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Du nucléaire en Saskatchewan? Pas avant 2030, selon SaskPower

Le reportage de Raphaël Beaumont-Drouin
Radio-Canada

Le paysage saskatchewanais n'est pas près de compter des centrales nucléaires, selon SaskPower. Même dans les scénarios les plus optimistes, cette énergie mettrait de 12 à 15 ans à s'implanter dans la province, comme l'explique la société d'État.

Un texte de Raphaël Beaumont-Drouin

Ce n’est pas d’hier que la question du nucléaire survient en Saskatchewan. Le porte-parole de SaskPower, Jonathan Tremblay, estime que c'est dans l'air depuis au moins les années 1970.

La province possède une des plus grandes réserves d’uranium au monde, mais utilise toujours le charbon et le gaz naturel comme principales sources d'électricité.

Afin de réduire sa dépendance aux énergies fossiles, le gouvernement saskatchewanais veut se tourner vers d’autres sources d’énergies, renouvelables ou moins polluantes.

Il vise donc à ce que la moitié de l’énergie de la Saskatchewan provienne de sources renouvelables d’ici 2030. Une recommandation faite par SaskPower dans la stratégie saskatchewanaise pour le climat, publiée en décembre 2017.

Parmi les solutions considérées par SaskPower comme étant moins polluantes il y a l’énergie éolienne, solaire et géothermique.

Pour ce qui est du nucléaire, Jonathan Tremblay répond que, même si cette énergie est efficace et émet peu de CO2, son implantation en Saskatchewan serait difficile.

« Un des problèmes-clés avec le nucléaire, c’est que c’est trop gros pour notre grille [électrique] », résume-t-il.

Implanter une centrale comme celles de l'Ontario déséquilibrerait le réseau de distribution d'électricité de la Saskatchewan, selon M. Tremblay.

Un constat partagé par John Root, directeur du Centre canadien de l’innovation nucléaire Sylvia-Fedoruk, à Saskatoon.

« Le modèle d’usine nucléaire canadienne est trop gros pour notre nombre d’habitants. Ça ne ferait pas juste donner une charge d’énergie de base. Ça alimenterait tout », conclut-il.

La plus petite centrale nucléaire au pays, la centrale de Pickering, située sur les rives du lac Ontario, a une capacité de production de 3100 mégawatts (MW). En comparaison, la Saskatchewan avait une capacité de production totale de 4558 MW en 2016, d'après les données de l’Office national de l’énergie.

Jonathan Tremblay affirme que même une usine trois fois plus petite que Pickering serait trop encombrante pour la grille électrique saskatchewanaise.

Si on construit une unité nucléaire [de 1 MW], ce n'est pas acceptable que si l’on perd cette unité nucléaire, on perde le quart de la grille. Donc, il faut alors construire deux unités nucléaires. C'est un investissement de plusieurs milliards. C'est trop gros pour notre grille, on n'a pas besoin de quelque chose comme ça.

Jonathan Tremblay

« Ça prend une technologie qui est plus petite. Et de ce qu’on en sait, il n’y a rien qui a encore été conçu au Canada qui pourrait être déployé », indique de son côté, John Root.

C’est principalement le facteur de la taille qui explique la réticence de SaskPower à se lancer dans le nucléaire.

Et même si la technologie existait, il faudrait au minimum de 12 à 15 ans pour voir une usine nucléaire apparaître dans la province, selon Jonathan Tremblay. Le processus exigerait également que SaskPower organise des consultations publiques.

Parce que, explique-t-il, outre la taille des usines, se dressent également les obstacles de la réglementation, de la gestion des déchets nucléaires et de l’acceptabilité sociale.

Viser petit

En février, Ottawa a remis un mandat à l'Association nucléaire canadienne, celui de se pencher sur le potentiel d'utilisation de petits réacteurs modulaires au pays.

Ces centrales nucléaires de format réduit, qui produiraient une plus petite quantité d'énergie, sont le sujet d'une étude d'un demi-million de dollars. Une feuille de route devrait être dévoilée à l’automne.

Aucune construction de petits réacteurs nucléaires modulaires n’est prévue au Canada, selon la Société nucléaire canadienne.

Le mois dernier, le Nouveau-Brunswick a annoncé un partenariat de recherches avec une société américaine qui veut élaborer des réacteurs nucléaires produisant 100 MW d’électricité.

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