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Crazy Rich Asians, une comédie à gros enjeux pour la communauté asiatique

Michelle Yeoh regarde Henry Golding qui tient la main à une Constance Wu souriante dans le film «Crazy Rich Asians».
Michelle Yeoh, Henry Golding et Constance Wu dans le film Crazy Rich Asians Photo: Warners Bros.
Agence France-Presse

Tempête sur les réseaux sociaux, déferlement médiatique : le film Crazy Rich Asians, sorti mercredi au Québec, déchaîne les passions aux États-Unis et au-delà. Le long-métrage est en effet présenté comme un étendard d'une communauté avec sa distribution 100 % asiatique.

Le long métrage est adapté du livre du même nom, écrit par Kevin Kwan et traduit en français sous le titre Singapour millionnaire (2013).

Après les premières projections de mercredi, les estimations ont été relevées et voient désormais le film approcher 30 millions de dollars de recettes en Amérique du Nord dès dimanche, soit son budget de production.

Il s'agit du premier film d'un studio hollywoodien porté par des acteurs d'origine asiatique depuis The Joy Luck Club, une production beaucoup plus modeste, d'il y a 25 ans.

Dans Crazy Rich Asians, comédie romantique de facture très classique, Rachel Chu (Constance Wu), New-Yorkaise d'origine chinoise et professeure à l'université NYU, accepte de rendre visite à la famille de son petit ami, Nick Young (Henry Golding), à Singapour.

Elle y découvre que Nick est l'héritier d'une famille de promoteurs immobiliers d'origine chinoise parmi les plus riches d'Asie. La jeune femme se trouve alors confrontée à un milieu dont elle ignore tout.

Ci-dessous la bande-annonce (en anglais) de Crazy Rich Asians

Le film joue la carte glamour et jet-set à grands coups de faste. Les demeures sont gigantesques et les robes, dessinées par des créateurs, au sein de la très haute société des Chinois de Singapour.

Rachel a failli être blanche

À Hollywood, choisir des acteurs d'origine asiatique pour jouer des personnages qui le sont aussi n'allait pas de soi. Kevin Kwan a ainsi affirmé avoir refusé une première adaptation dans laquelle Rachel aurait été blanche.

Selon une étude de l'université californienne USC Annenberg, 44 des 100 films qui ont réalisé les meilleures recettes en 2016 aux États-Unis n'avaient aucun personnage d'origine asiatique.

Néanmoins, le « blanchiment », nom donné à la tendance hollywoodienne de tout confier à des Blancs, ne passe plus aussi bien aujourd'hui. Une série de polémiques récentes en témoigne.

Ainsi, la décision de confier à Scarlett Johansson le rôle l'héroïne de Ghost in the Shell (2017), un personnage a priori asiatique, a déclenché des mouvements de protestation d'une ampleur inédite. Même chose pour Tilda Swinton, choisie pour jouer l'Ancien dans Docteur Strange (2016).

« J'espère que dans 10 ans, nous repenserons à ce moment et nous aurons oublié. Une distribution entièrement asiatique? C'était un sujet? », a expliqué le réalisateur Jon M. Chu lors d'un entretien à la chaîne CBS, diffusé mercredi.

Le réalisateur Jon M. Chu regarde l'objectif de la caméra devant un grand panneau faisant la promotion du film « Crazy Rich Asians ».Le réalisateur Jon M. Chu Photo : Getty Images / Alberto E. Rodriguez

Le cinéaste ne cache pas s'être mis une pression colossale pour ne pas décevoir, cherchant les bons accents, l'exactitude des références culturelles et la musique adaptée.

Vous sentez que votre film est plus que pour vous-même. […] Nous sommes au début d'un voyage, et je crois que [ce film] en ouvre la porte.

Jon M. Chu

La comédienne d'origine chinoise et malaisienne Michelle Yeoh, qui incarne la mère de Nick dans le film, a déjà obtenu des premiers rôles à Hollywood. Pourant, « cette fois, c'est différent, parce que le moment est venu pour nous », a-t-elle expliqué lors d'une interview au site Build.

Beaucoup ont en tête un autre tournant qu'a pris Hollywood cette année avec Panthère noire (Black Panther), superproduction où le héros et la plupart des personnages sont noirs.

« Il est temps que nous soyons représentés » au cinéma et à la télévision, a poursuivi Michelle Yeoh, héroïne de Tigre et dragon (2000). « Regardez autour de nous. Nous sommes une culture très variée. Les Asiatiques, les Afro-Américains, nous appartenons à l'ADN de cette société ici aux États-Unis. »

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