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Maxim Baril-Blouin a été « victime du système », selon sa mère

Sylvie Salomon et son fils adoptif Maxim Baril-Blouin

« Pour nous les parents, c’est difficile. Tu sens que tu as abandonné ton enfant même si on te dit : "Non, non, c’est pas ça, tu sais bien qu’il a besoin de services."» , indique Mme Salomon.

Photo : Sylvie Salomon

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Sylvie Salomon, la mère du jeune Franco-Yukonnais Maxim Baril-Blouin croit qu'on se souviendra de son fils comme de quelqu'un qui vivait pleinement sa vie, mais les circonstances entourant sa mort la laissent amère.

On demande aux gens d’apporter des histoires, des anecdotes, de se souvenir des bons coups que faisait Maxim, se rappeler aussi comment la vie peut être difficile pour les gens qui sont atteints du syndrome d'alcoolisme foetal.

Une citation de : Sylvie Salomon, mère adoptive de Maxim Baril-Blouin

Maxim Baril-Blouin est mort à l’âge de 26 ans, le 13 juillet dernier, d’une surdose alors qu’il se trouvait en détention provisoire à Edmonton.

Vue sur un jeune homme qui sourit avec un chandail et une casquette.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Maxim Baril-Blouin est mort à la suite de ce qui semble être une surdose de drogue au centre de détention provisoire d'Edmonton vendredi dernier.

Photo : Famille Baril-Blouin

Qualifié d'accusé non criminellement responsable de ses actes et pris en charge depuis cinq ans par le système judiciaire du Yukon, le jeune homme s’est retrouvé en détention provisoire après avoir proféré des menaces auprès d’une intervenante de l’établissement où il était placé à Stony Plain, en Alberta.

Sylvie Salomon se rappelle combien son fils adoptif attendait avec impatience son retour au territoire. « Il rêvait [de revenir]. Il me téléphonait quatre ou cinq fois par jour pour me dire : "C’est sûr, là? C’est vrai? Tu ne me niaises pas?" », raconte-t-elle.

Il y a beaucoup, beaucoup de questions dans ma tête, mais malheureusement, moi, je n’ai plus mon fils. C'est très difficile de préparer une cérémonie et d'avoir toutes ces rancoeurs.

Une citation de : Sylvie Salomon, mère de Maxim Baril-Blouin

La Commission d’examen du Yukon, un système « imparfait »

Faute de services psychiatriques adaptés au Yukon, Maxim Baril-Blouin a été placé au fil des ans dans différents établissements médico-légaux d’autres provinces.

Son dossier était géré par la Commission d’examen du Yukon, une entité juridique composée de 10 experts juridiques et psychiatriques, en collaboration avec le ministère de la Santé et des Services sociaux, qui se charge des arrangements entre les provinces.

Richard Buchan à Whitehorse.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le président de la Commission d'examen du Yukon, Richard Buchan affirme qu'il n'y a pas d'autre choix que de placer certains accusés non criminellement responsables à l'extérieur du territoire. « Nous n'avons pas d'établissement au Yukon, et il ne serait pas rentable d'avoir un tel établissement ici ».

Photo : Radio-Canada / Claudiane Samson

Dans un rare entretien accordé à Radio-Canada, le président de la Commission, Richard Buchan, admet que le système n’est pas parfait, mais qu’il fait de son mieux, rappelant que le rôle de la Commission est de trouver l’équilibre entre la protection du public et les droits et libertés de ces individus.

La question est de savoir s’il y a un risque considérable [de récidive d’actes criminels]. Ce n’est jamais parfait. Il y a des moments où vous ajustez les conditions, les rendez un peu plus clémentes pour un accusé et il se retourne et fait quelque chose. [...] Parfois ce sont des superviseurs qui deviennent trop cléments par rapport aux directives de la Commission.

Une citation de : Richard Buchan, président de la Commission d'examen du Yukon

La Commission d’examen, explique M. Buchan, n’a pas la responsabilité de dicter le traitement des patients ni n’entreprendre d’enquêtes rétrospectives, une responsabilité, dit-il, qui revient aux coroners.

Pas d'autre victime, demande sa mère

« Il ne faut pas qu’il y ait d’autres victimes, Maxim a été une victime dans ce système », dit Sylvie Salomon.

Elle est d’avis que Maxim aurait eu un avenir s’il avait reçu le soutien nécessaire « près de sa famille proche, qui aurait pu le visiter plus souvent ».

« On n’est pas pire que d’autres, des spécialistes, on en a ici, des gens qui peuvent venir nous aider, on en a, on a ce qu’il faut au Yukon. »

Sylvie SalomonAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

« C’est vraiment le labyrinthe présentement je me sens comme dans un labyrinthe », Sylvie Salomon, mère.

Photo : Radio-Canada / Claudiane Samson

« Il faut continuer à se dire, pour chaque enfant qui vient dans les services, qu’est-ce qu’il est capable de faire et non pas dessiner un menu qui fait pour tout le monde. Derrière les barreaux, c’est certain qu'il ne va pas faire mieux », soutient-elle.

Un récent rapport sur les services au Centre correctionnel de Whitehorse recommande la création d’une unité médico-légale, mais les hauts placés du ministère de la Justice affirment que cette unité ne pourrait être utilisée que pour de courtes durées et ne remplacerait pas l’hospitalisation vers d’autres provinces.

Une question de droits de la personne

Selon la directrice de l'organisme de défense des individus atteints de syndrome d’alcoolisme foetal (FASSY), Wenda Bradley, le manque de ressources est un problème de droits de la personne au territoire.

Une étude du territoire a établi que 17 % des détenus du Centre correctionnel de Whitehorse sont atteints de ce syndrome, et que 14 % de plus pourraient l'être également.

Nous croyons que ces services devraient être disponibles. Ces gens sont des citoyens du Yukon qui méritent de pouvoir vivre au territoire et [d'y] obtenir les services dont ils ont besoin pour subvenir à leurs besoins en fonction de leur handicap, c’est-à-dire le syndrome d’alcoolisme foetal.

Une citation de : Wenda Bradley, directrice, FASSY

Le territoire, dit-elle, doit résoudre le problème et « cesser de faire avec ce qui est disponible ».

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