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La CAQ veut rétablir le tarif unique en garderie

François Legault descend de l'autobus de campagne de la CAQ pour se rendre au congrès de son parti, samedi.

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Radio-Canada

S'il est porté au pouvoir le 1er octobre prochain, le parti de François Legault entend revoir le coût des garderies pour revenir au tarif unique.

La Coalition avenir Québec (CAQ) en a fait l’annonce par voie de communiqué mardi matin, alors que les partis politiques cherchent déjà à séduire l'électorat à dix jours du déclenchement officiel de la campagne électorale.

« François Legault annonce qu’un gouvernement de la CAQ abolira la taxe famille des libéraux de Philippe Couillard et rétablira un tarif unique de 8,05 $ par jour, pour ainsi corriger la grave injustice causée par le Parti libéral du Québec au début de son mandat », écrit la CAQ.

En 2014, quelques mois après son élection, le gouvernement de Philippe Couillard avait effectivement rompu avec sa promesse de campagne de ne pas augmenter les tarifs des garderies, en les modulant selon le revenu.

Il restait à 7,30 $ pour les familles gagnant moins de 51 000 $ par année, et augmentait graduellement en fonction du revenu, tel que déclaré au moment de produire les impôts.

Le montant a par ailleurs été indexé au coût de la vie à partir de janvier 2016, ce qui a porté la cotisation minimale à 8,05 $ actuellement.

La CAQ veut revenir au modèle antérieur en abolissant sur quatre ans cette « taxe famille ». Selon le parti, ce retour au tarif unique permettra de « remettre une somme de 160 millions de dollars par année dans les poches des parents de jeunes enfants ».

Le tarif serait indexé annuellement, indique la CAQ.

En entrevue au Midi info, Geneviève Bélisle, directrice générale de l'Association québécoise des CPE, a expliqué voir de « manière favorable » cette annonce.

« C'est un pas dans la bonne direction. On aimerait que la gratuité soit offerte, mais on considère que le retrait de la "taxe famille" est une bonne nouvelle », a-t-elle fait valoir.

« Le réseau a été construit sur le principe d’universalité pour que tous les enfants y aient accès. Tout ce qui nous amène vers la tarification unique nous semble plus cohérent avec le souhait de départ d’offrir un programme universel », a-t-elle ajouté.

Comment financer cette perte de revenu pour le gouvernement?

Pour financer cette promesse, mais aussi d’autres qui seront annoncées plus tard pendant la campagne électorale, la CAQ compte sur trois sources de revenus, indique la députée Geneviève Guilbault, porte-parole de son parti en matière de famille.

Tout d’abord, le gouvernement bénéficie en ce moment d’un surplus de 2,4 milliards de dollars, dit-elle, ce qui « dégage une certaine marge de manœuvre ».

Elle rappelle ensuite que la CAQ a un plan pour aller chercher quelque 800 millions de dollars en mettant fin au « gaspillage de fonds publics [...] sur tout ce qui concerne l’approvisionnement et les contrats informatiques au gouvernement ».

Enfin, et surtout, Mme Guilbault réitère qu’un gouvernement caquiste rouvrirait l’entente négociée par les libéraux avec les médecins spécialistes, dans le but de reprendre « un milliard » de dollars de rémunération accordé, selon eux, en trop.

Pour atteindre ce montant d’un milliard, la CAQ calcule que les médecins spécialistes gagnent en moyenne 400 000 $ par année, alors que leurs collègues ontariens empochent 360 000 $ par année en moyenne.

Puisque le coût de la vie est moins élevé au Québec, un salaire de 320 000 $ serait équivalent à la moyenne ontarienne, estime la CAQ, d’où le surplus de 80 000 $ par médecin.

Par ailleurs, le retour au tarif unique sera amorti de façon graduelle sur quatre ans, insiste Mme Guilbault.

Dans les faits, ceux qui paient le plus en ce moment, soit ceux qui ont un revenu plus élevé, économiseraient donc de l’argent. Un fait que reconnaît la CAQ.

« Les gens qui ont un revenu individuel supérieur financent déjà de manière plus importante les services publics, explique Geneviève Guilbault, que ce soit par leurs impôts ou par les taxes qu’ils paient. C’est injuste de leur avoir infligé une taxe supplémentaire, une taxe déguisée. »

Les promesses des autres partis

En janvier dernier, le Parti québécois s’était aussi engagé à revenir au tarif unique en garderie et promettait même la gratuité pour le troisième enfant d’une famille. Les ménages gagnant moins de 34 000 $ par année pourraient bénéficier du service tout à fait gratuitement, promettaient-ils alors.

Le chef du PQ, Jean-François Lisée, a réagi au projet caquiste sur son compte Twitter. « Au PQ, on fait le choix de la qualité et de l’accessibilité pour l’enfance. Les nouvelles places en garderie seront dans des CPE, là où la qualité est meilleure. Économie pour une famille de 2 enfants avec des revenus de 90 000 $ par an = près de 2000 $! », a-t-il écrit.

La ministre libérale de l’Économie, de la Science et de l’Innovation, Dominique Anglade, avait aussi une critique pour le chef caquiste.

« Je pense qu’on va ici dans plusieurs directions différentes avec François Legault. Il y a un slogan par rapport à ça, je ne sais pas quel plan est en arrière. Ce qui est clair, c’est que nous, on a proposé une modulation en fonction des revenus des familles. On pense que c'est une proposition qui est acceptable. »

Le Parti libéral a promis d'offrir tous les services de garde gratuits aux enfants de 4 ans.

Du côté de Québec solidaire, la promesse faite aux citoyens est d'instaurer la gratuité de l'éducation « de 0 à 17 ans », ce qui inclue la garderie, une mesure qui coûterait, estime QS, quelque 950 millions de dollars par année.

Évolution des tarifs

  • 1997 : le gouvernement péquiste de Lucien Bouchard instaure les CPE au coût fixe de 5 $ par jour;
  • 2004 : le gouvernement libéral de Jean Charest augmente le tarif à 7 $ par jour;
  • 2014 : le gouvernement libéral de Philippe Couillard fait passer le tarif de base à 7,30 $ par jour et introduit la modulation des tarifs.

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