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Une étude met en doute la rentabilité du projet d’Arianne Phosphate

Vue aérienne du Lac-à-Paul et du site projeté de la mine d'Arianne Phosphate.
La mine d'Arianne Phosphate doit être construite près du Lac-à-Paul. Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

Une analyse du ministère de l'Environnement du Québec qui a été révélée par Le Devoir met en doute la justification économique du projet de mine d'apatite d'Arianne Phosphate à Lac-à-Paul.

Dans un rapport soumis à l'Agence canadienne d'évaluation environnementale, qui analyse le projet de terminal maritime sur la rive nord du Saguenay, l'expert du ministère estime que la rentabilité de la mine n'est pas envisageable dans un avenir prévisible.

L'analyse est signée par Dick McCollough, économiste à la direction générale de l'évaluation environnementale et stratégique du ministère. Il y trace le portrait de l'évolution du marché de l'apatite dans le monde.

L'économiste constate qu'elle n'était plus qu'à 80 $ américains la tonne au 31 décembre 2017, alors que le seuil de rentabilité établi par Arianne Phosphate se situe entre 125 $ et 130 $.

Il compare aussi le projet d'Arianne Phosphate à un projet minier semblable, celui de mine Arnaud sur la Côte-Nord, actuellement en veilleuse même si les investissements nécessaires y sont moins importants.

Dans son rapport, Dick McCollough conclut que la situation financière d'Arianne Phosphate semble précaire, sinon insoutenable à court et moyen terme, en raison principalement de l'importance des investissements requis pour l'ensemble du projet, de la faiblesse des prix, d'un marché international saturé et de l'absence de partenaires financiers.

Il ajoute que sans même prendre en compte les différents enjeux environnementaux et sociaux [...] le projet pris dans son ensemble ne semble pas justifiable économiquement à court ou moyen terme, sur un horizon d'au moins 10 ans.

Philippe Couillard défend le projet

Appelé à commenter ces conclusions, le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, a assuré que le projet minier avait toujours l'appui du gouvernement.

On le sait que le marché de l’apatite est incertain. Ce qu’il faut regarder, c’est à plus long terme et ce qu’il faut regarder également, c’est la diversification de nos économies régionales.

Philippe Couillard, premier ministre du Québec

Le projet de mine d'apatite de Lac-à-Paul est évalué à 1,3 milliard de dollars, ce qui n'inclut pas le terminal maritime pour lequel l'analyse environnementale est en cours.

D’après le reportage de Denis Lapierre

Saguenay–Lac-St-Jean

Économie