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La « vie détruite » d’un chauffeur de taxi poignardé

Un homme et une femme posent, assis sur une causeuse, devant un mur sur lequel des photos forment un arbre généalogique.
L'ancien chauffeur de taxi Iqbal Singh Sharma et sa femme, Monika Bhardwaj, soulignent qu'ils ont du mal à se remettre des conséquences de l'attaque au couteau de novembre 2016. Photo: Radio-Canada

Alors que son assaillant a été condamné à sept ans de prison pour voies de fait graves, vendredi, Iqbal Singh Sharma et sa femme, Monika Bhardwaj, tentent toujours de se relever des conséquences de l'attaque au couteau survenue en novembre 2016.

L’ancien chauffeur de taxi doit faire de grands efforts pour parler, marche avec des béquilles, ne peut utiliser son bras droit et est incapable de retrouver un emploi.

C’est comme un cauchemar… perpétuel!

Iqbal Singh Sharma, victime

Attaqué pour avoir voulu aider

Le soir où Leroy Redwood a poignardé M. Sharma à la tête et au cou, il était monté à bord du taxi conduit par ce dernier avec deux autres personnes sous l’effet de l’alcool.

Quand M. Redwood s’est emporté et s’en est pris à ses amis, Iqbal Singh Sharma a arrêté sa voiture, ce qui a rendu son passager furieux.

« Il me disait de “continuer à avancer” et j’avais peur qu’il tue ses propres amis », confie M. Sharma. « J’ai tenté de les aider. »

Le passager s’en est alors pris au chauffeur de taxi, le poignardant et le rouant de coups.

M. Sharma s’est ensuite retrouvé aux soins intensifs, avant d’être opéré au cerveau et d’entreprendre une longue réadaptation, durant laquelle il a dû réapprendre à manger, à marcher et à parler.

Une sentence « clémente »

Les sept ans de prison auxquels Leroy Redwood a été condamné sont un baume bien léger sur les plaies de M. Sharma et de sa femme.

C’est que le temps passé derrière les barreaux par l’assaillant avant que la sentence soit rendue compte pour deux années et demie, ce qui lui laisse quatre années et demie à purger, alors que la Couronne demandait une peine de 11 ans.

Monika Bhardwaj admet être « un peu abattue » par la clémence de la peine, le juge ayant considéré que l’accusé avait grandi dans un milieu marqué par la violence et les dépendances, et que son père était mort après avoir été poignardé.

Une « vie détruite »

Iqbal Singh Sharma avait quitté son emploi de professeur en génie en Inde, cinq mois avant l’agression, pour s’établir au Canada avec sa femme et ses deux enfants.

La famille vit aujourd’hui du revenu du travail de garderie de Mme Bhardwaj et des subsides gouvernementaux pour les victimes d’actes criminels.

Nous sommes venus au Canada avec des rêves, mais rien ne s’est concrétisé et tout est fini.

Monika Bhardwaj, épouse d'Iqbal Singh Sharma

Mme Bhardwaj espère aujourd’hui obtenir un permis de taxi que son mari pourrait louer en attendant de pouvoir l’utiliser lui-même, s’il s’en croit capable un jour.

Avec les informations de Janani Whitfield

Saskatchewan

Crimes et délits