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Des mèmes en français, en milieu minoritaire, font fureur sur Instagram

Capture d'écran du compte Instagram frskmemes
En quelques mois, le compte Instagram @frskmemes a attiré des centaines d'abonnés. Photo: Instagram
Radio-Canada

Un compte Instagram anonyme et collectif de mèmes Internet a beaucoup de succès chez les Fransaskois et les francophones de l'Ouest canadien. Plusieurs disent y voir un moyen de se lier à la culture populaire.

Un texte de Lise Ouangari

En quelques mois, le compte Instagram frskmemes a réussi à attirer 700 abonnés en publiant des mèmes Internet qui traduisent avec humour des situations dans lesquels se retrouvent bons nombre de Fransaskois et francophones en milieu minoritaire.

Un mème Internet est une image, une vidéo ou un texte humoristique très populaire sur les réseaux sociaux.

« frskmemes est une façon pour les Fransaskois non seulement de consommer du contenu qui reflète l'identité fransaskoise, mais aussi d’en produire, de s’engager dans sa communauté et d'exprimer les fiertés et les défis qu’ils vivent tous les jours », ont expliqué par courriel ceux qui se décrivent comment étant les administrateurs du compte Instagram. Ils disent également s'être inspirés des comptes de mèmes franco-ontariens, acadiens ou encore du Festival du Voyageur au Manitoba.

Les administrateurs souhaitent garder l’anonymat, car ils veulent que frskmemes soit « une plateforme par et pour les Fransaskois », de façon à « représenter la communauté fransaskoise entière, et non un groupe d’individus ».

Ils confient d'ailleurs qu'ils ont été surpris par le nombre de messages, de contributions et de soutien qu’ils ont reçus de la part de leurs abonnés.

Jacqueline Perrault-Cyr, de Zenon Park, explique avoir contribué plusieurs fois à la page dans laquelle elle affirme se reconnaître.

« C'est des mèmes qui touchent exactement à ma réalité de francophone en milieu minoritaire. Des fois, notre situation est difficile, ça nous permet d'en rire plutôt que d'en pleurer », explique-t-elle.

Elle confie que le fait d'avoir contribué au compte répondait à un désir de se rattacher à des situations vécues en dehors des grandes villes. « C'est montrer que c'est une réalité qui est vécue un peu partout, comme moi, je suis à Zenon Park, puis des fois, j'ai l'impression que tout vient de Saskatoon et de Regina. Alors j'aime représenter aussi mon petit coin », précise-t-elle.

On a vraiment une réalité bien à nous et c'est important d’avoir un point de ralliement où on peut partager des choses, se regrouper et puis se sentir moins seul.

Jacqueline Perrault-Cyr

Émilie Lebel, une artiste fransaskoise qui a aussi contribué au compte, ajoute que c’est une bonne façon de renforcer le lien d’appartenance des jeunes. « Ça rassemble vraiment plus les jeunes, puis ça crée ce sens d'appartenance dont les jeunes ont besoin, et puis c'est une façon de connecter avec nous autres », explique-t-elle.

C'est drôle, c'est des choses qu'on vit tous les jours, c'est une manière plus familière pour avoir ce sens d'appartenance.

Émilie Lebel, une artiste fransaskoise

Revitaliser la culture fransaskoise

Zoé Fortier, une artiste visuelle qui a déjà animé des ateliers pour apprendre à faire des mèmes dans les langues minoritaires, croit que frskmemes contribue à raviver la culture fransaskoise.

« Ça répond à un désir profond de pouvoir voir la Fransaskoisie comme quelque chose qui appartient au domaine de la culture populaire. C'est vraiment plaisant de voir des références visuelles qui sont recyclées dans la culture populaire sur les réseaux sociaux, mais utilisées à travers la perspective fransaskoise », estime-t-elle.

L'artiste visuelle Zoé Fortier qui porte un chapeau devant dehors devant une peinture murale colorée. L'artiste visuelle Zoé Fortier avait organisé dans le passé des ateliers en cri, espagnol et français pour SaskCulture à Saskatoon et à Prince-Albert pour apprendre à faire des mèmes. Photo : Radio-Canada

C'est vraiment une façon de faire vivre et de perpétuer la culture et la langue françaises dans l'Ouest canadien.

Zoé Fortier, artiste visuelle

« C'est vraiment de petits bouts de blagues ridicules qui permettent à des cultures de discuter ou de réfléchir sur la réalité du quotidien, mais d'une façon très légère et loufoque », ajoute-t-elle.

Beaucoup de Fransaskois, mais aussi des francophones qui ne sont pas de la Saskatchewan, suivent cette page. Un mystère demeure toutefois, à savoir l'identité de ceux ou celles qui sont à l'origine de ce mouvement numérique bien à eux.

Saskatchewan

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