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La pêche en haute mer a peu d'impact sur la lutte contre l'insécurité alimentaire

Un bateau de pêche en haute mer.
La pêche en haute mer ne représente que 3 % des poissons et fruits de mer pêchés dans le monde. Photo: iStock
Radio-Canada

La pêche en haute mer a un impact négligeable sur l'approvisionnement mondial en poissons et fruits de mer. Son éventuelle fermeture n'aurait aucun effet sur la lutte contre l'insécurité alimentaire dans le monde, révèle une récente étude.

À peine 3 % des poissons et fruits de mer pêchés dans le monde le sont en eaux internationales, d’après une étude réalisée par des experts en pêcheries et en sciences sociales de l’Université Dalhousie, de l’Université de New York et du magazine National Geographic.

La pêche en haute mer désigne celle réalisée en eaux internationales, c’est-à-dire à plus de 200 miles nautiques des côtes, donc hors des zones économiques exclusives aux différents pays.

Ces résultats, estime la chercheuse Laurenne Schiller, du programme des affaires marines de l’Université Dalhousie, à Halifax, en Nouvelle-Écosse, sont dévoilés au moment même où les Nations unies sont engagées, depuis quelques mois, dans l’élaboration d’un traité international sur la protection de la biodiversité en haute mer.

Certaines organisations à but non lucratif ainsi que des experts militent pour une fermeture complète de la pêche en eaux internationales.

Laurenne Schiller précise que l’objectif de l’étude était de pallier le manque de données pertinentes, et non de recommander des politiques à adopter.

Un thon rouge.Un thon rouge. Photo : Associated Press / Chris Park

Les conclusions de l’étude, précise-t-elle, démontrent que la lutte contre l’insécurité alimentaire sur la planète n’est pas en péril lorsque l’on débat de l’avenir de la pêche en eaux internationales.

Les défis posés par la sécurité alimentaire ne sont pas vraiment à considérer, explique Mme Schiller. La fermeture de la pêche en haute mer n’aurait aucune implication réelle sur l’approvisionnement en poissons et fruits de mer et sur la sécurité alimentaire.

Un homme et un thon rouge de 212 kilos photographiés au marché de Tokyo.Agrandir l’imageLe magnat du sushi Kiyoshi Kimura est photographié avec le thon rouge de 212 kilos qu'il a payé 632 000 aux enchères à Tokyo, en janvier 2017. Photo : Associated Press / Eugene Hoshiko

L’étude révèle de plus qu’une large part des prises réalisées en haute mer est destinée à une clientèle ayant les moyens de se payer un produit vendu plus cher.

Tout en reconnaissant que le thon listao, généralement vendu en conserve à un prix très abordable, représente une portion importante des prises en haute mer, les chercheurs remarquent que plusieurs des espèces pêchées, comme le thon rouge ou la légine, se détaillent souvent à des prix qui ne sont pas à la portée des personnes à faible revenu.

D’autres poissons plus petits pêchés en haute mer, comme le merlan bleu et le maquereau, sont destinés à servir de nourriture à des poissons qui rapportent davantage lors de la vente, comme le saumon d’élevage.

Nouvelle-Écosse

Industrie des pêches