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Besoin criant de centres de traitement de la toxicomanie au Manitoba

Un toxicomane se prépare à s'injecter de l'héroïne avec une seringue.

Selon Roland Vandal, les listes d'attente dans les centres de désintoxication sont de trois ou quatre mois et les compressions budgétaires aggravent le problème de leur nombre déjà insuffisant.

Photo : La Presse canadienne / Darryl Dyck

Radio-Canada

Les ressources pour les personnes qui souffrent de dépendance sont rares au Manitoba, et de plus en plus de personnes demandent du financement pour des centres qui pourraient contribuer à résoudre la crise des opioïdes.

« Ceux qui prennent la décision de se faire soigner n'ont nulle part où aller », affirme Roland Vandal, un ancien toxicomane, libéré de ses dépendances depuis 16 ans.

Selon lui, les listes d'attente dans les centres de désintoxication sont de trois à quatre mois, et les compressions budgétaires aggravent le problème de leur nombre déjà insuffisant.

« Cela force les gens qui ne peuvent recevoir d’aide à se rebeller sur le plan émotif contre le système », explique-t-il.

Il soutient que la solution va de pair avec des centres de traitement de longue durée. Il estime que c'est cela qui lui a permis de combattre sa dépendance.

« Les gens qui décident qu’ils ont besoin d’aide doivent avoir accès à des services », affirme-t-il. Il ajoute que les personnes qui deviennent dépendantes finissent par aller en prison.

L'ancien toxicomane croit que les centres de désintoxication coûtent beaucoup moins cher que la prison et donnent de meilleurs résultats.

Ginette Poulin, la directrice médicale pour la Fondation de la toxicomanie du Manitoba, soutient que plusieurs options existent déjà, mais que la manière dont le système fonctionne à l’heure actuelle est source d'insatisfaction.

« En matière de légalité, on ne peut pas obliger quelqu'un à rester pour avoir un traitement. Puis ça, c'est une frustration », affirme-t-elle.

C'est seulement si quelqu'un présente un danger pour lui-même ou autrui qu'on peut l'obliger à être évalué par un psychiatre, en appelant le 911. Cependant, la durée de la contrainte ne peut excéder 72 heures.

Ginette Poulin estime qu'il faut également faire un travail d'information.

On a besoin de réduire le stigma qui existe. Il y a beaucoup de patients qui ne restent pas nécessairement parce qu'il y a beaucoup de stigmas envers leur maladie.

Ginette Poulin, directrice médicale pour la Fondation de la toxicomanie du Manitoba

Selon elle, dans plusieurs domaines, il n'y a pas assez de soutien pour offrir un service de qualité aux personnes souffrant de dépendances qui veulent recevoir de l’aide.

« On a besoin de plus d’éducation dans les familles et à l’école », explique la médecin. Elle recommande aussi de renforcer les liens entre les domaines de la santé mentale et de la toxicomanie, qui sont souvent traités séparément.

« C’est un problème vraiment complexe qui mérite d’être approfondi », conclut-elle.

Manitoba

Drogues et stupéfiants