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Programme d'éducation sexuelle : le gouvernement muet sur de possibles représailles contre les enseignants

Photographie prise dans une classe avec des adolescents.
Qu'arrivera-t-il aux enseignants qui continuent d'enseigner le programme d'éducation sexuelle révisé mis en place en 2015? La province ne s'avance pas. Photo: Radio-Canada

Le gouvernement ontarien refuse de dire si les enseignants qui continueront d'appliquer le programme d'éducation sexuelle révisé à la rentrée de septembre feront face à des mesures disciplinaires.

Questionnée à ce sujet, la ministre de l'Éducation Lisa Thompson indique avoir bon espoir que les enseignants respecteront la consigne de son gouvernement, qui demande un retour au programme d'éducation sexuelle précédent, mis sur pied en 1998.

La ministre en mêlée de presse. La ministre de l'Éducation, Lisa Thompson Photo : Radio-Canada / Dean Gariépy

Nous anticipons que les enseignants seront à l'aise d'enseigner le programme qui était utilisé jusqu'en 2014. [...] C'est un programme qui prépare les jeunes à la réalité d'aujourd'hui.

Lisa Thompson, ministre de l'Éducation

Mais voilà que la Fédération des enseignants du secondaire de l'Ontario (FEESO) joint sa voix à celle de la Fédération des enseignants de l'élémentaire (FEEO) pour dénoncer le retour en arrière. Les deux syndicats, qui représentent ensemble près de 150 000 membres, ont dit qu'ils défendraient les enseignants qui décident d'aborder des sujets qui ne sont pas dans le programme d'éducation sexuelle de 1998.

Le président de la FEESO, Harvey Bischof, affirme que la décision du gouvernement Ford de retourner à ce programme est une idée arriérée, dangereuse et qui divise.

Des manifestants rassemblés devant l'Assemblée législative de l'Ontario avec des drapeaux et des pancartesLa Fédération des enseignantes et des enseignants de l'Ontario compte défendre vigoureusement tout éducateur qui choisit d'enseigner le programme d'éducation modernisé, contre la directive du ministère. Photo : Radio-Canada / Philippe de Montigny

L'AEFO nuancée

La position est plus nuancée à l'Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens (AEFO). Le président du syndicat, Rémi Sabourin, ne va pas aussi loin que ses collègues anglophones et attend de voir le déroulement de la rentrée en septembre pour se prononcer. Il ajoute toutefois que les conseils scolaires n'ont pas encore donné de consignes à leur personnel.

M. Sabourin aimerait bien que ses membres continuent d'enseigner le programme mis à jour par les libéraux et implanté en 2015, un document rédigé selon lui avec la participation des enseignants, de parents et des syndicats.

C'est désolant que le gouvernement Ford retourne en arrière. C'est beaucoup plus que de l'éducation sexuelle, c'est une question de santé.

Rémi Sabourin, président de l'Association des enseignants et des enseignantes franco-ontariens
L'homme s'adresse à la journaliste tout près des grévistes.Le président de l'AEFO, Rémi Sabourin Photo : Radio-Canada

Une position qui fait réagir

La position des syndicats anglophones fait réagir Tanya Granic Allen, la présidente du groupe Parents as First Educators, qui s'oppose au programme révisé implanté en 2015.

Les enseignants ne peuvent pas déroger à la directive. Le syndicat est sur le point de briser le lien de confiance avec les parents et les enfants qu'ils doivent servir.

La présidente du groupe Parents as First Educators, Tanya Granic Allen
Tanya Granic Allen sur scène, devant des drapeaux de l'Ontario. Tanya Granic Allen Photo : Radio-Canada

L'Ordre des enseignants affirme qu'il n'est pas de son mandat de s'assurer que les enseignants suivent les programmes d'éducation mis sur pied par le ministère.

Une porte-parole souligne ne pas avoir souvenir de cas de sanction disciplinaire pour ces raisons.

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