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Plus de 300 « prêtres prédateurs » couverts par l'Église en Pennsylvanie

Plan sur les mains d'un prêtre qui tient, d'une main, des hosties et de l'autre, un verre.

Le rapport, rédigé par un jury populaire auquel avaient été soumises les conclusions de l'enquête, est l’un des plus exhaustifs sur les abus sexuels commis par le clergé. Il évoque des agressions sexuelles sur certaines victimes présumées qui avaient moins de dix ans.

Photo : Radio-Canada / Justin Fraser

Radio-Canada

Plus de 300 prêtres ont agressé au moins 1000 enfants et ont été couverts par l'Église catholique de la Pennsylvanie, selon une enquête des services du procureur de l'État publiée mardi.

« Des prêtres violaient des petits garçons, des petites filles et les hommes d'Église qui étaient leurs responsables n'ont rien fait. Durant des décennies », ont écrit les membres du jury.

Le rapport, rédigé par un jury populaire auquel avaient été soumises les conclusions de l'enquête, est l’un des plus exhaustifs sur les abus sexuels commis par le clergé. Il évoque des agressions sexuelles sur certaines victimes présumées qui avaient moins de dix ans.

Le document indique que « quasiment tous les cas » allégués sont aujourd'hui frappés de prescription et ne peuvent être poursuivis pénalement.

Deux prêtres ont néanmoins été inculpés, l'un pour des agressions sexuelles répétées sur plusieurs enfants, dont les plus récentes remontent à 2010.

Même si certains coupables ne sont plus passibles de poursuites, les jurés ont tout de même choisi de rendre publics les noms de dizaines d'hommes d'Église accusés de pédophilie par des éléments de l'enquête.

Le document de près de 1000 pages évoque 300 « prêtres prédateurs » et se base sur des archives de 6 diocèses catholiques.

« Dissimulation systématique »

Le procureur général de Pennsylvanie, Josh Shapiro. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le procureur général de Pennsylvanie, Josh Shapiro.

Photo : Associated Press / Matt Rourke

Le jury estime que le « nombre réel » d’enfants qui ont été victimes d’abus sexuels pourrait s’élever à « des milliers », car certains dossiers ont été perdus et certaines victimes se murent dans le silence.

Le procureur général de Pennsylvanie, Josh Shapiro, a déclaré que l’enquête de 18 mois a mis en lumière la dissimulation systématique de ces agissements par les hauts responsables de l’Église de Pennsylvanie et du Vatican.

Malgré des réformes institutionnelles, « les hauts responsables de l'Église ont le plus souvent échappé à leurs responsabilités », poursuit le rapport.

Des évêques et des cardinaux ont, pour l'essentiel, été protégés. Beaucoup, dont certains sont nommés dans ce rapport, ont été promus. Tant que cela ne change pas, nous pensons qu'il est trop tôt pour refermer le chapitre des scandales sexuels de l'Église catholique.

Extrait du rapport rédigé dans le cadre de l'enquête des services du procureur de la Pennsylvanie

Propositions de réforme

Les jurés disent « reconnaître que beaucoup de choses ont changé [au sein de l'Église catholique] ces quinze dernières années », mais soulignent que les deux inculpations montrent que « les abus d'enfants au sein de l'Église n'ont pas disparu ».

Le cardinal Donald Wuerl, ancien évêque de Pittsburgh et maintenant archevêque de Washington, a déclaré avant la publication du rapport qu'il s'attendait à être critiqué.

Dans une lettre destinée aux prêtres, il explique avoir agi avec diligence pour protéger les enfants lorsqu’il était évêque à Pittsburgh, poste qu'il a occupé jusqu'en 2006.

Le jury formule plusieurs propositions de réforme, notamment une modification des textes de loi pour allonger le délai de prescription, au pénal et au civil, et restreindre le champ des accords de confidentialité auxquels l'Église catholique a eu fréquemment recours, d'après l'enquête.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Associated Press

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