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L'archevêque de Montréal ouvert à l'idée d'un « audit » pour débusquer de possibles pédophiles

Une statue à l'entrée d'une église.

L'archevêque de Montréal se dit favorable à un « audit externe » pour faire la lumière sur d'éventuels crimes à caractère sexuel.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

L'archevêque de Montréal, Christian Lépine, ne ferme pas la porte à un « audit » de l'Église au Québec pour faire la lumière sur de possibles cas d'agressions sexuelles commises par des prêtres et autres religieux contre des mineurs.

En entrevue à l'émission Midi info, Mgr Lépine a ainsi évoqué une vérification externe des agissements de l'Église, dans la foulée du scandale ayant révélé, cette semaine, que quelque 300 prêtres de la Pennsylvanie avaient sexuellement agressé et violé au moins 1000 personnes mineures au moment des faits.

« Cela permettrait de vérifier les choses [...], de faciliter [la marche à suivre] pour que de possibles victimes puissent porter plainte », a-t-il déclaré.

S'il reconnaît « qu'il y a probablement des enjeux » dont il faut tenir compte, l'archevêque de Montréal croit qu'une vérification effectuée « dans les règles de l'art et selon la loi » est envisageable.

Toujours selon Mgr Lépine, l'Église peut certes mener elle-même une grande enquête dans ses rangs, mais cette méthode serait susceptible d'être critiquée, justement parce que l'Église enquêterait sur ses propres agissements.

Vive réaction

« Estomaqué, abasourdi... », l'archevêque de Montréal ne manque d'ailleurs pas de mots pour décrire sa réaction face au nouveau scandale touchant l'Église américaine. « On se demande comment ça peut arriver », poursuit l'homme de foi, qui dit éprouver une « grande tristesse ».

Ce qui semble d'ailleurs choquer le prélat, c'est le fait de s'appuyer sur un « manque de transparence, de droiture, de volonté de dire la vérité », une façon d'agir « dépassée », croit-il, en évoquant « le défi de se ressaisir ».

Aux yeux de l'archevêque, les réformes entamées par l'Église depuis bientôt une dizaine d'années sont insuffisantes, « puisqu'il s'agit d'un processus en cours ».

Mgr Lépine en a également contre la méthode consistant à transférer les prêtres agresseurs vers d'autres paroisses pour éviter que les crimes ne soient révélés au grand jour.

Cela ne protège personne. Cela ne protège certainement pas les victimes potentielles, cela ne protège pas l'Église. Je ne sais pas qui cela protège.

Mgr Christian Lépine, archevêque de Montréal

Aujourd'hui, poursuit l'archevêque, cette façon de cacher les coupables « fragilise » les victimes, en plus de leur nuire, mais aussi de nuire à leurs proches.

L'Église encourage d'ailleurs d'éventuels plaignants adultes à contacter directement les autorités civiles pour entraîner le déclenchement d'une enquête judiciaire qui suivrait son cours en parallèle des vérifications internes effectuées par les autorités religieuses.

Dans le cas où une victime est mineure, ou était mineure au moment des faits, les autorités civiles sont contactées immédiatement, précise Mgr Lépine.

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