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  • Fuir la guerre et l’oppression : le cas des réfugiés vietnamiens

    Une famille vietnamienne, assise à une table, rencontre des agents de l'immigration canadienne.

    Dans les années 1970 et 1980, le Canada accueille deux grandes vagues de réfugiés vietnamiens.

    Photo : Radio-Canada / Reportage de l'émission Reflets d’un pays du 28 juin 1982

    Radio-Canada

    Au cours des années 1970, le Canada accueille deux vagues massives de réfugiés vietnamiens. Fuyant d'abord la guerre et puis un régime oppressif communiste, ils montent par milliers à bord de bateaux pour traverser l'océan Pacifique. On les surnomme alors les « boat people ». Voici en archives un aperçu de l'arrivée et de l'intégration des réfugiés de la mer dans la société québécoise.

    La guerre du Vietnam, prémisse à l’exode

    Mon pays, qui a plus de 300 kilomètres carrés de surface, a été divisé en deux par une guerre civile en 1954. C’est pourquoi dès mes premiers jours de vie, j’avais entendu le bombardement des avions, le tirement des fusils et les plaintes des orphelins.

    Témoignage d’un adolescent vietnamien

    L’origine des premiers mouvements migratoires vietnamiens remonte à la fin de la guerre du Vietnam en 1975. L’affrontement armé éclate en 1954 et oppose le Vietnam du Nord, régime communiste, au Vietnam du Sud, appuyé par l’armée américaine.

    Le 30 avril 1975, la capitale du Vietnam du Sud, Saïgon, tombe et le Vietnam est réunifié sous la bannière du régime communiste en 1976.

    Dans ce contexte, la première vague d’immigration du Vietnam a lieu dès 1975. Le Canada accueille alors environ 2000 personnes.

    Tous passent obligatoirement par les camps des pays de premier accueil dispersés en Thaïlande, en Indonésie, aux Philippines, à Hong Kong et en Malaisie. Un certain nombre de réfugiés sont ensuite sélectionnés pour immigrer au Canada.

    Le journaliste Daniel Pinard recueille des témoignages de Vietnamiens qui racontent leur arrivée à Montréal à l’émission Le 60 du 7 octobre 1975.

    Le 60, 7 octobre 1975

    Pour un grand nombre d’entre eux, l’intégration se fait rapidement. Les centres d’orientation et de formation pour les immigrants (COFI) leur offrent des cours de français et du soutien dans la recherche d’emplois.

    Les réfugiés sont principalement des professionnels et des universitaires. Quelques-uns se butent toutefois au problème d’équivalence des professions et doivent refaire des études ou effectuer des stages pour travailler dans leur domaine.

    Les enfants sont inscrits aux classes d’accueil de la Commission des écoles catholiques de Montréal.

    Entre 1975 et 1978, malgré la bonne intégration de la communauté et l’appui de la société canadienne, le Canada ne reçoit qu’environ 9000 réfugiés.

    C’est avec la deuxième vague de réfugiés, qui commence à partir de 1978, que le pays revoit à la hausse ses politiques d'acceptation des réfugiés.

    Le second exode

    C’est un autre conflit armé, cette fois-ci entre le Vietnam et la Chine, qui pousse plusieurs Vietnamiens et Chinois à fuir. À ce nombre s’ajoutent ceux qui s’évadent à cause de la répression du régime communiste.

    En effet, nombreux qui appuyaient ou étaient soupçonnés d’appuyer l’ancien gouvernement du Sud étaient envoyés dans des prisons ou dans des camps de travaux forcés.

    La situation des Vietnamiens de cette deuxième vague est très précaire.

    Ceux qui tentent de fuir le pays doivent le faire précipitamment et avec peu de possessions. Ils embarquent sur de vieux bateaux en mauvais état et doivent faire preuve de patience et de courage avant d’arriver à destination.

    C’est à partir de ce second exode que le surnom « boat people » est attribué aux immigrés vietnamiens. Leur traversée de l’océan se fait au péril de leur vie, mais le désir de quitter le régime totalitaire est plus fort.

    Plusieurs milliers ne survivront pas au parcours vers une vie meilleure.

    Des centaines de Vietnamiens sont massés dans un camp.

    Les réfugiés vietnamiens passent obligatoirement par les camps des pays de premier accueil dispersés en Asie avant d'arriver au Canada.

    Photo : Radio-Canada / Reportage de l'émission Reflets d’un pays du 28 juin 1982

    En novembre 1978, le Hai Hong, un vieux cargo panaméen rouillé ayant à son bord 2500 Vietnamiens, se voit refuser l'accès aux côtes de la Malaisie. Les autorités menacent de remorquer le bateau en haute mer après l'avoir réapprovisionné en médicaments et en nourriture.

    La population canadienne prend conscience de la situation critique des réfugiés vietnamiens. Du seul bateau Hai-Hong, le Canada accueille 600 passagers.

    L’intégration des « boat people » au Québec

    La seconde vague d’immigration vietnamienne est plus massive. En 1979, on recense 14 000 immigrants vietnamiens au Canada dont 10 000 sont établis au Québec. De ce nombre, 8000 Vietnamiens vivent à Montréal. Le nombre triple en 1980.

    Une grande majorité de Vietnamiens qui débarquent au Québec s’installent à Montréal principalement en raison des possibilités d’emploi et des universités.

    Cette communauté est favorablement accueillie au sein de la société. Et leur intégration est rapide.

    Le gouvernement fédéral leur offre du soutien pendant une année. Mais il ne leur faut généralement que quelques semaines pour trouver un emploi et un logement et pour commencer leur apprentissage du français.

    Quelle que soit la période de leur arrivée, quel que soit le genre de travail qu’ils faisaient dans leur pays, les immigrants vietnamiens travaillent, poussent leurs études, s’intègrent et deviennent très rapidement un apport économique.

    René Ferron, journaliste

    À l’émission Télémag du 30 janvier 1979, le journaliste René Ferron dresse un portrait de la vie et de l’intégration des réfugiés vietnamiens à Montréal.

    Télémag, 30 janvier 1979

    Les Vietnamiens qui ont immigré au Canada dans les années 1970 et 1980 se sont rapidement insérés dans la fibre sociale et économique du pays.

    Leur apport est sans conteste et leur volonté de s’intégrer a permis à des générations de prospérer par la suite.

    Leur histoire, qui ne se résume pas qu’à ces simples lignes, est une histoire de courage et de détermination face à l’oppression.

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