•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Beaucoup de « besoins non comblés », selon de nouveaux chiffres sur les suicides en Saskatchewan

Un homme dans l'ombre s'appuie au mur.
En 2017, 164 personnes se sont enlevé la vie en Saskatchewan. Photo: getty images/istockphoto / KatarzynaBialasiewicz

Près de 1900 Saskatchewanais se sont enlevé la vie au cours des 12 dernières années, d'après de nouvelles données dévoilées par le coroner de la province. Ces chiffres révèlent de nombreuses lacunes, selon le responsable par intérim de la psychiatrie pour l'Autorité de santé de la Saskatchewan à Regina.

Le Service du coroner de la Saskatchewan précise que les chiffres compilés pour les années 2016 et 2017 sont préliminaires. De plus, les morts médicalement assistées ne sont pas prises en compte.

Des 1895 personnes qui sont mortes par suicide entre 2005 et 2017, 1421 étaient des hommes, et 474, des femmes.

Le nombre de suicides reste plutôt stable dans l’ensemble, malgré quelques fluctuations d’année en année. Par exemple, 124 personnes se sont enlevé la vie en 2005, alors que ce nombre s'élève à 164 personnes en 2017.

« Des besoins non comblés »

Le Service du coroner avait récemment choisi d’afficher publiquement ces statistiques en raison du grand nombre de demandes d’information de la part du public et d’organisations, d’après le ministère de la Justice.

Le responsable par intérim de la psychiatrie pour l’Autorité de santé de la Saskatchewan à Regina, Senthil Damodharan, applaudit le geste.

Senthil Damodharan porte une blouse blanche et des lunettes brunes. Il a la peau matte et la barbe grisonnante. Senthil Damodharan est le responsable par intérim de la psychiatrie pour l’Autorité de santé de la Saskatchewan à Regina. Photo : Radio-Canada

Le rapport du coroner démontre, d’après Senthil Damodharan, qu’il y a beaucoup de « besoins non comblés » dans la province. Il espère que les services d’aides en santé mentale parviendront à s’occuper de plus de patients.

Il explique que les recherches démontrent que les hommes sont plus nombreux à se suicider parce qu’ils ont tendance à choisir des méthodes plus radicales. Leur taux de réussite est donc plus élevé.

Les femmes et les filles ont plus tendance à se mutiler.

Les hommes ont également moins tendance que les femmes à chercher de l’aide lorsqu’ils souffrent de problèmes de santé mentale.

« Même quand les hommes demandent de l’aide, ils peuvent minimiser leurs intentions. Les professionnels peuvent donc les considérer comme à faible risque de se suicider », ce qui soulève à nouveau les questions entourant la masculinité et la stigmatisation du besoin de soutien.

Senthil Damodharan ajoute que les statistiques du coroner confirment les inquiétudes quant au haut taux de suicide parmi les Autochtones et les jeunes.

Groupes d’âge ayant les plus hauts taux de suicide

Hommes :

  1. 20 à 29 ans;
  2. 40 à 49 ans;
  3. 50 à 59 ans

Femmes :

  1. 20 à 29 ans;
  2. 10 à 19 ans;
  3. 50 à 59 ans

Ces chiffres sont le résultat de plusieurs facteurs, selon lui, notamment les traumatismes de la petite enfance, dont sont majoritairement victimes les membres de communautés autochtones. Il mentionne également l’accès inégal aux services d’aide à la santé mentale ainsi que les risques d'avoir des problèmes d’abus d’alcool et de drogues.

« L’abus de drogue et d’alcool a un effet plus grand sur le cerveau si l’on se sent désespéré ou que l’on vit un stress ou un traumatisme », explique-t-il.

Le suicide, deuxième cause de mortalité chez les jeunes

Les statistiques du coroner montrent que le plus haut taux de suicide chez les hommes et les femmes se situe dans la tranche d’âge de 20 à 29 ans. Chez les femmes, la deuxième position est occupée par les 10 à 19 ans.

Statistique Canada a également déterminé que le suicide reste la deuxième cause de mortalité chez les Canadiens de 15 à 34 ans.

Senthil Damodharan croit que le rapport du coroner serait constructif s'il précisait les emplacements géographiques des morts par suicide en Saskatchewan. Des données nationales révèlent que le taux de suicide est plus élevé dans la partie nord de la Saskatchewan que dans la partie sud.

Saskatchewan

Santé mentale