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La crise des opioïdes frappe de plein fouet les prisons ontariennes

Des gens manifestent devant un centre de détention.

Les familles de détenus morts d'une surdose au centre de détention Elgin-Middlesex organisent une manifestation pour demander justice pour les prisonniers. Treize personnes ont succombé à une surdose de drogue dans ce centre de détention dans la dernière décennie.

Photo : Radio-Canada / Hala Ghonaim/CBC

CBC News
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le syndicat des gardiens de prison de l'Ontario affirme que la petite taille des comprimés de fentanyl et de carfentanyl représente un défi pour les gardiens qui tentent de contrôler les substances qui entrent dans nos prisons.

Le syndicat affirme aussi que la crise des opioïdes qui s’immisce dans la province canadienne est amplifiée dans les prisons, car un grand pourcentage de la population carcérale est aux prises avec une dépendance.

En 2016, les opioïdes ont tué 850 personnes dans la province de l’Ontario.

La puissance des drogues a explosé.

Monte Vieselmeyer, président du Syndicat des employés de la fonction publique de l'Ontario (SEFPO)

Monte Vieselmeyer, président du syndicat, dit que les prisons de la province ont du mal à contenir la crise des opioïdes qui fait rage derrière les barreaux et que si quelqu’un fait une surdose, ce n’est pas parce que les agents ne font pas leur travail correctement.

Notre personnel a fait un travail remarquable en sauvant la vie de sept personnes.

Monte Vieselmeyer, président du Syndicat des employés de la fonction publique de l'Ontario (SEFPO)

Selon M. Vieselmeyer, qui préside le Syndicat des employés de la fonction publique de l'Ontario (SEFPO), les gardiens de prison gèrent la crise des opioïdes de mieux en mieux.

Le professionnalisme de nos agents doit être reconnu. Mais parce que nous sommes la plupart du temps entre quatre murs et derrière les barreaux, les gens ne nous comprennent pas.

Monte Vieselmeyer, président du Syndicat des employés de la fonction publique de l'Ontario (SEFPO)

Le fentanyl a changé la donne

Un policier tient de larges sacs remplis de drogue. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les policiers de partout en Ontario ont du mal à garder le contrôle sur la crise du fentanyl. Le syndicat représentant les gardiens de prison de l'Ontario affirme que la crise est encore pire dans les centres de détention.

Photo : La Presse canadienne / Chris Young

La sortie publique de M. Vieselmeyer survient une semaine après la surdose de sept détenus du centre de détention d'Elgin-Middlesex.

M. Vieselmeyer dit que bien qu’il soit exceptionnel que sept prisonniers fassent une surdose en l’espace de quelques minutes les uns des autres, ce phénomène n’est pas isolé.

Toutefois, il n’existe aucune donnée officielle sur le nombre de prisonniers qui ont fait une surdose lorsqu’ils étaient derrière les barreaux.

Le ministère des Services sociaux et communautaires de l'Ontario a des statistiques sur le nombre de personnes mortes des suites d’une surdose, mais pas sur ceux qui ont survécu aux surdoses.

Beaucoup de gens en prison souffrent de problèmes de santé mentale et de dépendance, et à moins qu’ils ne reçoivent de l’aide des services communautaires, il n’y a pas beaucoup d’aide disponible derrière les barreaux, selon M. Vieselmeyer.

C’est un des problèmes qui fait rage dans les prisons depuis toujours, dit M. Vieselmeyer, qui ajoute que des drogues telles que le fentanyl et le carfentanyl ont récemment changé les règles du jeu, car elles sont 100 fois plus puissantes que l’héroïne.

Nous savons que l’ingestion d’une très petite dose de fentanyl et de carfentanyl peut être mortelle, dit le gardien de prison qui a vu des détenus faire une surdose après avoir consommé de l'alcool frelaté ainsi que du fentanyl.

La plupart du temps, les prisonniers ne savent pas ce qu’ils ingurgitent, mais la volonté de consommer est déconcertante, ils jouent à la roulette russe.

Monte Vieselmeyer, président du Syndicat des employés de la fonction publique de l'Ontario (SEFPO)

La crise des opioïdes amplifiée dans les prisons

On peut voir l'image d'une prison derrière des barbelés. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le centre de détention d’Elgin-Middlesex est un des centres où le plus de détenus sont morts des suites d'une surdose au Canada. Six surdoses mortelles sont survenues dans la dernière année.

Photo : Radio-Canada / Ousama Farag

C’est une crise terrible pour la communauté, mais elle est encore pire dans les prisons, dit M. Vieselmeyer, qui travaille dans le domaine depuis 28 ans. Selon lui, même l’ajout d’un scanneur intégral à l’intérieur du centre de détention d'Elgin-Middlesex en mars n’a pas empêché des drogues comme le fentanyl et le carfentanyl d’échapper à la surveillance des gardiens.

Nous faisons de notre mieux pour les saisir, mais en réalité, il n’y a aucun moyen de surveiller tous les détenus avec le peu de personnel que nous avons.

Monte Vieselmeyer, président du Syndicat des employés de la fonction publique de l'Ontario (SEFPO)

Depuis plusieurs années, la province modernise les prisons de l’Ontario, notamment en ajoutant des caméras de sécurité afin de rendre la tâche plus facile aux gardiens. Toutefois, le syndicat dit que ses membres ne sont pas capables de répondre à la demande, car la surveillance de plusieurs caméras est tout un défi, dit-il.

Des études ont démontré qu'après quatre heures de visionnement, la vigilance des gardiens se relâche.

Monte Vieselmeyer, président du Syndicat des employés de la fonction publique de l'Ontario (SEFPO)

Le Syndicat des employés de la fonction publique de l'Ontario (SEFPO) dit qu’il n’y a pas assez de gardiens de prison en poste pour pouvoir surveiller tous les prisonniers en Ontario, car l’ancien gouvernement provincial avait gelé les embauches.

La province a embauché plus de 2000 gardiens dans les deux dernières années, mais la plupart d’entre eux n’ont pas beaucoup d’expérience et travaillent à temps partiel, selon M. Vieselmeyer.

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