•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Des bambins sur les listes d’interdiction de vol

Un bambin dort dans un siège pour bébé

Sebastian Khan a été arrêté à la frontière alors qu'il n'avait que 18 mois

Photo : Photo offerte par Zamir Khan

CBC News

Le fils de Zamir Khan a été arrêté et détenu à la frontière entre le Canada et les États-Unis alors qu'il avait 18 mois.

Un agent de la compagnie aérienne a dit au père que c'était parce que le nom de son fils, Sebastian, correspondait à celui d'une personne figurant sur une liste de sécurité nationale.

« Ça nous a choqués. Après tout, on parlait d’un garçon de 18 mois, qui était en train de somnoler dans son siège de bébé », explique M. Khan, âgé de 36 ans. En creusant un peu plus le sujet, M. Khan affirme avoir ouvert une boîte de Pandore. « Nous n'étions pas les seuls à avoir ce problème. »

Les maux de tête, les retards et les vols manqués sont toujours une épreuve kafkaïenne pour les familles qui ont le malheur d’avoir un proche qui a un homonyme sur les listes d’interdiction de vol. Mais ces problèmes pourraient tirer à leur fin.

Ces familles rencontreront mercredi des responsables de la sécurité publique à Toronto dans le but de demander au gouvernement fédéral d’agir.

Quelle solution?

M. Khan et des dizaines d'autres familles à travers le pays dans la même situation se sont mobilisés pour demander au gouvernement fédéral de mettre en place un processus d'appel pour empêcher des personnes innocentes de se faire arrêter à la frontière.

Le groupe No-Fly List Kids compte environ 200 familles.

En février, Ottawa a annoncé avoir prévu une enveloppe de 81,4 millions de dollars sur cinq ans et de 14 millions de dollars par année pour les années suivantes pour créer « un modèle de filtrage centralisé rigoureux » et un système de recours pour les passagers « qui ont des noms identiques ou similaires à ceux sur la liste. »

M. Khan, qui habite London, en Ontario, assistera à la rencontre mercredi.

Sarah Wilson et son fils, Amir Khan

Sarah Willson et son fils Amin Karim

Photo : Photo offerte par Sarah Wilson

Selon Sarah Willson, de Vancouver, elle aussi membre de No-Fly List Kids, la stigmatisation due au fait d’être traité différemment par les autorités est un stress inutile. Son fils de trois ans, Amin Karim, est presque toujours retenu à l’aéroport depuis sa naissance.

« Ce n'est pas seulement un inconvénient. Devoir faire la queue dans une file différente pour être autorisé à voyager dans mon propre pays, c’est bouleversant », dit-elle.

Mme Willson se rendra elle aussi à la réunion mercredi matin et espère qu'une solution sera rapidement trouvée.

« Notre fils a trois ans, mais certains membres du groupe sont maintenant adultes, et leur situation n’est toujours pas réglée. »

Le portrait d'un jeune homme

Yusuf Ahmed

Photo : Photo offerte par Yusuf Ahmed

C'est un problème que Yusuf Ahmed, 20 ans, connaît bien. Il dit qu'il a été arrêté dans les aéroports, probablement parce que son nom correspond à quelqu'un qui est considéré comme étant un risque pour la sécurité, depuis qu’il est un petit garçon.

« Quand vous êtes un enfant de deux ans dans une poussette, vous n’êtes pas vraiment intimidant, mais quand vous avez 17, 18, 19 ans, les agents n’hésitent pas à vous traiter durement. Vous n’êtes plus un gamin! », explique-t-il.

No-Fly List Kids pense que la solution sur laquelle travaillent les responsables de la sécurité publique finira par ressembler au système qui est en place aux États-Unis depuis plus d'une décennie.

Aux États-Unis, une personne qui est fréquemment retardée aux douanes peut demander un numéro de voyage spécial, qu’elle pourra par la suite utiliser lors de la réservation de billets d’avion.

Dans un communiqué, un porte-parole du ministre de la Sécurité publique a refusé de déclarer quand un éventuel nouveau système serait mis en place.

Le gouvernement fédéral refuse aussi de divulguer combien de personnes sont sur les listes d’interdiction de vol pour des « raisons de sécurité ».

Prévention et sécurité

Politique