métrage, qui tourne un peu au mélodrame alors que ce piège avait été évité pour la majorité du film.

« Cela dit, c’est quand même bien fait. Le problème, c’est qu’on a le côté Xavier Dolan avec la mère, deux ou trois scènes d’engueulade qui font penser au cinéma de Maurice Pialat, il y a des moments très [Claude] Sautet. On sent 1001 influences dans ce film […] non assimilées et non digérées par les réalisateurs. Je suis donc très divisé sur ce film, car il a objectivement plein de qualités admirables », explique Georges Privet.

Ce dernier qualifie Le rire de ma mère de bon film qui aurait pu être meilleur. « J’aimerais vous le recommander avec plus d’enthousiasme, mais j’ai cette espèce d’hésitation. »

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