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Taxé de raciste, Trump attaque violemment « Omarosa la Cinglée »

Omarosa Manigault Newman, en préparation pour une entrevue l'émission Today de NBC, lundi, à l'occasion de la publication de son livre, « Unhinged ».

Photo : Getty Images / Eduardo Munoz Alvarez

Radio-Canada

Donald Trump s'est attaqué avec virulence lundi à son ancienne conseillère Omarosa Manigault Newman, qui continue de distiller diverses allégations potentiellement dommageables pour la Maison-Blanche à la presse américaine, en prévision de la publication de son livre, mardi.

L’Afro-Américaine de 44 ans, qui a dirigé les communications de l’Office of Public Liaison de la Maison-Blanche pendant près d’un an avant d’être limogée, en décembre 2017, y accuse le président américain d’être « raciste, intolérant et misogyne ».

Il s’agit d’un revirement complet de situation pour cette ancienne candidate de l’émission de télé-réalité The Apprentice, jadis animée par M. Trump; jusqu’ici, elle avait toujours défendu le président face à ses détracteurs.

« Omarosa la Cinglée, qui a été congédiée trois fois de The Apprentice, a maintenant été congédiée pour une dernière fois. Elle n’a jamais réussi, et ne réussira jamais », a tonné le président américain sur Twitter.

« Elle m’a quémandé un emploi, larmes aux yeux, j’ai dit "Ok". Les gens à la Maison-Blanche la haïssaient. Elle était féroce, mais pas intelligente. Je la voyais rarement, mais j’entendais des choses vraiment mauvaises » à son sujet, a-t-il ajouté.

Cette sortie du président Trump est survenue peu après que le réseau NBC eut dévoilé un nouvel extrait d’un enregistrement audio du président Trump que Mme Newman dit avoir réalisé le lendemain de son congédiement.

« Omarosa, que se passe-t-il? Je viens de voir aux nouvelles que tu penses partir? Que s’est-il passé? », y dit Trump.

« Le général Kelly [John Kelly, chef de cabinet de M. Trump, NDLR] est venu me voir et m’a dit que vous vouliez que je parte », répond Mme Newman.

« Non. […] Personne ne m’en a parlé », affirme alors le président, avant d’ajouter. « Tu sais qu’ils gèrent une grosse opération, mais je ne le savais pas. […] Bon Dieu, je n’aime pas du tout que tu partes. »

Dans ses tweets, lundi, le président affirme plutôt qu'Omarosa Manigault Newman était « méchante » et « manquait des réunions » ou des heures de travail.

« Quand le général Kelly est arrivé, il m’a dit qu’elle était une perdante et rien d’autre que des problèmes. Je lui ai dit de tenter de régler ça, si possible, parce qu’elle disait seulement des choses FORMIDABLES sur moi - jusqu’à ce qu’elle soit congédiée. »

Un deuxième enregistrement en deux jours

Dimanche, Mme Newman avait aussi profité d’un passage à l’émission Meet the Press, à NBC, pour divulguer un autre extrait audio enregistré selon elle au moment où le général Kelly la congédiait.

Le bras droit du président y affirme que « des enjeux de sécurité assez importants » la concernant ont été portés à son attention au cours des derniers mois, en évoquant son utilisation de véhicules gouvernementaux, des « enjeux monétaires et autre chose ».

Il compare même ces enjeux à ceux qui peuvent mener à un procès devant une cour martiale dans l’armée, et lui dit : « tu es sujette à des actions en justice que nous espérons, nous le croyons, pouvoir contrôler ».

« Si nous faisons de ça un départ amical… tu peux voir ton passage ici à la Maison-Blanche comme une année de service pour le pays et tu peux partir sans aucune forme de difficulté au sujet de ta réputation dans l’avenir », lui affirme le général Kelly.

Mme Newman n’a par ailleurs pas voulu dire comment elle a pu réaliser son enregistrement avec John Kelly, effectué selon elle dans ce qui s’appelle « The Situation Room ».

« Je laisse ça à votre imagination », s’est-elle bornée à répondre à l’animatrice de l’émission Today, qui la recevait en entrevue lundi matin.

L’affaire intrigue dans la mesure où les téléphones cellulaires sont interdits dans cette pièce hautement sécurisée, où se discutent des affaires de la plus haute importance pour la politique américaine, dont les questions de politique étrangère.

L’entièreté des conversations entre Mme Newman et MM. Trump et Kelly n’a pas été dévoilée, ce qui empêche de comprendre tout le contexte dans lequel elles ont été réalisées.

Donald Trump parle à la presse, une main sur le côté de la bouche, pour se donner un faux air de confidence.

Jusqu'ici, Donald Trump n'avait que brièvement commenté la publication du livre de Mme Newman, la qualifiant de « vaurienne » (lowlife), en marge d'une rencontre tenue samedi à son club de golf de Bedminster, au New Jersey.

Photo : Getty Images / BRENDAN SMIALOWSKI

Newman assure avoir entendu Trump prononcer le mot « nègre »

Mme Newman affirme par ailleurs depuis deux jours qu’elle a bel et bien entendu des enregistrements audio effectués à l’époque de The Apprentice dans lequel M. Trump utilise le mot « nègre », insulte notoire pour les Noirs.

Dans son livre, elle dit plutôt avoir été mise au parfum de ces enregistrements par trois autres personnes. Elle affirme maintenant avoir entendu l’enregistrement après avoir terminé son livre.

J’ai entendu sa voix aussi clairement que je vous entends, vous et moi, assis ici.

Omarosa Manigault Newman, à l'animateur de Meet the Press

Dans une entrevue accordée à ABC tout de suite après son congédiement, Mme Newman avait pourtant assuré que le président n’était « absolument pas » raciste.

Interrogé à ce sujet à l’émission Today, à NBC, Mme Newman a expliqué qu’elle était « terrifiée » parce que le général Kelly l’avait « menacée » de salir sa réputation, et qu’elle était « inquiète pour son bien-être ».

« J'ai été complice de cette Maison-Blanche qui trompe le pays. Je fermais les yeux quand il s'agissait de Donald Trump », a-t-elle aussi dit dimanche à NBC.

L'intégrité de Newman mise en cause

Un porte-parole de la Maison-Blanche, Hogan Gidley, a refusé d’entrer dans la nouvelle polémique lancée par Mme Newman, en démentant que le général Kelly prenait des décisions à l’insu du président.

« Je ne vais pas entrer dans les détails de qui savait quoi et quand, mais c'est le président qui prend les décisions », a-t-il commenté.

L’avocat de M. Trump, Rudy Giuliani, est pour sa part tombé à bras raccourcis sur Mme Newman en raison de son enregistrement effectué dans la « Situation Room ».

« Elle a certainement violé la réglementation en matière de sécurité nationale qui, je crois, a force de loi », a-t-il laissé tomber en entrevue à Fox & Friends.

« Qui donc ayant toute sa tête pense qu’il est approprié d’enregistrer le chef de cabinet de la Maison-Blanche dans la Situation Room », s'est offusquée la présidente du Comité national républicain, Ronna McDaniel.

« Je n’ai jamais entendu parler d’une violation aussi grave du protocole », a aussi commenté Ned Price, porte-parole du Conseil national de sécurité de l’ancien président Barack Obama. « C’est non seulement atypique, c’est sans précédent », a-t-il affirmé.

« Si je n'avais pas ces enregistrements, personne aux États-Unis ne me croirait », réplique Mme Newman à ce sujet.

Avec les informations de NBC, et Associated Press

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