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Le titre de Tesla chute fortement après qu'Elon Musk s'est dit épuisé

Les tuiles s'accumulent sur le président de Tesla, Elon Musk, qui a reconnu travailler 120 heures par semaine.

Photo : Reuters / Toru Hanai

Agence France-Presse

Le titre du constructeur automobile Tesla a chuté fortement vendredi, alors que les ennuis s'accumulaient pour le fabricant de voitures électriques et son imprévisible patron Elon Musk, qui s'est longuement confié au New York Times sur son état d'« épuisement » et de stress.

À la Bourse de New York, l'action Tesla a fini en baisse de 8,93 %.

Elon Musk doit jongler dans l'immédiat entre un tweet controversé qu'il a publié début août et qui a suscité une pagaille boursière, la révélation dans les médias d'enquêtes sur les informations concernant un des modèles de Tesla, et la plainte d'un ancien employé.

L'année écoulée a été l'année la plus difficile et la plus douloureuse de ma carrière [...] C'était atroce.

Elon Musk, au New York Times

Le quotidien américain le décrit comme « passant du rire aux larmes » au cours de la conversation et s'étranglant à plusieurs reprises sous le coup de l'émotion.

Visiblement épuisé au cours de l'entrevue, le PDG de 47 ans affirme travailler 120 heures par semaine, ne pas avoir pris plus d'une semaine de vacances depuis 2001 et manquer des événements familiaux.

Il a révélé qu'il prenait des somnifères puissants pour trouver le sommeil et confié qu'il avait approché la directrice des opérations de Facebook, Sheryl Sandberg, pour lui proposer de devenir le numéro deux de Tesla.

Le tweet qui a déclenché une tempête

Selon la presse américaine, le gendarme de la bourse (SEC) a demandé des explications au groupe après un tweet du 7 août de M. Musk évoquant son intention de retirer Tesla de la cote au prix de 420 $ l'action et déclarant avoir un « financement assuré » pour cette opération.

Le titre avait bondi de 11 % le même jour. Un gain qu'il avait entièrement effacé vendredi.

La SEC voudrait savoir si ces informations étaient bien réelles et aurait envoyé une demande formelle en ce sens, signe de l'ouverture d'une enquête officielle.

Le gendarme de la bourse aurait aussi, selon le Wall Street Journal, envoyé des requêtes aux membres du conseil d'administration de Tesla pour savoir dans quelle mesure ils étaient au courant du projet de M. Musk.

Le PDG de Tesla affirme ne pas « regretter » cette annonce qui rompt avec les usages en matière de communication financière, évoquant un effort de transparence et assurant qu'il a agi seul, rapporte le New York Times.

Le Model 3 2018 de Tesla

Le Model 3 2018 de Tesla

Photo : Associated Press / David Zalubowski

Des informations erronées sur le Model 3?

Dans un autre dossier, la SEC a, selon le Wall Street Journal, envoyé en 2017 à un sous-traitant du fabricant de voitures électriques une requête officielle, afin de tenter de déterminer si le groupe n'avait pas fourni des informations erronées au sujet de la production du Model 3, destiné au grand public.

Tesla connaît depuis son lancement d'importants problèmes de production entraînant des retards de livraison.

Elon Musk, coutumier des coups de sang et des messages controversés sur Twitter, avait dans un premier temps affirmé vouloir produire 200 000 véhicules pour fin 2017, estimation ensuite révisée à 20 000 voitures.

En fin de compte, le groupe en a produit 2700 l'an dernier, rappelle le Wall Street Journal.

Soupçons d'espionnage d'employés

À ces enquêtes de la SEC s'est ajoutée jeudi l'annonce d'une plainte d'un ancien salarié de Tesla déposée le 9 août auprès de l'autorité par le cabinet d'avocats qui le représente, Meissner Associates.

Selon Karl Hansen, qui travaillait au sein d'un service chargé de la sécurité interne jusqu'en juillet, Tesla aurait espionné des salariés en piratant notamment leurs téléphones portables et leurs ordinateurs.

Contacté par l'AFP, Tesla assure que les accusations de M. Hansen « ont été prises très au sérieux » quand il les a portées à l'attention du groupe.

Certaines de ces affirmations sont « simplement mensongères », selon Tesla. D'autres « n'ont pas pu être corroborées » et le groupe a alors suggéré « d'engager des mesures d'enquête supplémentaires ».

Je pensais que le pire était passé, je pensais que c'était fini. [...] Le pire est passé d'un point de vue opérationnel [pour Tesla], mais du point de vue de la douleur personnelle, il est encore à venir.

Elon Musk, au New York Times
Une voiture Tesla en rechargement

Une voiture Tesla en rechargement

Photo : Getty Images / Sean Gallup

Haro sur les ventes à découvert

M. Musk s'en est également pris dans le New York Times aux investisseurs qui spéculent sur la baisse du cours de Tesla, une stratégie boursière connue sous le nom de « ventes à découvert », expliquant qu'ils étaient responsables « d'une grande partie de son stress ».

Selon le journal américain, qui ne cite pas ses sources, Tesla tente de trouver un numéro deux afin de « soulager M. Musk de certaines pressions ».

Le principal intéressé a assuré au New York Times qu'il ne comptait pas abandonner ses fonctions à la tête de Tesla.

Cependant, Elon Musk a ajouté : « Si quiconque peut faire mieux que moi, tenez-moi au courant. Il peut avoir le poste. »

Pour Roger Kay, analyste chez Endpoint Technologies Associates, « une partie du problème est la nécessité [pour le PDG] de rester concentré ».

« Il est seul et il a de multiples compagnies. Chacune d'entre elles a besoin de l'attention unique d'un dirigeant », estime-t-il.

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