•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Québec bloque l'innovation dans le transport alternatif, dénonce une start-up

Un téléphone intelligent affichant le logo d'Eva aux côtés d'un téléphone à cadran.
La coopérative Eva veut transformer le modèle d'affaires des entreprises de transport alternatif. Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

Eva, une jeune coopérative québécoise, estime que le gouvernement du Québec entrave l'innovation en matière de moyens de transport alternatifs en privilégiant le projet pilote encadrant les activités de l'entreprise américaine Uber.

L'entreprise émergente, lancée par deux jeunes hommes de 21 et 22 ans, vise à conserver au Québec les profits réalisés sur le marché québécois plutôt que « d'envoyer une partie de l'argent aux États-Unis », à l'image d'Uber, disent les fondateurs.

Si le développement d'Eva est bien avancé, les deux responsables, Raphaël Gaudreault et Dardan Isufi, dénoncent ce qu'ils considèrent être un frein à la mise en marché de leur modèle coopératif.

En effet, l'entreprise a déposé en janvier une demande au ministère des Transports afin d'obtenir le feu vert pour lancer ses activités, mais Québec n'y a jamais donné suite.

Le projet pilote, un obstacle

MM. Gaudreault et Isufi croient ainsi que des modalités du projet pilote avec Uber bloquent l'entrée sur le marché de plus petits joueurs comme eux.

« On dit non à l'innovation sociale et technologique. Eva est une coopérative dont la technologie est à la fine pointe de ce qui se fait en 2018. Elle est développée ici, au Québec, par des Québécois et des Québécoises, et on vient nous dire ''non, on laisse le marché à une entreprise américaine'' », estime ainsi M. Isufi.

Selon Béatrice Alain, directrice du Chantier d'économie sociale, il serait mal avisé pour le gouvernement de tenter de demeurer dans le vieux modèle des services de taxi, ou d'accepter uniquement l'arrivée d'Uber, mais pas d'autres joueurs offrant des services similaires.

« L'existence de ces plateformes-là et de l'économie collaborative, elle est là pour rester. Donc, on ne peut ni faire semblant que ça n'existe pas, enlever le projet pilote et ne rien faire, ni rester avec un projet pilote qui préserve un monopole d'une entreprise de ce type-là au Québec. Je pense qu'il faut élargir, mais élargir intelligemment », déclare-t-elle.

Mme Alain estime par ailleurs que la velléité de « casser » le monopole des taxis ne s'est pas transposée en résultats franchement concrets.

La directrice du Chantier d'économie sociale souhaite par ailleurs que Québec offre une aide égale à tous les nouveaux joueurs dans le domaine, histoire de favoriser la concurrence.

Le ministre des Transports, André Fortin, a répété, jeudi, qu’il souhaite attendre la fin du projet pilote avec Uber, en octobre, avant de trancher la question de la mobilité alternative au Québec. « Le projet pilote d’Uber sert à mesurer des choses bien précises. Il est encore en place pour quelques mois et on va attendre d’avoir les données avant d’aller plus loin », a-t-il dit.

Selon un reportage d'Ariane Perron-Langlois

Transports

Économie