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« Pas de place chez nous pour cette statue » : un chef autochtone ontarien ne veut pas de Sir John A. Macdonald

Le grand chef de la Première Nation Anishinabek, Glen Hare
Le grand chef de la Première Nation Anishinabek, Glen Hare, s'oppose à la volonté du gouvernement de l'Ontario de rapatrier la statue de Sir John A. Macdonald. Photo: La Presse canadienne / Sean Kilpatrick
Radio-Canada

Le grand chef de la Nation Anishinabek en Ontario, Glen Hare, ne digère pas la volonté du gouvernement provincial de rapatrier la statue de Sir John A. Macdonald récemment retirée d'une place publique à Victoria, en Colombie-Britannique.

Déboulonnée samedi à Victoria, la statue de l’un des pères fondateurs de la Confédération repose dans un entrepôt.

Le conseil municipal avait voté en faveur du retrait de la statue, arguant notamment le rôle de l’ancien homme politique dans la mise en place du système des pensionnats autochtones.

Lundi, la ministre du Tourisme de l’Ontario, Sylvia Jones, a déclaré en Chambre avoir écrit au conseil municipal de Victoria pour acquérir la statue.

Lorsque je voyage à travers le pays, j’entends toujours les gens dire que nous, les Premières Nations, devons passer à autre chose et arrêter de parler des choses négatives qui ont été faites à notre endroit. Mais voilà qu’on veut amener une statue qui sera un rappel constant de ce que cet homme nous a fait, déclare le chef Hare.

Une statue de John A. MacDonald devant l'entrée de l'hôtel de villeLa statue de Sir John A. Macdonald a été retirée le 11 août de l'hôtel de ville de Victoria. Photo : CBC / Mike McArthur

Le leader autochtone souligne que les actions auxquelles a pris part l’ancien premier ministre canadien ont engendré la perte d’identité chez de nombreux Autochtones.

Nous avons toujours plusieurs de nos membres qui essaient de trouver qui ils sont, d’où ils viennent et tout cela à cause de ce que cet homme a fait avec d’autres. Il n’y a pas de place du tout chez nous pour cette statue ou pour ce genre d’histoire.

Glen Hare, grand chef de la Première Nation Anishinabek

Si le gouvernement justifie son intention de rapatrier la statue par le fait que « l’histoire compte » et que la statue devrait être gardée pour l’enseignement, M. Hare déplore, lui, le manque d’appui gouvernemental adéquat à l'éducation autochtone.

Le gouvernement ne nous aide pas assez à revitaliser notre culture, nos langues, à ramener tout cela. Les gens s’excusent toujours aujourd’hui pour la perte de leur langue à cause des écoles. Gardez cette statue rangée quelque part!, fait-il savoir.

M. Hare dit qu’il veut bien établir une bonne relation de travail avec le nouveau gouvernement provincial, mais qu’il faudrait [pour cela] aller de l’avant et ne pas retourner en arrière.

La Nation Anishinabek regroupe 40 communautés autochtones de partout en Ontario.

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