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L'immigration divise les chefs devant de jeunes électeurs québécois

Les détails avec Mathieu Dion

Économie, immigration, environnement et éducation : les quatre chefs des principaux partis, interrogés par de jeunes électeurs, ont clarifié leur position lors d'un événement organisé par l'Institut du Nouveau Monde (INM), vendredi soir, moins d'une semaine avant le lancement officiel de la campagne électorale.

Un texte de Romain Schué

Sur un ton majoritairement amical et détendu, les chefs du Parti libéral du Québec (PLQ), Philippe Couillard, de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, du Parti québécois (PQ), Jean-François Lisée, et la coporte-parole de Québec solidaire (QS), Manon Massé, ont répondu à 20 questions, sélectionnées parmi celles rédigées par 400 jeunes électeurs.

Devant 700 personnes réunies dans un amphithéâtre de l’Université Concordia, Manon Massé, Jean-François Lisée et François Legault ont notamment confirmé leur volonté de réformer le mode actuel de scrutin, en instaurant une dose de proportionnelle.

Cette « injustice » du système uninominal à un tour doit cesser, a clamé Manon Massé, avant d’être enlacée par le chef de la CAQ, tandis que Jean-François Lisée levait ses deux pouces, un grand sourire aux lèvres.

Manon Massé a ensuite invité « les boys » à « convaincre Philippe ». Ce dernier, qui n’est pas partisan de cette initiative, n’a pas bronché.

Un test de français qui divise

Cette bonne humeur a cependant disparu lorsque François Legault a évoqué sa volonté d’instaurer un test de français pour les nouveaux arrivants, notamment les adultes.

Pour le chef de la CAQ, au bout de trois ans, les immigrants doivent « réussir » un tel exercice sous peine de se retrouver « dans une situation illégale ».

C’est possible d’être nationaliste québécois sans être souverainiste. C’est possible de défendre le français sans être souverainiste.

François Legault, chef de la CAQ

Ces propos lui ont valu des sifflets dans la salle, alors que le patron de la CAQ a indiqué qu’il était possible de « négocier » avec le fédéral, seul gouvernement responsable des expulsions.

Un peu plus tard, Philippe Couillard a souligné le « besoin » pour la province d’accueillir de « nouveaux arrivants » afin de pourvoir de nombreux postes. « Il faut aller plus loin dans leur intégration à la société », a-t-il lancé.

« La meilleure façon d’intégrer une personne, ce n’est pas de l’éloigner six mois dans une salle de classe », a-t-il ajouté, en disant qu’il valait mieux leur offrir un emploi.

Nous croyons que le meilleur véhicule d’intégration, c’est l’emploi. On peut très bien franciser les gens dans le travail.

Philippe Couillard, chef du PLQ

Pas de baisse d’impôts pour le PQ

L’éducation a également été au cœur de ce dialogue, où les chefs ne pouvaient se répondre directement.

Jean-François Lisée a promis de ne pas baisser les taxes et les impôts, parce qu'ils servent notamment à financer l'éducation, ainsi que le système de santé.

« On aimerait ça promettre le beurre, l’argent du beurre et le sourire de la crémière, mais on ne le fera pas », a-t-il clamé, avec le sourire, en détaillant son vœu d’offrir la gratuité scolaire aux personnes à « revenus modestes ».

Le chef du PQ, qui aimerait des écoles « belles, éclairées et conviviales », a promis qu’en cas de victoire le 1er octobre, il proposera un projet de loi qui interdira de « réduire les budgets de l’éducation en bas de leur progression normale », soit l'inflation, a-t-il précisé.

L’éducation doit être la priorité permanente de la nation.

Jean-François Lisée, chef du PQ

Questionné sur un thème semblable, François Legault a confirmé son intention d’offrir la maternelle dès 4 ans. Pour l’égalité des chances, a-t-il dit, « on doit agir tôt ».

Pour récupérer du budget, a-t-il insisté, il souhaite « éliminer une partie de la bureaucratie, le gaspillage et les primes » distribuées dans « certaines sociétés d'État ».

QS défend l’environnement

À plusieurs reprises, Manon Massé a mis en avant la défense primordiale de l’environnement.

Dès son discours d’ouverture, elle a affirmé qu’« on est en train de scrapper notre planète », avant de s’adresser au jeune public. « Et vous êtes ceux qui vont vivre avec ces conséquences », a-t-elle mentionné.

On souhaite vous laisser une planète sur laquelle vous allez pouvoir travailler, élever vos enfants, accueillir, car vous allez être fiers d’être québécois.

Manon Massé, coporte-parole de QS

De son côté, Philippe Couillard a défendu le bilan en santé de son équipe en place depuis 2014.

Il a aussi promis une « stratégie étoffée, chiffrée et avec des moyens » pour lutter contre « la pression » subie par les jeunes dans les milieux universitaires.

Un poids démographique important

Ce dialogue a été organisé par l’Institut du Nouveau Monde dans le but de pousser les jeunes électeurs de 18 à 34 ans à aller voter.

Cette catégorie d'âge pourrait jouer un rôle important cette année, puisqu'elle représente plus du quart de la population en âge de voter.

Le taux de participation des 18-34 ans reste cependant fluctuant et surtout faible, élection après élection.

Poids démographique

  • 8,39 millions d'habitants au Québec (en 2017)
  • 6,84 millions en âge de voter
  • 1,80 million âgés de 18 à 34 ans

En 2014, 56 % des 18-24 ans et 60 % des 25-34 ans sont allés voter. Le taux de participation global était de 71 % lors de ces élections remportées par Philippe Couillard.

En 2008, ce taux était de 36 % pour les moins de 24 ans et de 42 % chez les 25-34 ans, avec une participation globale de 57,4 %.

Le Parti vert du Québec en colère

Des gens debout avec des pancartesDes membres du Parti vert du Québec ont manifesté pour dénoncer leur absence à ce dialogue destiné aux jeunes. Photo : Radio-Canada

Une vingtaine de militants du Parti vert du Québec ont manifesté mardi soir devant les locaux de l’Université Concordia. Plusieurs pancartes ont été brandies afin de dénoncer leur absence à cet événement, vue comme une « trahison de la démocratie ».

« C’est antidémocratique, a clamé Alex Tyrrell, le chef du parti, âgé de 30 ans. Les trois quarts de nos candidats ont moins de 35 ans, c’est ridicule de nous exclure. Les organisateurs privilégient le statu quo en donnant une tribune à des gens qui sont déjà médiatisés. »

Des représentants du Parti communiste révolutionnaire étaient également présents.

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