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chronique

Élections 2018 : des astuces pour débusquer la désinformation sur vos réseaux sociaux

Une personne dépose un bulletin de vote sur lequel il est écrit «fausses nouvelles» dans une urne.

Les fausses nouvelles circuleront sans doute dans les semaines à venir.

Photo : iStock

Jeff Yates

CHRONIQUE – L'élection québécoise s'en vient et – surprise! – on tentera sûrement de vous faire avaler toutes sortes de fausses histoires sur les réseaux sociaux. Voici quelques astuces pour ne pas se faire avoir.

De quoi les fausses nouvelles électorales auront-elles l'air?

Pendant l'élection américaine de 2016, on a vu l'émergence d'une véritable industrie des fausses nouvelles, qui cherchait à profiter d'un électorat polarisé pour gagner de l'argent ou fomenter les divisions. Des adolescents de la Macédoine ont créé des dizaines de faux médias pour mettre de l'avant de fausses histoires et ont créé des pages Facebook pour faire mousser leur popularité. Des acteurs russes ont aussi cherché, selon certaines allégations, à déstabiliser l'élection avec de fausses pages activistes et des publicités sur les réseaux sociaux.

Nous ne verrons probablement pas d'efforts du genre pour l'élection provinciale de cet automne, heureusement. Le Québec ne forme tout simplement pas un auditoire assez important pour justifier la création de faux médias. De plus, soyons honnêtes, contrairement aux États-Unis, peu de gens à l'extérieur de la province suivront cette élection (à moins de scandales majeurs). Il serait donc assez difficile de générer assez de clics au Québec pour gagner de l'argent.

Les fausses nouvelles que nous verrons proviendront surtout de publications à même Facebook ou Twitter. Elles seront partagées par vos amis, vos collègues et les membres de votre famille.

Vous verrez probablement beaucoup de mèmes, ces images sur lesquelles on ajoute du texte pour provoquer une réaction. Attendez-vous à des photos de politiciens avec des citations, des statistiques ou des « faits choquants », et peut-être même à des photomontages. D'ailleurs, méfiez-vous de toute publication qui suscite des émotions fortes!

On voit une photo de Wilfrid Laurier, accompagnée d'une longue citation. Vous pouvez retrouver cette citation dans l'article. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Une citation faussement attribuée à Wilfrid Laurier.

Photo : Capture d'écran Facebook

Par exemple, la fausse citation de Wilfrid Laurier ci-dessus circule encore.

Il faudra aussi surveiller sur Twitter les messages amplifiés par des réseaux de faux comptes. Ceux-ci peuvent être utilisés pour donner l'impression qu'un message est plus populaire qu'il ne l'est vraiment.

Attention aussi aux sections de commentaires sur les sites de grands médias. Ce sont des lieux où les discussions dérapent souvent. Il est envisageable que certaines personnes utilisent de faux comptes pour tenter d'alimenter l'animosité.

Quelques signes pour repérer un faux compte

- Une fausse photo de profil (l'image apparaît ailleurs sur le web et ne montre pas la personne qui possède le compte)

- Pas de photo de profil

- Image d'un animal ou une illustration comme photo de profil

- Profil créé dans les dernières semaines ou derniers mois

- Un taux élevé de publications ou de commentaires

- Toutes les publications du profil attaquent ou font l'éloge d'un même candidat ou parti ou d'une même idéologie

Cela ne veut pas dire que vous avez nécessairement affaire à un faux compte, mais il s'agit fort probablement d'une personne partisane ou d'un troll.

Vérifiez la page avant d'en partager le contenu

Si une page Facebook publie une information que vous trouvez intéressante, prenez quelques secondes pour aller voir la page en question. Est-ce une source fiable? Est-ce une page partisane? Quel genre de contenu partage-t-elle généralement?

Il n'est pas toujours clair d'où proviennent les publications que nous relayons sur les réseaux sociaux. Derrière certains contenus d'apparence anodins se cachent des pages partisanes. Par exemple, la page Québec FIER publie parfois des messages qui encouragent les internautes à inscrire le nom de leur bière québécoise préférée ou à partager une photo s'ils aiment les concombres québécois. Or, cette page, gérée par un ancien candidat des partis conservateurs provincial et fédéral, publie aussi du contenu qui attaque le Parti libéral du Québec (PLQ) et le Parti québécois (PQ).

La publication contient une image de bleuets. « Les meilleurs bleuets poussent au Québec. Partagez si vous êtes fier des produits d'ici », est-il écrit.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Une des publications de la page Québec FIER.

Photo : Capture d'écran Facebook

Le PLQ dispose aussi d'une page Facebook, Actualités politiques Québec, qui met de l'avant des vidéos faisant la promotion du gouvernement du Québec. Or il n'est pas toujours clair au premier coup d'œil qu'il s'agit d'une page qui appartient au PLQ.

Examinez la page avant d'en partager le contenu. Relayer une publication d'une page, c'est participer à en faire la promotion. Si son contenu vous plaît, partagez-le en toute connaissance de cause!

Remontez toujours à la source!

En plus des pages Facebook qui publient des informations dans le but de vous influencer, vos amis partageront aussi sans doute toutes sortes d'affirmations. Il ne sera pas toujours clair d'où proviennent ces images ou ces messages. En effet, beaucoup de gens téléchargent des images ou copient des messages, puis les publient sur leur propre compte, ce qui complique un peu la tâche à ceux qui, comme moi, tentent de les repérer.

Il faut donc se poser quelques questions lorsque l'on voit une de ces publications : d'où provient cette information? S'il s'agit de statistiques, qui les a compilées? Si c'est une citation, qui l'a recueillie?

Souvent, un mème contiendra une source d'information. Si, par exemple, on vous donne une statistique et on indique « source : Statistique Canada », effectuez une recherche sur Google. Inscrivez dans la barre de recherche la donnée en question et « Statistique Canada » pour voir si vous pouvez en trouver la source. Si l'on indique une adresse web comme source d'information, visitez le site pour voir si l'on rapporte bien les faits.

Si vous ne réussissez pas à trouver une bonne source pour l'information en question ou si la publication ne mentionne aucune source, il vaudrait mieux ne pas la partager.

Comment vérifier la source d'une image?

Il peut sembler compliqué de vérifier la source d'une image, mais en vérité, c'est tout simple. Vous pouvez consulter ce guide pour savoir comment faire. Sachez toutefois que si vous disposez du navigateur Chrome sur ordinateur ou sur mobile, ça prend seulement quelques secondes.

Sur ordinateur, faites un clic droit sur l'image et choisissez « recherchez une image avec Google ». Vous pouvez aussi faire glisser l'image sur la barre de recherche de Google Images, ou téléverser une image à l'aide de la petite caméra à la droite de la barre de recherche.

Avec Chrome sur mobile, il suffit de garder son doigt enfoncé sur l'image, puis de sélectionner la recherche par image.

Vous avez vu circuler une info douteuse? Une photo louche? Une citation peu crédible? Envoyez-la-moi; j'aimerais la vérifier! Vous pouvez m'envoyer un courriel (Nouvelle fenêtre) ou me joindre sur Facebook (Nouvelle fenêtre) ou Twitter (Nouvelle fenêtre).

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