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Trois blessés dans une attaque à la voiture-bélier à Londres

Le récit de Lise Villeneuve
Radio-Canada

Un homme a lancé sa voiture sur des cyclistes et des piétons devant le parlement de Londres avant de terminer sa course contre une barrière de sécurité. La police britannique traite l'événement comme un « acte terroriste ».

L'attaque, qui a fait trois blessés dont la vie n'est toutefois pas menacée, est survenue un peu après 7 h 30.

Les images diffusées par le réseau BBC montrent un véhicule de marque Ford Fiesta gris métallique quitter sa trajectoire pour se diriger vers un passage pour piétons. Il fonce ensuite vers deux policiers qui réussissent à esquiver la voiture de justesse avant que celle-ci percute une barrière de sécurité érigée pour contrôler l'accès au parlement.

Un homme dans la vingtaine a été arrêté et placé en détention dans un commissariat du sud de Londres pour des faits de terrorisme, a précisé la police. Des images de la télévision montrent un homme en manteau noir entouré de policiers lui passant les menottes.

« Il n'y avait personne d'autre dans le véhicule qui est toujours sur place et qui est en train d'être fouillé. Aucune arme n'a été retrouvée à ce stade », a déclaré la police dans un communiqué.

Le jeune homme « ne coopère pas à l'heure actuelle », a déclaré le chef de la brigade antiterroriste, Neil Basu. Ce dernier souligne que « la priorité » des forces de l'ordre est d'établir l’identité et le mobile du suspect. « Sur la base des éléments dont nous disposons en ce moment, nous pensons que cet individu n'était pas connu du MI5 [le service du renseignement intérieur] ou de la police antiterroriste », poursuit-il.

L'accès au Parliament Square, situé juste devant le parlement, a été bloqué et le service a été interrompu à la station de métro Westminster. Des policiers lourdement armés ont été déployés sur les lieux, habituellement très fréquentés par les touristes et les employés du gouvernement.

Le pont de Westminster a également été fermé.

Un policier armé se tient à l'extérieur du palais de Westminster.Une voiture a foncé dans les barrières de sécurité du palais de Westminster, à Londres. Photo : Reuters / Hannah Mckay

Selon des témoins, la voiture roulait à toute vitesse lorsqu’elle a heurté plusieurs piétons et cyclistes. Des images montrent des vélos et des gens au sol.

« L’auto a foncé à toute vitesse sur les barrières. Il y a eu un gros bang et un peu de fumée, a dit une femme sur place. Le chauffeur n’est pas sorti. Les gardiens de sécurité ont commencé à crier aux gens de s’éloigner. »

« Ça ne ressemblait pas à un accident, a dit un autre témoin. Comment peut-on faire ça par accident? »

Une cellule de crise du gouvernement se réunira en début d'après-midi. Le Parlement ne siégeait pas au moment de l'attaque.

La première ministre Theresa May a réagi en remerciant les services d’urgence et en offrant ses pensées aux blessés.

Le maire de Londres Sadiq Khan a également remercié les premiers répondants, se disant en contact étroit avec la police.

Londres s'est adapté au terrorisme

Installées autour du parlement britannique à la suite de précédentes attaques à la voiture-bélier, les barrières de sécurité ont joué leur rôle dans cet attentat. « Depuis le début des années 1990, Londres a ouvert la voie en matière de sécurité antiterroriste urbaine », a déclaré à l'AFP le professeur Jon Coaffee, du département d'études politiques et internationales de l'université de Warwick.

La ville s’est ainsi dotée d’un ensemble d’équipements et de structures – baptisés « cercle d’acier » – visant à protéger les citoyens contre le terrorisme. Constitué de barrières métalliques, le dispositif compte également des postes de contrôle répartis de manière stratégique, des bornes d’accès sur les sites jugés plus sensibles et de la surveillance vidéo renforcée.

Une présence policière accrue est aussi ajoutée lorsque le niveau d’alerte le commande.

Amovible, le dispositif peut être déployé sur des lieux spécifiques en des occasions particulières comme ce fut le cas autour de la résidence de l’ambassadeur américain lors de la visite du président Donald Trump en juillet dernier.

Hautement sensible en raison de la présence du parlement britannique, du palais de Westminster et de plusieurs ministères, le quartier Whitehall est en permanence protégé par un dispositif « cercle d’acier ». Il est toutefois renforcé par des aménagements supplémentaires. La structure de protection compte des bornes anticollision et des barrières dissimulées sous des balustrades. Des barrières d’acier spécialement conçues pour prévenir les attaques au camion-bélier sont également installées autour du parlement.

En mars 2017, Khalid Masood, un homme de 52 ans, avait tué quatre personnes sur le pont de Westminster avant de poignarder à mort un officier de policier non armé devant le parlement britannique. Il avait été abattu sur place.

Cet attentat était le premier d'une série de cinq qui ont eu lieu au Royaume-Uni, l'an passé.

Avec les informations de Reuters, BBC, Associated Press, et Agence France-Presse

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