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Prévention du suicide : l'installation de portes palières est envisagée dans le métro

Porte palière fermée devant les rails
Une porte palière dans une station de train à Pékin. Photo: getty images/istockphoto

La Société de transport de Montréal (STM) envisage l'installation de portes palières sur la ligne orange du métro.

Un texte de Benoît Chapdelaine

Ces portes, qu’on retrouve entre autres à Paris, Londres et Tokyo, réduisent les risques de suicide, mais aussi de chutes accidentelles d'objets ou de personnes sur la voie, ou encore d'intrusions dans le tunnel du métro. Elles permettent de minimiser les interruptions de service et d'augmenter la fiabilité du réseau. Il s'agit de portes vitrées installées sur le quai qui ne s'ouvrent que lorsque la rame de métro est arrêtée.

La STM a lancé la semaine dernière un appel d'offres pour des services professionnels reliés à la prolongation de la ligne bleue du métro de Montréal, prévue pour 2026. Il y est question entre autres de l'acquisition de terrains et d'immeubles le long de la ligne bleue, de l'aménagement d'un tunnel piétonnier sous le boulevard Pie-IX, mais également d'études, de plans et de devis pour des portes palières sur la ligne orange.

L'appel d'offres, ouvert jusqu'à la mi-septembre, prévoit un coordonnateur de projet « portes palières » responsable, entre autres, d'une étude de faisabilité.

Le budget préliminaire du projet de prolongement de la ligne bleue prévoit la réalisation des plans et devis de portes palières dans 13 stations de la ligne orange, entre Crémazie et Bonaventure, pour tenir compte de l'augmentation de la clientèle, explique la STM par courriel. Ce besoin avait été identifié pour tenir compte des effets de débordement sur la ligne orange, compte tenu de l'apport additionnel d'usagers en provenance de la ligne bleue, précise-t-elle.

L'Association québécoise de prévention du suicide salue la décision de la STM de mener une étude sur les portes palières. Son directeur général, Jérôme Gaudreault, y voit un moyen de plus pour réduire les risques de suicide, après les téléphones d'urgence sur les quais et la surveillance accrue.

« La personne qui pense à s'enlever la vie est ambivalente par rapport à son idée de mourir et son idée de continuer à vivre, explique-t-il. Et lorsque le moyen n'est pas accessible de manière imprévue, eh bien ça remet en question la [décision de la] personne, qui va peut-être se dire : "Ça ne marche pas, c'est peut-être un signe pour aller chercher de l'aide", ou ça va donner du temps à des ressources d'aider la personne. »

Chaque année, de nombreuses personnes tentent de se suicider dans le métro de Montréal. Jérôme Gaudreault souligne cependant que plusieurs survivent à leur tentative.

« La grande majorité des tentatives de suicide dans le métro, dit-il, ne se terminent pas par le décès de la personne, mais ce moyen-là amène de grandes souffrances physiques et généralement les personnes qui tentent de s'enlever la vie dans le métro demeurent avec des séquelles physiques et neurologiques importantes. »

La STM précise qu'elle attend le résultat des études prévues l'an prochain avant de décider si elle installera des portes palières. Leur installation avait déjà été écartée pour des raisons de coût, soit entre 10 et 15 millions de dollars par station. En installer dans la soixantaine de stations du réseau actuel pourrait ainsi coûter plus d'un milliard de dollars.

Grand Montréal

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