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La Vérif : la notoriété des sportifs, un succès garanti en politique?

Les explications de Vincent Maisonneuve.

Les analogies entre le sport et la politique sont monnaie courante. Enrico Ciccone a multiplié les allusions à son passé de joueur de hockey pour promouvoir sa candidature pour les libéraux dans la circonscription montréalaise de Marquette. Être un ex-sportif, est-ce un gage de succès en politique?

Un texte de Vincent Maisonneuve et Nathalie Lemieux

Lorsqu'une formation réussit à convaincre un athlète à se lancer en politique, surtout s’il s’agit en plus d’un ancien joueur du Canadien, comme Enrico Ciccone, le parti peut se vanter d’avoir mis la main sur un candidat de prestige.

Comme le souligne Jean Gosselin, stratège en communications et spécialiste en marketing sportif, « un athlète apporte de la notoriété pour ce qu’il a fait dans le passé. On peut dire que c’est une vedette, et de cette façon, le parti qui le recrute attire l’attention médiatique et populaire. »

La preuve, quand la CAQ a présenté Isabelle Charest dans Brome-Missisquoi, on n'a pas hésité à évoquer son passé de médaillée olympique en patinage de vitesse courte piste. Et l’annonce de sa candidature a fait les manchettes.

Isabelle Charest en compagnie du chef de la CAQ, François Legault, et François Bonnardel. Isabelle Charest sera candidate pour la CAQ dans Brome-Missisquoi. Photo : Radio-Canada / Brigitte Marcoux

Car lorsque viendra le temps du porte-à-porte, une ex-athlète olympique ou un ancien joueur du tricolore auront bien plus de facilité à briser la glace avec les électeurs qu’un candidat qui n’a en main qu’un dépliant sur le programme de son parti.

Après tout, qui n’aime pas les athlètes? Déterminés, persévérants, leur parcours devient pour plusieurs une source d’inspiration. Et cette image de gagnant, tous les chefs veulent qu’on l’associe à leur formation politique.

Trois personnes deboutEnrico Ciccone et Philippe Couillard ont serré quelques mains après l'officialisation de la candidature de l'ancien hockeyeur. Photo : Radio-Canada / Romain Schué

Legendre et Lafleur

À la suggestion d’un lecteur, nous ajoutons à la liste des sportifs ayant fait le saut en politique le nom de Richard Legendre. L’ancien champion junior canadien de tennis en 1971 a été membre du circuit professionnel ATP de 1974 à 1979. Il a ensuite grandement contribué au développement du tennis au Canada. M. Legendre a été élu député du Parti québécois en 2001. Il a occupé les postes de ministre des Sports, puis de la Faune et des Parcs. Il est aujourd’hui vice-président pour l'Impact de Montréal.

Dans la liste des athlètes qui ont connu moins de succès dans l’arène politique, ajoutons le nom de Guy Lafleur. Lors de la campagne référendaire de 1992, le camp du Oui avait recruté M. Lafleur pour faire la promotion de l’Accord de Charlottetown. Après avoir trébuché en tentant d’expliquer certains aspects de l’accord, l’ancien numéro 10 a préféré tirer un trait sur l’aventure politique.

Les personnalités sportives à Ottawa

Au fédéral, les conservateurs ont facilement gagné leur pari en misant sur Richard Martel, l’ancien entraîneur des Saguenéens, lors de la partielle dans Chicoutimi-Le Fjord à la mi-juin.

Richard Martel lors de son discoursRichard Martel a remporté haut la main l'élection dans Chicoutimi-Le Fjord. Photo : Radio-Canada / Priscilla Plamondon Lalancette

Du sport à la politique ailleurs dans le monde

Des sportifs qui font le saut en politique, il y en a ici et partout dans le monde.

Le légendaire Pelé a été brièvement ministre brésilien des Sports dans les années 90.

Aux Philippines, le boxeur Manny Pacquiao a gagné deux élections à la chambre des représentants.

Les boxueurs Manny Pacquiao (gauche) et Jeff Horn (droite)Manny Pacquiao (à gauche) a remporté deux élections à la chambre des représentants aux Philippines. Photo : Getty Images / PATRICK HAMILTON/AFP/

Sans oublier Arnold Schwarzenegger, qui est passé de M. Univers, à Terminator, pour finalement devenir gouverneur de la Californie, ou encore l'ex-lutteur professionnel Jesse « The Body » Ventura, qui a occupé les mêmes fonctions au Minnesota.

Arnold Schwarzenegger, dans une foule, prenant un égoportrait avec le président français Emmanuel Macron.Arnold Schwarzenegger, prenant ici un égoportrait avec le président français Emmanuel Macron, a été gouverneur de la Californie de 2003 à 2011. Photo : Reuters

Mais ici, au Québec ou au Canada, les sportifs qui gagnent leurs élections ont-ils ensuite un rôle clé dans le gouvernement?

Là, le seul exemple qui vient rapidement en tête, c’est Ken Dryden, ancien gardien étoile du Canadien de Montréal. Après sa victoire en 2004, il a été nommé ministre fédéral du Développement social sous Paul Martin. Un des rares athlètes qui a décroché un ministère qui n’avait aucun lien avec son passé d’athlète.

Mais même avec une grande notoriété, M. Dryden n’a pas réussi à défaire Stéphane Dion lors de la course à la chefferie du Parti libéral du Canada en 2006.

Choisir son camp

En politique, comme dans le sport, pour gagner, il faut aussi savoir choisir le bon camp.

Un exemple : Larry Smith, l’ancien joueur de football devenu président des Alouettes à Montréal, et qui a orchestré la résurrection du football dans la métropole. M. Smith a toujours été un personnage crédible, apprécié et très connu, mais quand il s’est présenté pour les conservateurs dans une circonscription montréalaise, il a mordu la poussière et a fini troisième lors des élections fédérales de 2011.

Larry Smith est aujourd’hui sénateur. En fait, au Canada, les sportifs qui font le saut en politique atterrissent la plupart du temps au Sénat. Il y a eu le hockeyeur Frank Mahovlich, la skieuse Nancy Green, l’entraîneur Jacques Demers et plus récemment, l’athlète paralympique Chantale Petitclerc.

Épreuves des faits

Politique