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Mactre de Stimpson : la redistribution controversée du quota de pêche est annulée

Sushi à la macrtre de Stimpson.

La mactre de Stimpson pêchée au large de Terre-Neuve et de la Nouvelle-Écosse est très prisée des marchés asiatiques car elle entre dans la préparation de sushis.

Photo : Radio-Canada / CBC/Robert Short

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Pêches et Océans Canada se ravise et annule la décision controversée d'accorder 25 % d'un lucratif quota de pêche à la mactre de Stimpson, un mollusque de la famille des palourdes, à un consortium de nations autochtones et leur partenaire, Premium Seafoods de la Nouvelle-Écosse.

En février, Dominic LeBlanc, alors le ministre fédéral des Pêches et des Océans, avait annoncé que son ministère accordait un permis à Five Nations Clam Company, la « Compagnie de palourdes des cinq nations ».

Une décision qui avait fait polémique dès son annonce

L’appel d’offres de Five Nations avait été préféré à six autres soumissions, bien que l’on ne connaissait alors pas l’identité de ses partenaires.

Plusieurs mois plus tard, des documents déposés en cour ont démontré que les partenaires autochtones, menés par la Première Nation d'Elsipogtog, au Nouveau-Brunswick, ne contrôlaient qu’environ le quart du consortium, le reste se trouvant entre les mains de Premium Seafoods, une entreprise d’Arichat en Nouvelle-Écosse.

Chair de mactre de StimpsonAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Chair de mactre de Stimpson

Photo : Radio-Canada

De plus, aucune Première Nation de la Nouvelle-Écosse ni de Terre-Neuve-et-Labrador n’était représentée au sein du consortium gagnant lorsque le permis lui a été octroyé, selon le ministre terre-neuvien des Pêches, Gerry Byrne, et un groupe qui représente 13 nations micmaques de la Nouvelle-Écosse.

Le Bureau du commissaire aux conflits d'intérêts et à l'éthique s’est par la suite mêlé de l’affaire en mai, lorsqu’il a lancé une enquête sur des liens allégués entre la Five Nations Clam Company et la famille de l’épouse du ministre LeBlanc.

Des mactres de Stimpson fraîchement cueilliesAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Des mactres de Stimpson fraîchement cueillies

Photo : Radio-Canada

En attribuant ce permis de pêche, le gouvernement fédéral mettait un terme à un monopole détenu depuis des années par le géant de l'industrie Clearwater Seafoods, dont le siège social est en Nouvelle-Écosse.

Rex Matthews, le maire de Grand Bank, à Terre-Neuve-et-Labrador, où Clearwater possède une usine, avait dénoncé une décision du fédéral qui, selon lui, allait entraîner des pertes d’emploi dans sa région.

Des travailleurs de l'usine de Clearwater, à Grand Bank, à Terre-Neuve-et-Labrador, emballent des mactres de Stimpson pour le marché asiatique.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Des travailleurs de l'usine de Clearwater, à Grand Bank, à Terre-Neuve-et-Labrador, emballent des mactres de Stimpson pour le marché asiatique.

Photo : CBC/Sherry Vivian

Le gouvernement lancera un nouvel appel d’offres l’an prochain et les candidatures seront examinées par « un tiers parti indépendant » qui fera des recommandations à Pêches et Océans Canada. Les détenteurs de ce quota pourront commencer à pêcher en 2020, affirme-t-on au ministère.

Une bonne nouvelle, selon l’opposition

En juillet, Jonathan Wilkinson a succédé à Dominic LeBlanc comme ministre des Pêches, des Océans et de la Garde côtière canadienne, son prédécesseur étant nommé aux Affaires intergouvernementales.

À son entrée en poste, M. Wilkinson avait déclaré au Telegram, un quotidien de Saint-Jean de Terre-Neuve, qu’il n’entendait pas revenir sur la décision de son prédécesseur.

Ce changement de cap fait l’affaire de l’opposition. Le porte-parole du Parti conservateur fédéral en matière de pêches, Todd Doherty, qualifie de « bonne nouvelle » cette décision du gouvernement Trudeau.

« Nous avons toujours dit que le processus était imparfait », soutient M. Doherty.

Jonathan Wilkinson.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Jonathan Wilkinson, ministre des Pêches, des Océans et de la Garde côtière canadienne.

Photo : Radio-Canada

Le ministre Wilkinson a fourni peu de détails sur ce qui a décidé le fédéral à revoir sa position.

« Pour des raisons de confidentialité commerciale, je ne peux pas entrer dans les détails », a-t-il déclaré mardi.

Une usine de transformation, située au bord de l'eau.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

C'est à l'usine de Grand Bank que se fait la transformation de la majorité du quota de mactres de l'entreprise Clearwater Seafoods.

Photo : CBC/Sherry Vivian

C’est la compagnie Clearwater Seafoods qui pêchera probablement le quota de 25 % de mactre de Stimpson qu’elle avait perdu plus tôt cette année, indique M. Wilkinson.

La mactre de Stimpson est pêchée au large de la Nouvelle-Écosse et de Terre-Neuve. Le mollusque à chair rouge est principalement destiné au marché asiatique, où il sert à la préparation de sushis.

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