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Irving n’est pas désavantagé par le contrat fédéral à Davie selon Ottawa

Vue de côté de l'édifice du chantier naval Irving à Halifax.

Un bâtiment du chantier naval Irving à Halifax.

Photo :  Irving Shipbuilding

Radio-Canada

L'important contrat accordé à Chantier Davie par le gouvernement fédéral inquiète le chantier naval Irving, mais ce dernier n'a rien à craindre, selon Ottawa.

Chantier Davie, à Lévis, au Québec, a remporté la semaine dernière un contrat de 610 millions de dollars pour l’achat de trois navires scandinaves et le début des travaux pour les convertir en brise-glaces pour la Garde côtière canadienne.

Le constructeur naval Irving, à Halifax, en Nouvelle-Écosse, soutient que le gouvernement avait reconnu qu’il n’y avait pas assez de construction de grands navires pour que la Marine et la Garde côtière puissent soutenir plus de deux chantiers navals au pays.

En 2011, le chantier Irving a remporté le contrat du fédéral pour la construction d’une flotte militaire, et le chantier Seaspan, à Vancouver, a décroché le contrat pour la construction d’une flotte de la Garde côtière.

Des travailleurs admirent le grand navire rouge et blanc

Le Sir John Franklin pèse 3247 tonnes.

Photo : Radio-Canada / Alexis Gacon

Irving a demandé au fédéral de confirmer que ces travaux seront exécutés exclusivement par elle-même et Seaspan. L’entreprise craint qu’il y ait une réorientation des travaux de construction de navires pour le gouvernement du Canada, à la suite du contrat récemment accordé à Davie.

Le bureau de la ministre des Services publics, de l’Approvisionnement et de l’Accessibilité affirme d’emblée que les contrats d’Irving et de Seaspan restent inchangés.

L'annonce de la semaine dernière à Chantier Davie n'a apporté aucun changement à la Stratégie nationale de construction navale, poursuit le gouvernement.

Le ministère rappelle qu’il a toujours été possible pour d’autres chantiers navals canadiens de décrocher des contrats de construction de petits navires et de travaux de conversion, d’entretien, de réparation, dans le cadre de la Stratégie nationale de construction navale.

Les besoins du Canada sont pressants, souligne un politologue

Irving fait fausse route s'il croit détenir avec Seaspan l’exclusivité des travaux de construction navale, selon Jean-Christophe Boucher, professeur adjoint au département de sciences politiques de l’Université McEwan, en Alberta. Il croit que la réaction d’Irving est infondée.

Je crois que la réaction est surjouée dans une large mesure. Irving ne semble pas avoir lu correctement la stratégie navale proposée par le gouvernement Harper en 2011. Dans l’ensemble du contrat, il est expliqué clairement que d’autres chantiers pourraient postuler pour d’autres travaux futurs. Dans ce contexte, ça veut dire qu’Irving ne perd aucun contrat prévu et signé en 2011, et dans le fond, il n’avait pas un droit de regard ni un droit sur les futurs contrats, affirme Jean-Christophe Boucher.

Une partie du navire en cale sèche

Une section du NCSM Harry DeWolf visible dans le chantier naval Irving à Halifax en juillet 2017.

Photo : La Presse canadienne / Andrew Vaughan

Le professeur Boucher fait aussi remarquer qu’Irving peine à exécuter le contrat obtenu du fédéral en 2011. L'entreprise connaît des retards.

Irving en ce moment a de la difficulté à déjà remplir les conditions des navires qu’ils avaient déjà accepté de construire en 2011. Dans ce cas-ci, c’est un peu curieux qu’Irving se plaigne que peut-être d’autres chantiers vont avoir des contrats dans la mesure où eux-mêmes sont incapables de [répondre] aux exigences minimales qu’ils avaient acceptées en 2011. Peut-être qu’Irving devrait se concentrer sur les navires qu’ils ont déjà au lieu d’essayer d’avoir d’autres travaux qu’ils seraient incapables de faire dans les temps, estime Jean-Christophe Boucher.

Le professeur ajoute qu’une grande partie des brise-glaces du Canada sont très vieux et doivent être remplacés. Le besoin est essentiel et immédiat pour la Garde côtière canadienne, selon lui.

Le fait que le gouvernement confie des travaux à d’autres chantiers pour approvisionner la Garde côtière est une bonne solution, conclut-il.

Avec les renseignements de Wildinette Paul

Nouvelle-Écosse

Industrie de la construction