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La géo-ingénierie n’est pas une solution miracle aux changements climatiques

Un paysage montagneux sous un ciel nuageux.
La géo-ingénierie est une méthode de contrôle du climat envisagée afin de freiner les changements climatiques. Photo: iStock
Radio-Canada

Contrôler le climat pour réduire l'impact des changements climatiques? Si certains craignent que la géo-ingénierie n'entraîne des réactions imprévues, d'autres croient plutôt que cette technique pourrait ne rien changer au cours des choses.

Un texte de Renaud Manuguerra-Gagné

La géo-ingénierie est une méthode de contrôle du climat qui peut prendre plusieurs formes. Ces dernières années, la technique dont on parle le plus consiste à faire diminuer la température de la Terre en épandant dans l’atmosphère des produits capables de réfléchir une partie des rayons du soleil.

Toutefois, plusieurs craignent qu’au lieu d’être une solution de dernier recours, cette approche n’aggrave plutôt la situation en déclenchant une réaction dont on ne connaît pas toutes les conséquences.

Une équipe de chercheurs a donc tenté d’évaluer les résultats possibles qu’aurait une baisse de la lumière du soleil sur la température (Nouvelle fenêtre), mais aussi sur les plantes qui en dépendent.

Retourner aux sources

Le volcan Fuego entre en éruption au Guatemala.La température sur Terre diminue après une éruption volcanique majeure. Fuego Photo : iStock / John Crux

Pour ce faire, l’équipe a étudié l’effet de certains volcans, car ce sont eux qui ont inspiré cet aspect de la géo-ingénierie.

Quand un volcan entre en éruption, il libère des millions de tonnes de gaz. Le plus intéressant pour le climat est le soufre. Bien qu’invisible, en se combinant avec de l’eau dans l’atmosphère, il entraîne la production de fines gouttelettes d’acide sulfurique qui ont la propriété de réfléchir très efficacement les rayons du soleil.

L’effet planétaire de ces particules est mis en évidence lors d’éruptions massives. Par exemple, en 1991, quand le mont Pinatubo est entré en éruption en Indonésie, la quantité de soufre qu’il a relâché a diminué la température mondiale de 0,5 °C pendant deux ans.

Pour plusieurs chercheurs, relâcher en grande quantité ce même type d’agents dans l’atmosphère pourrait temporairement diminuer la température de la Terre, juste assez pour nous procurer le temps nécessaire pour réduire nos émissions de CO2.

Toutefois, la raison pour laquelle aucun pays ne s’est encore lancé dans l’aventure est la crainte de déclencher une catastrophe s’il survient un imprévu.

L’agriculture piégée entre lumière et chaleur

Les changements climatiques actuels vont entraîner une baisse des rendements agricoles au cours des prochaines années (Nouvelle fenêtre), que ce soit à cause de vagues de chaleur ou de sécheresses.

Diminuer l’apport de chaleur du soleil grâce à la géo-ingénierie pourrait aider l’agriculture, mais cela pourrait aussi diminuer la quantité de lumière nécessaire à la plante pour grandir.

Donc, si on envoie des aérosols dans la haute atmosphère, qu’est-ce qui va jouer le plus? Les effets positifs ou les effets négatifs?

Pour le vérifier, les chercheurs ont étudié les conséquences des éruptions volcaniques les plus importantes du siècle dernier.

À première vue, la baisse de lumière due aux émissions de soufre ne nuit pas aux plantes. D’autres études ont déjà montré que l’éruption du mont Pinatubo, par exemple, a été suivie d’une plus grande croissance des forêts à travers le monde et a augmenté la photosynthèse.

Par contre, les données de la nouvelle étude montrent que l’inverse se produit en agriculture. Dans l’année qui a suivi l’éruption, la baisse de lumière a entraîné une chute de la production du maïs de 9 %, tandis que celles du soya, du blé ou du riz ont baissé de 5 %.

En se servant de ces résultats, les chercheurs ont calculé que la géo-ingénierie n’aiderait pas l’agriculture à affronter les changements climatiques. Bien qu’elle aiderait les plantes en réduisant la chaleur, la baisse de luminosité diminuerait leur production de fruits, cela se solderait ainsi par un impact nul.

Pour les experts, cette étude ne veut toutefois pas dire que la géo-ingénierie ne sert à rien, seulement qu’il faut comprendre toutes les conséquences de nos actions avant de jouer à l’apprenti sorcier.

Science