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Panneau anglais sur la 69 : « Comme des citoyens de seconde classe », dénonce Gélinas

La députée de Nickel-Belt en entrevue à Radio-Canada.

Un panneau routier dans la circonscription de la députée néo-démocrate France Gélinas a affiché pendant plusieurs jours un avertissement en anglais seulement.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada
Mis à jour le 

La députée provinciale de Nickel Belt, France Gélinas, déplore la décision du ministère des Transports de l'Ontario (MTO) de publier uniquement en anglais un avertissement de visibilité réduite sur la route 69.

Le message a été affiché sur un panneau routier électronique en raison de la fumée émanant du feu de forêt Parry Sound 33, dans la circonscription de Mme Gélinas.

C’est nous traiter comme des citoyens de seconde classe, et ça, je ne l’accepte pas. Le gouvernement n’a pas pensé à faire traduire le message et n’a pas pris ses responsabilités en vertu de la Loi sur les services en français de façon sérieuse.

France Gélinas, députée de Nickel Belt

Le district de Sudbury où se trouve le panneau routier ainsi que la ville de Sudbury sont des régions désignées en vertu de la Loi sur les services en français (LSF).

Dans un courriel envoyé jeudi à Radio-Canada, le MTO a expliqué qu’étant donné l’urgence de la situation, il a été décidé d’afficher l’avertissement uniquement en anglais pour que les conducteurs soient au courant du danger.

Un signal routier indiquant une visibilité réduite en raison de la fuméeAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La taille de l'incendie Parry Sound 33 a augmenté de plus de 1000 hectares jeudi.

Photo : ministère des Richesses naturelles et des Forêts

Le message était toujours en anglais seulement vendredi en début d’après-midi, sept jours après que la chose eut été signalée à Radio-Canada par un internaute.

La visibilité est maintenant revenue à la normale et le message n'est plus affiché.

Mme Gélinas se dit d’autant plus déçue que la région où se trouve l'enseigne compte de nombreux francophones et en attire beaucoup d'autres l'été.

Il y a des gens qui sont passés devant cette enseigne-là et qui n’ont pas pu lire ce qu’elle disait parce qu’ils ne lisent pas suffisamment bien l’anglais. C’était un message important qui aurait dû être livré en français et en anglais en même temps, la technologie pour le faire était là, fait-elle savoir.

Invité lundi à réagir à la situation, le ministre des Transports John Yakabuski a dit ne pas être au courant de cela.

Par l'entremise de sa porte-parole, Kristin Franks, le ministère a affirmé lundi après-midi par courriel travailler pour être en mesure de traduire de tels avertissements en français à l'avenir.

Le Commissariat aux services en français de l’Ontario a indiqué avoir reçu trois plaintes à ce sujet, et qu'il procède à leur traitement.

Une refonte de la loi toujours attendue

Le président de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO), Carol Jolin, s’est aussi dit vendredi surpris et déçu de l'explication du MTO.

C’est [parce que] c’est une situation urgente [que] ça devrait être dans les deux langues, en plus [du fait que ce soit] dans une région désignée. Il faut que le message soit entendu par tout le monde.

Carol Jolin, président de l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario

L’incident arrive au moment où l’organisme porte-parole des Franco-Ontariens réclame depuis quelques années une refonte de la Loi sur les services en français, qui ferait de l’Ontario dans son ensemble une région désignée.

Le président de l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario, Carol JolinAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le président de l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario, Carol Jolin

Photo : Radio-Canada

M. Jolin rappelle que l’AFO a demandé au gouvernement actuel d’inclure dans la lettre de mandat de la ministre responsable des Affaires francophones, Caroline Mulroney, la révision de la loi.

Quant à Mme Gélinas, elle avance qu’il faut un changement d’attitude de la part du gouvernement.

Comment fait-on pour dire à un gouvernement qui adopte les lois qu’il doit également respecter ses propres lois? C’est pas mal à la base, observe-t-elle.

Radio-Canada n’a pas été capable de s’entretenir avec la ministre Mulroney au sujet de la situation, malgré les nombreuses demandes d’entrevue envoyées à son bureau.

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