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Québec annonce du soutien pour les proches de victimes d'actes criminels

Stéphanie Vallée, ministre de la Justice, s'exprime en point de presse.
La ministre Stéphanie Vallée a consacré sa dernière annonce politique à l'aide aux proches de victimes d'actes criminels. Photo: The Canadian Press / Jacques Boissinot
Radio-Canada

Le gouvernement du Québec remboursera certains frais engagés par les proches de victimes d'actes criminels souhaitant assister aux procédures judiciaires à la suite des drames qui sont survenus.

En vertu de ce nouveau programme, baptisé Programme de soutien des proches de victimes décédées à la suite d’un acte criminel, qui doit entrer en vigueur avant la fin de l'année, les proches de victimes d'actes criminels pourront puiser dans un fonds avoisinant les 380 000 $ sur une base annuelle.

Jusqu'à 2000 $ pourront ainsi être réclamés par demandeur, avec une limite de deux demandeurs par dossier criminel.

Il sera ainsi possible de faire rembourser des frais de repas, de déplacement ou encore d'hébergement. Cet argent proviendra des contributions versées aux Centres d'aide aux victimes d'actes criminels (CAVAC) par des gens reconnus coupables d'un crime, qu'il s'agisse d'un don volontaire ou ordonné par le tribunal.

Ledit programme, qui sera porté par les CAVAC, bénéficiera, d'ici à son début officiel, d'une partie de l'argent prévu pour des dépenses discrétionnaires du Ministère, a fait savoir Stéphanie Vallée.

L'annonce, effectuée mardi après-midi, à moins de deux semaines du déclenchement officiel de la campagne électorale, représente le dernier geste politique de la ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, qui ne se représentera pas lors du prochain scrutin.

Lors de la conférence de presse, Mme Vallée a souligné que « les dossiers sont souvent abordés selon un contexte politique », mais que « le souci envers les victimes n'est pas une question politique, mais plutôt une question humaine ».

Assister ou participer au processus judiciaire d'un proche est un besoin fondamental.

Stéphanie Vallée, ministre de la Justice du Québec

Si le ministère offre sa collaboration, le programme sera en revanche géré par un comité externe formé de représentants de cinq organisations : les CAVAC, l'Association des familles de personnes assassinées ou disparues, l'Association québécoise Plaidoyer-Victimes, le Service de police de la Ville de Montréal et la Sûreté du Québec.

« Processus de guérison »

Ce nouveau programme est accueilli de façon fort positive par Jenny Charest, directrice du CAVAC Montréal.

« Le réseau des CAVAC était très heureux de travailler à mettre en place un programme de remboursement des proches, parce qu'on le sait : les proches vivent toutes sortes de difficultés... On parle ici d'un drame qui est innommable », a-t-elle déclaré.

Les proches veulent et ont besoin, dans leur processus de deuil, de participer au processus judiciaire et d'être présents.

Jenny Charest, directrice du CAVAC Montréal

Pour Mme Charest, le fait, pour les proches de victimes, de participer ou d'assister aux procédures judiciaires s'inscrit dans un « processus de guérison ».

« Auparavant, c'était très difficile à vivre, parce que nous ne pouvions pas offrir ce soutien. [...] Maintenant, au moins, les personnes vont pouvoir faire des demandes. On parle d'une amélioration de l'offre de services aux proches », a-t-elle ajouté.

Des améliorations toujours possibles

Même son de cloche pour Nathalie Beaulieu, mère de la jeune Clémence Beaulieu-Patry, assassinée dans un supermarché Maxi en 2016.

En entrevue sur les ondes de RDI, Mme Beaulieu se dit contente de l'annonce ministérielle, après « plus d'un an de revendications auprès de la ministre de la Justice ».

« On va se croiser les doigts qu'avec les élections qui s'en viennent, l'argent [promis] se matérialisera. »

Si Mme Beaulieu, enseignante au primaire, reçoit toujours des prestations d'invalidité, son conjoint, qui travaille dans le secteur privé, n'a pas eu droit à une aide financière de la part de son assureur durant les six semaines qu'a duré le procès du meurtrier de leur fille.

« Être là, c'est important pour le sentiment de justice », a poursuivi Mme Beaulieu.

Cette dernière estime toutefois que d'autres agences gouvernementales doivent offrir une meilleure reconnaissance aux proches de victimes d'actes criminels, y compris lorsque vient le temps de payer, par exemple, des séances de psychothérapie.

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