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Futures garderies refusées à Shannon et ailleurs au Québec

Des enfants écoutent une éducatrice leur faire la lecture.

Des enfants dans un service de garde

Photo : Radio-Canada / Josée Ducharme

Radio-Canada

La garderie éducative La maison des découvertes, à Shannon, ne verra vraisemblablement pas le jour. Le ministère de la Famille a fait savoir à l'instigatrice du projet qu'il n'avait pas l'intention de lui octroyer un permis, une situation répandue au Québec.

Un texte de Maxime Corneau

L’entrepreneure Geneviève Simard rêvait de construire une garderie privée non subventionnée à la fine pointe de la technologie sur un terrain de Shannon, près de Québec.

L’objectif était d’accueillir 80 enfants et de leur offrir une initiation à l’anglais, des jeux extérieurs et des activités modernes, tout en donnant aux parents des horaires flexibles adaptés aux réalités des nombreux militaires qui résident dans le secteur.

Après avoir soumis son dossier au Ministère et enregistré 125 réservations de la part de parents, Mme Simard a reçu une douche froide par la poste; le comité consultatif chargé d’évaluer les dossiers recommande au ministère de la Famille de refuser sa demande de permis. Raison évoquée : le secteur sera assez pourvu en places de garderie en 2021.

« Est-ce qu’on dit : "On ne peut pas ouvrir un Subway à côté d’un Tim Hortons parce qu’il y a trop d’offres"? Les gens ont le droit de dire s’ils veulent un café ou un sous-marin », peste Geneviève Simard, qui estime que son projet se serait démarqué de la concurrence par sa qualité. Elle avait d'ailleurs effectué une étude de marché pour connaître le potentiel du secteur.


L'entrepreneure Geneviève Simard

L'entrepreneure Geneviève Simard

Photo : Radio-Canada / Maxime Corneau

Conséquence du projet de loi 143

L'adoption du projet de loi 143 a réformé plusieurs aspects des services de garde au Québec. L’une de ses conséquences est de limiter l’émission de permis pour les garderies privées et de toujours faire évaluer les nouveaux projets par un comité consultatif formé par des acteurs du milieu. Ce comité regarde notamment les prévisions de places disponibles dans un secteur et la demande des parents.

Dans le cas du secteur de Shannon, le comité a déterminé qu’il ne pouvait pas accueillir le projet de Mme Simard. Cette dernière déplore toutefois que de nombreuses places disponibles dans le secteur soient situées dans des garderies en milieu familial qui ne correspondent pas aux besoins des jeunes parents, selon son étude de marché.

Si moi je finis de travailler à 5 h 30 tous les jours et qu’il y une place dans un milieu qui ferme à 16 h 30, on nous dit : "Écoute, tu as une belle place dans un beau milieu, prends-la, et tu t’arrangeras".

Geneviève Simard

L'entrepreneure n’est par ailleurs pas la seule dans ce bateau. Des projets de partout au Québec subissent le même sort. La Garderie Nature à Chicoutimi et la Chenille ludique à Trois-Rivières, entre autres, ont vu leur demande de permis refusée par les comités consultatifs, et ce, malgré des réservations au-delà de leur capacité d’accueil.

Des familles en mode solution

Stéphany Bédard avait réservé deux places à La maison des découvertes pour Liam, 21 mois, et Jack, son poupon.

Aujourd’hui, elle doit trouver une solution de remplacement. « On a le bec à l’eau. On a l’impression qu’on n'a pas le choix », déplore la jeune mère de famille.

Elle digère mal d’avoir l’obligation de se diriger vers un service de garde en milieu familial en raison du refus annoncé de Québec. Ce genre de service de garde ne correspond pas à ses besoins.

« Il n’y a pas beaucoup d’activités variées [en milieu familial], il y a beaucoup de semaines de vacances. Souvent, on se retrouve avec plusieurs semaines de fermeture par année. Les parents, on n’a pas autant de semaines de vacances », précise-t-elle.

Dans l’attente d’une place dans un centre de la petite enfance (CPE), elle avait décidé de se tourner vers une institution privée.

« Assez de places »

Karl Fillion, l'attaché de presse du ministre de la Famille, Luc Fortin, précise d’emblée qu’il ne s’agit pas encore d’un refus catégorique. Il rappelle que Mme Simard peut contester la conclusion du comité consultatif. M. Fillion admet toutefois que Québec n’a jamais renversé l’une de ses décisions.

Il martèle que selon les prévisions du Ministère, le secteur de Shannon offrira assez de places en 2021 si l'on inclut tous les types d'établissement.

Relativement aux dépenses de 265 000 $ engrangées par Mme Simard pour acheter le terrain en plus des frais d’architecture, Karl Filion conclut qu’« il est préférable d’attendre d’obtenir un permis avant d’engager de telles dépenses ».

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