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Un camp à Regina éveille la fibre entrepreneuriale de jeunes Autochtones

Jacob Valley dans l'université.
Jacob Valley fait partie des 17 participants du camp d’entreprenariat jeunesse autochtone de l’Université des Premières Nations du Canada, qui se tient sur le campus de Regina. Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

Depuis 10 ans, le camp d'entrepreneuriat jeunesse autochtone, de l'Université des Premières Nations du Canada, amène des jeunes issus des communautés autochtones à innover. Une vingtaine d'élèves de la 10e à la 12e année sont initiés à la gestion d'affaires et à l'initiative commerciale sur le campus de Regina, pendant une semaine, durant l'été.

À 16 ans, Jacob Valley voit très bien comment l’entrepreneuriat peut profiter aux Autochtones et à lui-même.

« Ma mère a eu des problèmes d’argent toute sa vie et nous avons toujours été dans des situations délicates », raconte Jacob pour expliquer ce qui l’a mené au camp d’entrepreneuriat jeunesse autochtone de l’Université des Premières Nations du Canada. « Je ne veux pas vivre en me battant comme ma mère l’a fait. »

Il dit avoir grandi en aspirant à une « vie de rêve », mais ce n’est que depuis quelques années qu’il réalise à quel point le monde des affaires lui permettrait d’atteindre la stabilité.

L’année dernière, le jeune Réginois a décidé de donner ses 200 $, gagnés grâce à de petits travaux, à un ami de son père, pour qu’il l’investisse dans une mine de potasse. Il constate déjà que son investissement est rentable.

« Je veux mettre à profit les connaissances que je retirerai de ce camp et voir si je peux réellement investir dans de plus grosses affaires quand je serai plus vieux », affirme-t-il.

Semer une graine

Richard Missens, membre de la Faculté de commerce et d'administration des affaires de l'Université des Premières Nations du Canada, explique que l’un des objectifs du camp est d’encourager les jeunes Autochtones à rester à l’école.

Il veut les inciter à poursuivre leurs études, à fréquenter l’université et à suivre des cours de commerce.

Richard Missens parle devant la classe.Richard Missens est l'un des professeurs du camp. Il parle aux étudiants des diverses objectifs d'une entreprises. Photo : Radio-Canada

« Nous voulons semer une graine », déclare-t-il. Quelques jours seulement après le début du camp, il se réjouit d’entendre les élèves exprimer leurs idées et leurs ambitions. « Ils sont investis dans leur propre apprentissage. »

Les entreprises qui apportent des solutions

En matinée, les 17 participants discutent des problèmes qu’ils observent dans leurs communautés, et des entreprises qui pourraient résoudre ces problèmes. Ils lancent les idées comme celle d’une trottinette électrique pour régler les problèmes de déplacement. Elle serait plus compacte, et peut-être stylisée, pour se différencier des produits compétiteurs.

Un autre élève aborde la problématique récurrente des femmes et des filles autochtones disparues et assassinées. Il suggère de traquer les gens avec des GPS comme piste de solution.

Les jeunes sont assis en classe. 187 jeunes de la 10e à la 12e année ont participé au camp d'entrepreneuriat depuis sa création il y 10 ans. Photo : Radio-Canada

Ces sujets soulèvent des questions plus épineuses auxquelles font face les entrepreneurs, que ce soit au niveau juridique, éthique ou technologique.

Jacob Valley veut s'attaquer au problème de la pauvreté. Il songe, par exemple, à offrir des cours de gestion financière.

« Je réfléchissais à quelque chose qui aiderait les Autochtones à travers le Canada à comprendre les affaires et à gérer leur argent pour qu’ils n’aient pas à vivre dans la pauvreté », explique-t-il.

Il croit que ce camp d’entrepreneuriat et les autres auxquels il a participé l’ont orienté vers les moyens à prendre pour accomplir ce qu’il souhaite, c’est-à-dire avoir un emploi à temps plein, être capable de gérer une entreprise en parallèle et soutenir sa famille.

Je me dis souvent : ne travaille pour obtenir de l’argent, fais travailler l’argent pour toi.

Jacob Valley

Saskatchewan

Autochtones