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Québec accorde des indemnités de 1000 $ à 46 700 $ par permis de taxi

Un rassemblement de chauffeurs de taxi à Montréal

Photo : La Presse canadienne / GRAHAM HUGHES/

Radio-Canada

Avec ce qu'a annoncé Québec vendredi, les titulaires de permis de taxi savent désormais combien ils recevront en indemnisations pour compenser les pertes entraînées par l'arrivée d'Uber dans l'industrie du transport rémunéré. Mais, pour les chauffeurs de taxi, il ne s'agit que d'une première manche. Pour eux, le cas d'Uber n'est pas réglé.

Dans le budget de mars dernier, le ministre des Finances, Carlos Leitao, avait promis 250 millions de dollars aux propriétaires de permis de taxi, mais sans préciser comment les sommes seraient distribuées.

On sait désormais que les détenteurs d'un permis au 27 mars 2018 recevront un montant de base de 1000 $.

Une indemnisation s'ajoutera à cette somme, selon les régions. La valeur des permis a été plus affectée dans les centres urbains que dans les banlieues et en région, a-t-on expliqué.

Ainsi, la plus grande compensation sera accordée aux propriétaires basés sur l'île de Montréal. Leur indemnité sera de 45 700 $ par permis, plus le montant forfaitaire de 1000 $.

Le ministre des Finances, Carlos Leitao, et le ministre des Transports, André Fortin.

Le ministre des Finances, Carlos Leitao et le ministre des Transports du Québec, André Fortin.

Photo : Radio-Canada

Il s'agit d'un programme d'aide financière, a-t-on fait valoir au ministère des Finances, et ce n'est pas le fruit d'une entente ni d'un consensus avec l'industrie du taxi.

Il y a 7600 permis de taxi au Québec, selon les chiffres du gouvernement. Plus de 4500 permis recevront l'indemnisation maximale de 46 700 $.

« Le gouvernement nous a écoutés »

Le porte-parole de Taxis du Grand Montréal (TGM), Michel Aboujaoudé, est satisfait du programme d'aide annoncé par Québec. Dans ses discussions avec le gouvernement, TGM avait fait front commun avec le Regroupement des intermédiaires de taxi de Québec (RITQ).

« Enfin, le gouvernement nous a écoutés, a déclaré M. Aboujaoudé sur ICI Radio-Canada Première. On ne voulait pas d'un recours collectif, on voulait que ce soit livré tout de suite aux propriétaires de taxi, et c'est le cas. »

Le TGM se réjouit du fait que les indemnités ne seront pas considérées par le fisc comme un revenu imposable, mais comme un gain en capital.

M. Aboujaoudé trouve matière à espoir dans le fait que le gouvernement a « lui-même dit qu'il voulait poursuivre les négociations » avec l'industrie du taxi. Il ne s'agirait donc pas d'un règlement final, et d'autres indemnisations seraient à venir, croit le porte-parole du TGM.

Il n'en reste pas moins que le Québec ira aux urnes le 1er ctobre, et que la campagne électorale débutera jeudi prochain. Cette réalité n'échappe à Michel Aboujaoudé : « Nous garderons l'œil sur les partis politiques dans la campagne dit-il, pour voir quelles sont leurs visions par rapport à ce sujet ».

Mais tous ne partagent pas la satisfaction du TGM et du RITQ.

Sur ICI RDI, un chauffeur n'a pas caché son mécontentement. « On n'est pas satisfaits de ce qu'ils font, d'affirmer Zinati Malek. S'ils veulent vraiment régler le problème, il faut qu'ils [le gouvernement] rachètent les permis ou qu'ils enlèvent Uber complètement. »

Le cas Uber

En mars 2017, le gouvernement du Québec avait décidé de reconduire le projet pilote lancé l'année précédente avec Uber. Puis, en septembre dernier, le gouvernement Couillard s'était dit prêt à encadrer de manière plus serrée les activités d'Uber, afin que la situation soit plus équitable pour d'autres acteurs de l'industrie.

Pour Michel Aboujaoudé, du TGM, le cas d'Uber est loin d'être réglé. « Tous les joueurs devraient avoir les mêmes règles, insiste-t-il. Uber, pour fonctionner au Québec, devrait avoir des permis de taxi. »

« Le projet pilote [avec Uber] pour nous est illégal, inéquitable », ajoute-t-il. « Que va-t-il se passer [pour Uber]? Comment va-t-il fonctionner? »

Dans l'éventualité où les quelque 500 chauffeurs d'Uber poursuivraient leurs activités au Québec, les titulaires de permis de taxi verraient la valeur de ces derniers chuter encore davantage, estime le porte-parole de TGM. Des familles de chauffeurs de taxi ont connu de graves difficultés financières pouvant mener jusqu'à la faillite, selon M. Aboujaoudé. Même qu'il y a eu « des suicides dans l'industrie », ajoute-t-il.

Dans la deuxième phase de négociations avec Québec, l'industrie du taxi est donc déterminée à aborder la question d'Uber tout autant que celle d'indemnités supplémentaires. « Les deux devraient aller ensemble », conclut M. Aboujaoudé.

Autres annonces

Québec a fait deux autres annonces vendredi concernant l'industrie du taxi. Le gouvernement procède à la fusion de certaines agglomérations de taxi à Québec et à Saint-Jérôme.

De plus, il lance un programme pour contribuer à la modernisation et à la bonification de l'industrie.

Par exemple, des montants forfaitaires de 3000 $ à 8000 $ seront accordés aux propriétaires de véhicules hybrides rechargeables ou de véhicules électriques.

Des fonds seront aussi disponibles pour l'implantation d'outils technologiques visant à améliorer le service, ainsi que pour la création d'une image de marque.

Avec les informations de La Presse canadienne

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