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Non au changement de nom du boulevard Grandin, mais il faut une solution, selon Brian Mayes

Une plaque de bronze.

La plaque actuelle qui marque la création du boulevard Grandin.

Photo : Document remis

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le conseiller municipal de Saint-Vital, Brian Mayes, s'oppose au changement de nom des lieux nommés en l'honneur de l'évêque Vital-Justin Grandin, en particulier le boulevard Grandin, le sentier Monseigneur-Grandin et le quartier de Saint-Vital, à Winnipeg. Il propose de travailler avec les Premières Nations pour trouver une solution.

Des habitants de Saint-Vital ont en effet exprimé des inquiétudes concernant certains lieux à cause de l’attitude négative de l’évêque catholique à l’égard des Premières Nations et son rôle dans les pensionnats autochtones, selon une note préparée en avril par le département des archives de la Ville. Cette note ne fait cependant pas de recommandation, mais fournit plutôt le contexte entourant la vie de Vital-Justin Grandin.

Bien que le religieux ait défendu les droits des Métis, il estimait aussi que les Autochtones devaient être « civilisés ». « C’est clair qu’il croyait aux écoles résidentielles, qu’il appelait des écoles industrielles », dit l’historien et ancien professeur à l’Université de Saint-Boniface, Jean-Marie Taillefer. « Il avait une perspective tout à fait précise de la solution pour [intégrer les Autochtones] à la société blanche et, clairement, les écoles résidentielles étaient une de ces grandes solutions. »

Vital-Justin Grandin a même fait du lobbying auprès du gouvernement fédéral pour faire financer la construction de telles écoles. Dans son rapport final, la Commission de vérité et réconciliation du Canada conclut que Mgr Grandin « a mené la campagne pour les écoles résidentielles ».

Il faut placer ça dans le contexte de l’histoire. L’histoire du colonialisme anglais, l’histoire du colonialisme français, l’histoire du colonialisme au Canada, ce sont des faits.

Une citation de : Jean-Marie Taillefer, historien et ancien professeur à l’Université de Saint-Boniface

Un changement de nom compliqué

« Il y a assurément du bien qui a été fait par cet homme, mais il y a aussi les pensionnats autochtones », affirme Brian Mayes en voulant remettre les choses en perspective.

« Il a été un missionnaire important ici au Manitoba, mais aussi dans tout l’Ouest canadien, ajoute-t-il. Il était un défenseur des droits des Métis et des droits linguistiques des francophones. Le problème, c’est qu’il était un grand défenseur des pensionnats autochtones. »

M. Mayes dit avoir entendu des commentaires de résidents du secteur qui l’ont contacté pour changer le nom de ce boulevard très fréquenté de Winnipeg.

Il explique toutefois que ce serait compliqué de changer le nom, puisque le boulevard parcourt d’est en ouest quatre quartiers de la Ville. Selon lui, un tel changement de nom devrait passer par un vote du conseil municipal et coûterait cher aux citoyens.

Il suggère plutôt, un monument artistique qui pourrait attirer l’attention des passants et expliquer cette partie noire de l’histoire canadienne.

Je ne crois pas qu’il faille enlever le nom et que rien n’arrive après. Je ne crois pas en [l'utilité d'] effacer l’histoire, je crois en outre que nous devons apprendre de l’histoire. Je veux trouver une solution en partenariat avec les membres des Premières Nations.

Une citation de : Brian Mayes

« Expliquer l’histoire serait un véritable geste de réconciliation »

Jean-Marie Taillefer abonde dans le même sens : « L’historien ne doit pas juger l’histoire avec les yeux du présent. On ne doit pas changer l’histoire, parce que l’histoire, c’est l’histoire. »

Effacer [des personnages qui ont fait à la fois de bonnes et de mauvaises choses] est-ce que ça va aider à la compréhension, à l’éducation? Moi, je ne le crois pas.

Une citation de : Jean-Marie Taillefer, historien et ancien professeur à l’Université de Saint-Boniface

Brian Mayes dit aussi aimer l’initiative qu’a prise la Ville d’Edmonton de faire une murale en l’honneur de l’évêque Vital-Justin Grandin, qui a vécu de 1829 à 1902.

« Ils ont agrandi la murale en signe de réconciliation. Il y a une plaque dans mon quartier qui date de l’inauguration de la route, il y a 40 ans, et j’aimerais qu’on puisse y ajouter du contexte à propos des pensionnats autochtones », explique le conseiller de Saint-Vital.

« Pour moi, expliquer l’histoire serait un véritable geste de réconciliation », ajoute-t-il.

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