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Le père Comeau avait un doctorat de la Sorbonne, se souvient un ancien élève

Une capsule réalisée par Francis Marchildon
Radio-Canada

Les Oblats de Marie Immaculée ont fait plus que de transmettre leurs nombreuses connaissances aux élèves du Collège, d'après un ancien de cette communauté religieuse, Fernand Binette. Ils devaient, entre autres, assurer la discipline et surveiller les dortoirs.

« Moi, j'ai été gardien de dortoir, j'ai été préfet de discipline, j'ai été préfet des études », se souvient l’ancien père. Il raconte que, comme les élèves, les oblats étaient constamment occupés. Ces derniers ne prononçaient pas de voeux religieux, mais faisaient voeu de pauvreté. Fernand Binette se rappelle qu'il recevait 20 $ par mois pour son travail d'oblat, dans les années 1960.

Ces professeurs arrivaient à Gravelbourg avec différents bagages. Un ancien élève du Collège Mathieu se souvient des plus érudits. « J'ai eu un professeur, le père Comeau. Il avait un doctorat de la Sorbonne. De la Sorbonne », s'exclame Paul Cenerini, collégien de 1960 à 1965. Il estime que le programme du cours classique au Collège Mathieu était formidable.

Dans le livre Une pépinière de chefs : l’histoire du Collège Mathieu, 1918-1998, Lise Lundlie raconte l’évolution du cours classique. Entre l'arrivée des oblats, en 1920, et la fin de leur enseignement, quelque 50 ans plus tard, le programme variait beaucoup, notamment parce que le Collège devait s'ajuster en fonction des directives de l’Université d’Ottawa. L'auteure mentionne malgré tout que le développement intellectuel et physique des élèves était une priorité, tout au long de l'histoire du Collège. L'aspect religieux de l'enseignement était également très présent jusqu’au retrait des oblats, en 1976.

Quand j’étais élève, la religion était omniprésente. Ça faisait partie de la vie quotidienne.

Réal Forest, président actuel du C. A. du Collège Mathieu

Un ancien du Collège Mathieu, Réal Forest, qui a aussi été directeur de l'établissement, explique qu'à l'époque du cours classique il n'était pas question de la 8e ou de la 9e année, par exemple. « On parlait d'Éléments, Syntaxe, Méthode, Versification, Belles lettres... Le postsecondaire, c'était Rhétorique, Philo 1, Philo 2 », précise-t-il.

Celui qui d'ailleurs été maire de Gravelbourg durant cinq ans ajoute que c'est vers 1968 que le cours classique a pris fin. Il estime que la diminution du nombre d'inscriptions y était pour quelque chose.

Des musiciens assis sur des chaises, en cercle, avec des instruments et des habitsLa musique au Collège Mathieu dans les années 1920 Photo : Société historique de la Saskatchewan

Musique, théâtre, sport

Le livre de Lise Lundlie s'intéresse aussi aux activités parascolaires des jeunes inscrits au Collège Mathieu. En plus des classes entrecoupées de messes et de périodes consacrées aux devoirs, les élèves devaient participer aux activités sportives et culturelles. Les collégiens avaient différentes options, comme l'ensemble musical à huit chanteurs, l'Octopus, ou encore la chorale, le basketball et l'équipe de hockey. Une fanfare a aussi vu le jour vers 1922.

L'Octopus et la chorale, c'était un outil de recrutement pour le Collège.

André Moquin, ancien collégien, membre fondateur de l'Octopus

D'après André Moquin, il n'y avait pas de temps mort au Collège. Ce dernier y a étudié de 1958 à 1965. Il raconte que tous les élèves devaient participer à une activité. Le sourire aux lèvres, il souligne que, comme membre fondateur de l'octet du Collège, l'Octopus, il a eu la chance de participer à une activité qu'il considère comme étant un peu plus « sélecte ».

Vers la fin du cours classique

L'auteure Lise Lundlie, qui a travaillé durant sept ans à la rédaction de son livre sur le Collège Mathieu, explique que l'établissement a connu des années difficiles. « Les difficultés financières du Collège étaient permanentes », précise-t-elle dans une entrevue. D'après elle, l'administration des lieux coûtait cher, et même si les enseignants oblats obtenaient un petit salaire, elle croit que c'était néanmoins un obstacle financier important.

Les difficultés financières font également partie des raisons qui ont mené à la fin du cours classique. Comme le souligne Lise Lundlie, la gestion du Collège revenait cher, mais les parents trouvaient aussi que les inscriptions étaient chères.

De plus, comme autre élément précurseur, l'historien et auteur Laurier Gareau estime que le concile Vatican II, au début des années 1960, a pu jouer un rôle. Selon cet ancien collégien qui a justement vécu la transition entre le cours classique et la nouvelle réalité du Collège, la réforme religieuse a eu pour conséquence de raréfier le personnel enseignant.

Il y a beaucoup d’oblats ou d’autres prêtres séculiers, comme chez les religieuses, qui ont tout simplement abandonné leurs voeux pour se marier ou faire d'autres choses.

Laurier Gareau, ancien élève du Collège Mathieu

La fin d'une époque, selon André Moquin, qui estime que cela a représenté une perte pour le Collège. Il ajoute que, sans le cours classique, le statut de l'établissement s'est détérioré.

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